
Burnham ouvre la porte à un retour du Royaume-Uni dans l'UE, les sondages montrent une majorité favorable
Le Premier ministre Andy Burnham a déclaré qu'il souhaiterait que le Royaume-Uni réintègre l'Union européenne au cours de sa vie, et plusieurs sondages montrent qu'une majorité y est favorable. Une réadhésion nécessiterait une demande au titre de l'article 49 des traités européens et une ratification par les parlements nationaux.
Un changement de ligne du Labour sur le Brexit
Le Premier ministre Andy Burnham a déclaré devant la conférence du Labour à Liverpool qu'il examinerait les options sur le Brexit, et a suggéré qu'une réadhésion à l'UE pourrait figurer dans le prochain programme électoral du parti. Il a pris ses fonctions à la mi-juillet, succédant à Keir Starmer, et le Royaume-Uni et l'UE avaient auparavant convenu de reporter sine die une réunion bilatérale prévue ce mois-là. Le programme électoral de Starmer excluait une réadhésion au marché unique, à l'union douanière et à la libre circulation, des lignes rouges que Burnham estime désormais temps d'abandonner. Il doit présenter fin novembre un programme de réformes pour la prochaine décennie, portant sur le logement, l'énergie, les retraites et les soins sociaux.
- Andy Burnham devient Premier ministre, succédant à Keir Starmer
- Burnham déclare qu'il examinera les options sur le Brexit et n'exclut pas une réadhésion à l'UE
- Le Parlement doit débattre d'une pétition soutenant la réadhésion à l'UE
- Burnham prévoit de présenter un programme de réformes pour la prochaine décennie
J'aimerais voir le Royaume-Uni réintégrer l'Union européenne au cours de ma vie. Il y a des options qui doivent être examinées, et nous devons regarder ce qui est faisable.
Burnham a indiqué qu'il présenterait les différentes options pour la relation de long terme avec les partenaires européens autour d'un sommet Royaume-Uni-UE.
Le Financial Times rapporte qu'un sommet majeur Royaume-Uni-UE est prévu le mois prochain, et El Pais indique que certaines sources le situent au 20 novembre.Il y en a plusieurs. Nous verrons s'il est possible de trouver un consensus autour de l'une d'elles.
Les sondages montrent une majorité favorable
Les résultats varient selon les instituts. Après le discours, YouGov a trouvé que 52 % des Britanniques voteraient pour une réadhésion et 27 % pour rester dehors, plus d'un cinquième des électeurs du Leave de 2016 se disant désormais prêts à réadhérer. Un sondage d'European Movement UK avec Observant a établi le soutien à 57 % contre 30 %, et a constaté que près des trois quarts des électeurs travaillistes veulent un engagement dans le programme en faveur de négociations sur une réadhésion. Reform UK est le seul parti dont les électeurs s'opposent à un tel engagement. Franceinfo cite des sondages donnant 59 % des Britanniques favorables à une réadhésion, et les réactions dans la rue étaient partagées.
- YouGov, réadhésion
- 52 %
- YouGov, rester dehors
- 27 %
- European Movement/Observant, réadhésion
- 57 %
- European Movement/Observant, contre
- 30 %
Nigel Farage, leader de Reform UK, a rejeté l'idée d'un second référendum.
C'est tellement contradictoire. Andy Burnham dit qu'il veut unir le pays. Mais un second référendum le diviserait profondément, comme jamais auparavant.
Ce qu'impliquerait une réadhésion
Le Financial Times rapporte qu'une réadhésion nécessiterait une demande au titre de l'article 49 des traités européens et des négociations sur 35 chapitres du droit de l'UE. L'adhésion doit ensuite être approuvée à l'unanimité par les membres existants et ratifiée dans les parlements nationaux. Un rapport de Best for Britain, dirigé par l'ancien responsable du département du commerce britannique Oliver Nicholls, soutient que le processus pourrait être bien plus rapide qu'une décennie, citant l'achèvement de l'adhésion de la Finlande en moins de trois ans au milieu des années 1990. La feuille de route du European Movement fixe un objectif pour 2036 et indique qu'un engagement dans le programme lors des prochaines élections, attendues en 2029, pourrait donner un mandat électoral clair. Un débat parlementaire sur une pétition soutenant la réadhésion doit se tenir lundi, avec environ 26 000 lettres déjà envoyées aux députés.
Après 10 ans dehors, 10 ans pour obtenir à nouveau une adhésion pleine est raisonnable.
Les doutes des experts
Anand Menon, professeur de politique européenne au King's College de Londres, a déclaré que les propos de Burnham doivent être pris avec des pincettes.
Menon a ajouté que le débat n'est pas un génie que l'on peut remettre dans sa bouteille, quelle qu'ait été l'intention de Burnham. Michael Leigh, ancien directeur général pour l'élargissement à la Commission européenne, a qualifié ces propos de largement symboliques et a mis en garde les deux parties contre le fait de susciter des attentes qui ne seront pas satisfaites dans un avenir prévisible.Il ne s'est engagé sur rien.


