
Des forces britanniques interceptent un pétrolier de la flotte fantôme russe dans la Manche, une première
Des commandos des Royal Marines et des agents d'un service spécialisé de lutte contre la criminalité ont abordé dimanche le pétrolier Smyrtos, battant pavillon camerounais, interrompant son passage dans la Manche, ce que Londres a qualifié de coup porté au réseau qui finance la guerre de Moscou en Ukraine.
L'opération
Aux premières heures du 14 juin, des commandos des Royal Marines et des agents spécialement formés de la National Crime Agency ont abordé le pétrolier de 244 mètres, le Smyrtos, alors qu'il tentait de traverser la Manche. Le navire, battant pavillon camerounais et en provenance d'un port russe, fait partie de la flotte fantôme que Moscou utilise pour contourner les sanctions sur ses exportations de pétrole.
La mission de six heures a été soutenue par des hélicoptères, un avion de surveillance P-8 Poseidon de la Royal Air Force et les navires de guerre HMS Sutherland et HMS Ledbury. Le pétrolier est maintenant retenu dans un mouillage au large de la côte sud de l'Angleterre et surveillé pour les risques environnementaux et de sécurité pendant que les enquêtes se poursuivent.
L'opération a été menée en étroite coordination avec la France, marquant la première interception de ce type menée par le Royaume-Uni depuis que Londres a autorisé en mars l'abordage des navires de la flotte fantôme sanctionnés.
Réactions politiques
La Russie dépend de sa flotte fantôme pour financer son conflit en Ukraine, et notre interception est un coup porté à la guerre illégale de Poutine.
Le Premier ministre Keir Starmer a décrit la mission comme un nouveau coup porté à ceux qui alimentent la guerre du Kremlin, déclarant sur les réseaux sociaux que ceux qui la permettent « ne peuvent pas se cacher ». Le ministre de la Défense Jarvis a ajouté que perturber la flotte fantôme cible directement les ressources qui sous-tendent l'agression russe et réduit sa capacité à menacer la sécurité en Europe et au-delà.
Flotte fantôme et sanctions
Plus de 700 navires composent la flotte fantôme, responsable du transport d'environ 75 % du pétrole russe sanctionné, selon le ministère britannique de la Défense. Le Royaume-Uni a déjà imposé des sanctions à près de 600 navires, leur interdisant ses ports et ses infrastructures. Les navires sont souvent vieillissants, immatriculés sous pavillons de complaisance via des structures opaques, et fonctionnent avec bien moins de contrôle que les pétroliers commerciaux standard.
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Action de mise en œuvre antérieure
Le 1er juin, la marine française, avec le soutien d'hélicoptères britanniques, a stoppé le pétrolier Tagor dans l'Atlantique. Le président Emmanuel Macron a confirmé l'action, qui a suscité une réponse furieuse de Moscou. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié cette saisie d'acte à la limite de la « piraterie internationale », selon les médias d'État russes. Aucune réaction officielle russe à la dernière interception menée par les Britanniques n'avait été rapportée dimanche matin.


