
Le Royaume-Uni intercepte un pétrolier de la flotte fantôme russe dans la Manche, premier arraisonnement de ce type sous les nouveaux pouvoirs de saisie
Les forces britanniques, en étroite coordination avec la France, ont intercepté le pétrolier SMYRTOS dans la Manche le 14 juin, première opération menée par le Royaume-Uni visant un navire de la flotte fantôme russe pour contournement des sanctions.
Arraisonnement avant l'aube
Des commandos des Royal Marines et des agents spécialement formés de la National Crime Agency ont arraisonné le pétrolier SMYRTOS tôt dimanche matin. L'opération de six heures, appuyée par des hélicoptères Chinook et la frégate HMS Sutherland, s'est conclue avec le navire sous contrôle britannique. Il s'agit du premier arraisonnement et de la première saisie dirigés par le Royaume-Uni en vertu de pouvoirs annoncés en mars qui autorisent ses forces à intercepter les navires de la flotte fantôme transitant par les eaux britanniques.
La Russie dépend de sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine et notre interception porte un coup à la guerre illégale de Poutine.
Le ministère de la Défense a déclaré que le pétrolier serait déplacé vers un mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre et placé sous surveillance. L'opération a été menée « en étroite coordination avec les Français », a souligné le ministre de la Défense Dan Jarvis.
- Des Royal Marines et des agents de la NCA arraisonnent le pétrolier tôt le matin, appuyés par des moyens aériens et navals.
- L'opération de six heures se conclut ; le pétrolier doit être déplacé vers un mouillage sur la côte sud et placé sous surveillance.
Pression sur la flotte fantôme
Des centaines de navires soupçonnés de transporter du pétrole russe ont été sanctionnés par Londres depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022. Ces pétroliers, souvent des navires vieillissants à la propriété opaque, sont interdits d'accès aux ports et services britanniques. Perturber la flotte avec des partenaires internationaux, a ajouté Jarvis, « attaque directement les ressources qui alimentent l'agression russe en Ukraine et réduit sa capacité à menacer la sécurité en Europe et au-delà ».
Réaction politique
Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié l'interception de « nouveau coup porté à la Russie » et a déclaré qu'elle rappelle « à ceux qui alimentent la guerre de Poutine en Ukraine qu'ils ne peuvent pas se cacher ». L'action fait passer l'application des sanctions du papier à la perturbation physique d'une flotte estimée à des centaines de navires, envoyant un signal que les gouvernements occidentaux sont prêts à intensifier les mesures anti-contournement.


