
Le Sejm polonais reprendra ses travaux sur les projets de loi relatifs à l'IVG après un accord de la coalition au pouvoir
La commission extraordinaire du Sejm se réunira le 8 octobre 2026 pour débattre de la dépénalisation de l'IVG et de l'annulation de l'arrêt du Tribunal constitutionnel de 2020, après des discussions entre Donald Tusk et Włodzimierz Czarzasty.
Reprise des travaux en commission et accord de coalition
La commission extraordinaire du Sejm chargée des propositions sur l'IVG se réunira le jeudi 8 octobre 2026 à 9 h 00, pour sa première séance de travail officielle depuis plus de deux ans. La convocation fait suite à une rencontre directe entre le Premier ministre Donald Tusk et le maréchal du Sejm Włodzimierz Czarzasty, qui a ouvert la voie à l'approbation du calendrier par le Présidium du Sejm avant 18 h 00 mercredi. La motion formelle de reprise des travaux a été déposée par la députée de la Coalition civique Dorota Łoboda. M. Czarzasty a rappelé que les précédents efforts législatifs avaient porté sur la transcription de certificats de mariage homosexuels étrangers, plus de 500 cas, avant un retour de l'attention sur les lois relatives à la santé reproductive.
Le maréchal Czarzasty a confirmé le calendrier sur les réseaux sociaux peu après la fin des délibérations du Présidium.
Le Présidium du Sejm, à la demande de la députée Dorota Łoboda, a convoqué la commission sur le droit à l'avortement pour demain à 9 h 00. Il faut se battre avec constance pour les droits des femmes et ne pas renoncer.
Contenu des deux projets de loi
La commission consacrera son ordre du jour de jeudi à deux textes législatifs distincts plutôt qu'à l'ensemble des quatre projets actuellement renvoyés devant elle. La première mesure, déposée conjointement par la Gauche et la Coalition civique en juillet 2024, introduit la dépénalisation partielle de l'IVG pratiquée avec le consentement de la personne enceinte et supprime la responsabilité pénale pour l'aide à une interruption pratiquée par la personne elle-même. La seconde proposition, déposée par le club parlementaire Troisième voie en février 2024, vise à rétablir l'état du droit antérieur à octobre 2020. Ce changement rétablirait la possibilité d'une interruption légale en cas de malformation fœtale grave et irréversible ou d'atteinte mortelle.
- Le Tribunal constitutionnel juge inconstitutionnelle l'exception pour malformation fœtale
- La Coalition civique et la Gauche déposent un projet légalisant l'IVG jusqu'à 12 semaines
- Troisième voie dépose un projet visant à annuler l'arrêt de 2020
- Une commission extraordinaire est créée pour examiner quatre projets de loi sur l'IVG
- Le projet de dépénalisation est rejeté lors du vote au Sejm ; la commission suspend ses réunions
- La réunion prévue de la commission est annulée faute d'avis du ministère de la Santé
- Le Présidium du Sejm se réunit et programme la séance de la commission
- La commission extraordinaire se réunira à 9 h 00 pour examiner deux projets de loi
Deux autres projets autorisant l'IVG à la demande jusqu'à la 12e semaine de grossesse, préparés séparément par la Coalition civique et la Gauche fin 2023, resteront inscrits à l'ordre du jour de la commission pour un examen ultérieur. Les responsables parlementaires prévoient de faire avancer rapidement les mesures sur la dépénalisation et les malformations fœtales afin de permettre un vote en séance plénière fin octobre. Ce calendrier coïncide avec le sixième anniversaire de l'arrêt du Tribunal constitutionnel, le 22 octobre 2026, date à laquelle des organisations citoyennes ont prévu des manifestations dans les capitales régionales polonaises.
Blocage politique et retards parlementaires
La séance prévue intervient après plus de deux ans d'hésitations politiques et d'obstacles procéduraux au sein de la majorité au pouvoir. Une première version du projet de dépénalisation avait été rejetée dans l'hémicycle en juillet 2024, plusieurs députés de la coalition ayant voté contre ou s'étant abstenus. Une nouvelle tentative de relancer les travaux de la commission le 14 septembre 2026, salle 312, a été annulée peu avant son début programmé à 16 h 00. Le secrétariat de la commission de la Santé a informé les députés que la séance ne pouvait avoir lieu faute de position formelle du ministère de la Santé sur les imprimés législatifs 223 et 611.
La ministre de l'Égalité Katarzyna Kotula avait décrit le blocage entre partis qui a paralysé les travaux de la commission.
Le travail s'est bloqué parce que chacun est arrivé avec son propre projet de loi, qu'il défend, et il n'y a pas de marge de manœuvre.
À la suite de ce que la cheffe de file parlementaire de la Gauche, Anna Maria Żukowska, a qualifié de négociations décisives de la coalition mardi, les partis au pouvoir sont parvenus à un compromis procédural pour débloquer les travaux de la commission.
Opinion publique et prochaines étapes
L'opinion publique polonaise sur la reprise des travaux législatifs relatifs à l'IVG reste divisée. Un sondage national réalisé par IBRiS en juin 2026 établit que 44,7 % des personnes interrogées sont favorables à ce que le Sejm poursuive ses travaux sur les projets de libéralisation de l'IVG, tandis que 44,4 % y sont opposées et 10,9 % n'expriment pas d'opinion. Le soutien à une action législative est concentré chez les partisans du gouvernement, où 76 % des électeurs proches de la coalition au pouvoir approuvent les efforts parlementaires visant à modifier la législation actuelle sur l'IVG.
- Favorables à la poursuite
- 44.7 %
- Opposés à la poursuite
- 44.4 %
- Sans opinion
- 10.9 %
La commission extraordinaire ouvrira les discussions à 9 h 00 à Varsovie, où les députés examineront les amendements juridiques et fixeront un calendrier de rapport avant de soumettre les deux textes à un débat en séance plénière.


