
La Pologne et la Roumanie rejettent l'appel de l'Ukraine à élargir les routes de transit et le financement des céréales
Le ministre ukrainien de l'Agriculture, Taras Vysotskyi, a demandé 1,1 milliard d'euros et l'élargissement des corridors de transit lors de discussions à Bruxelles, mais les gouvernements voisins ont invoqué la saturation de leurs infrastructures de transport intérieures et la protection de leurs agriculteurs.
Appel à un transit et à un financement européens
Le ministre ukrainien de l'Agriculture, Taras Vysotskyi, s'est rendu à Bruxelles pour lancer un appel urgent à ses homologues de l'Union européenne, alors que les routes maritimes restent paralysées. Les navires commerciaux et les installations portuaires ukrainiennes subissent des attaques continues depuis plus de deux mois, entravant gravement le trafic sortant en mer Noire. Selon les chiffres du ministère ukrainien de l'Agriculture, l'Ukraine a exporté 539 000 tonnes de céréales entre le 1er et le 21 août, contre 1,73 million de tonnes expédiées sur la même période l'an dernier. M. Vysotskyi a demandé à ses partenaires européens d'autoriser des volumes plus élevés de produits agricoles à transiter par voie terrestre et a réclamé 1,1 milliard d'euros pour couvrir la hausse des coûts de transport et d'expédition maritime. Les responsables ukrainiens ont averti que les agriculteurs nationaux, à court de liquidités, manqueraient de capitaux pour lancer les semis de la prochaine saison sans vente immédiate de leurs stocks existants, mettant en péril les récoltes à venir.
C'est très, très critique.
- 1er–21 août de l'année précédente
- 1.73 millions de tonnes
- 1er–21 août de la période actuelle
- 0.539 millions de tonnes
Congestion portuaire et logistique en Roumanie
La Roumanie, qui offre des routes de transit essentielles via son réseau ferroviaire, les voies navigables du Danube et ses hubs maritimes, a informé les responsables européens que ses infrastructures ne peuvent absorber des volumes plus élevés. Le ministre roumain de l'Agriculture, Barna Tánczos, a noté que les afflux massifs de produits agricoles ukrainiens, conjugués à la faiblesse du niveau de l'eau du Danube, créent de graves goulets d'étranglement dans les ports roumains. Cette congestion empêche les producteurs roumains de transporter et de vendre leur propre récolte sur les marchés intérieurs et à l'export. Bien que Bucarest et Kyiv aient signé en septembre 2026 un protocole d'accord visant à faciliter les procédures de passage à la frontière et à renforcer les liaisons ferroviaires, les autorités roumaines ont exclu tout élargissement de la capacité de transport. M. Tánczos a déclaré que la Roumanie ne peut pas doubler son matériel roulant, ses réseaux ferroviaires, ses routes ou ses terminaux portuaires pour absorber le fret ukrainien déplacé.
L'intérêt de nos propres agriculteurs reste une priorité.
Politiques frontalières polonaises et limites de transit
La Pologne a également refusé d'élargir les corridors de transit pour les cargaisons agricoles ukrainiennes sur son territoire. Anna Szumańska, porte-parole du ministère polonais des Infrastructures, a confirmé dans un communiqué officiel que le ministère n'a pas l'intention d'introduire des changements visant à augmenter le transit des produits agricoles ukrainiens. Les autorités polonaises continuent d'appliquer un décret pris le 15 septembre 2023 par le ministère du Développement et de la Technologie, qui instaure une interdiction d'importation illimitée de certains produits agricoles ukrainiens afin de protéger les producteurs nationaux. Si le transit par la Pologne vers les ports maritimes de sortie et les pays voisins reste légalement autorisé, l'acheminement des marchandises est strictement limité par la capacité physique à transborder les céréales des wagons et des camions vers les navires de haute mer. Ces restrictions frontalières font écho à des mesures nationales antérieures dans la région, notamment aux interdictions d'importation déjà adoptées par la Slovaquie et la Hongrie.
- La Pologne instaure une interdiction illimitée sur certaines importations agricoles ukrainiennes
- La Roumanie et l'Ukraine signent un protocole d'accord pour faciliter les passages frontaliers et les liaisons ferroviaires
- Taras Vysotskyi demande à ses homologues de l'UE à Bruxelles un financement et un transit
Goulots d'étranglement commerciaux et impact agricole
Actuellement, moins de la moitié des exportations agricoles ukrainiennes peuvent être acheminées via les corridors alternatifs européens fluviaux, ferroviaires et routiers. M. Vysotskyi a averti que si le blocus de la mer Noire se poursuit sans élargissement de la capacité de transit, jusqu'à 35 millions de tonnes de produits agricoles pourraient rester bloquées en Ukraine cette année. Les organisations agricoles européennes représentent une circonscription intérieure influente dans les États membres d'Europe centrale et orientale, ce qui crée des frictions entre les initiatives de soutien de l'Union européenne et les préoccupations économiques locales. La Pologne et la Roumanie maintenant que leurs capacités de stockage, ferroviaires et portuaires ont atteint leurs limites pratiques, les producteurs ukrainiens font face à des blocages logistiques non résolus avant le prochain cycle de semis.


