
La Bolivie arrête le procureur général Roger Mariaca après les sanctions des États-Unis
La police de Santa Cruz a arrêté le 30 septembre le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, et le procureur de Santa Cruz, Alberto Zeballos, à l'aéroport international de Viru Viru, après des accusations américaines de trafic de drogue et des perquisitions dans les bureaux du ministère public à Sucre.
Arrestations à l'aéroport de Santa Cruz
Les policiers ont arrêté le procureur général de Bolivie, Roger Mariaca, le mercredi 30 septembre 2026, à l'aéroport international de Viru Viru, à Santa Cruz. Les autorités ont également détenu Alberto Zeballos, procureur du département de Santa Cruz, sur le même site aéroportuaire. Un responsable du ministère du Gouvernement a confirmé la détention de Roger Mariaca, sans que les autorités boliviennes communiquent immédiatement de détails sur les chefs d'accusation précis ou sur le mandat judiciaire ayant servi à l'opération.
Perquisitions au parquet à Sucre et Santa Cruz
En parallèle des arrestations à l'aéroport, des unités de police sont entrées au siège central du ministère public, dans la capitale constitutionnelle Sucre. L'intervention a été diffusée en direct sur les comptes officiels de l'institution sur les réseaux sociaux, montrant des policiers masqués encerclant des membres du personnel. Les agents sont également entrés au parquet régional de Santa Cruz.
La responsable de la communication du parquet s'est exprimée pendant la diffusion en direct, au moment où les policiers pénétraient dans les locaux.
Nous dénonçons devant tout le peuple bolivien cette intervention qui se déroule illégalement.
Claudia Pardo a ensuite rapporté depuis un commissariat de Sucre que les agents avaient placé le personnel en garde à vue sans présenter de mandat de perquisition, alors qu'ils s'apprêtaient à tenir une conférence de presse. Un autre responsable du ministère public a qualifié l'opération d'enlèvement pendant la diffusion en direct.
Sanctions américaines et accusations de trafic de drogue
Les détentions sont intervenues deux jours après que les États-Unis ont révoqué les visas d'entrée de Roger Mariaca, d'Alberto Zeballos et de plusieurs autres personnalités de la région. Le département d'État américain a publié une liste sanctionnant près d'une vingtaine de responsables et de chefs d'entreprise en Amérique du Sud, dont des personnes de Colombie et, selon les sources, d'Équateur ou du Pérou. La Bolivie constituait le groupe le plus nombreux de la liste, qui cite treize responsables en exercice ou anciens ainsi qu'un homme d'affaires.
Les autorités américaines ont affirmé que Roger Mariaca avait accepté des pots-de-vin pour faciliter des expéditions de stupéfiants et aidé des criminels violents à échapper aux poursuites judiciaires. Washington a soutenu que ces agissements entravaient les efforts de lutte contre le narcoterrorisme menés par le président Donald Trump et affaiblissaient les institutions démocratiques dans le cadre de l'initiative régionale Escudo. Roger Mariaca a nié ces accusations le lundi 28 septembre, qualifiant les révocations de visas de pression politique et d'ingérence étrangère visant ses enquêtes en cours. Sous son mandat, la police bolivienne avait arrêté en mars le trafiquant uruguayen Sebastián Marset avant son expulsion vers les États-Unis, avec le soutien de la Drug Enforcement Administration.
Réponse du Parlement et demandes officielles
L'exécutif bolivien a qualifié lundi de graves les accusations américaines et s'est engagé à demander à Washington les pièces justificatives afin de mener une enquête interne. L'Assemblée législative bolivienne a annoncé la tenue d'une séance le 5 octobre 2026 pour débattre de la création d'une commission d'enquête dédiée. Le Parlement a transmis des notes officielles par l'intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, demandant au département d'État américain de lui communiquer ses dossiers d'enquête concernant Roger Mariaca et toutes les autres personnes sanctionnées.
- La police bolivienne arrête le trafiquant uruguayen Sebastián Marset avant de l'expulser vers les États-Unis.
- Les États-Unis révoquent le visa d'entrée de Roger Mariaca et d'autres responsables de la région pour des accusations de trafic de drogue.
- La police détient Roger Mariaca et Alberto Zeballos à l'aéroport de Viru Viru et perquisitionne les bureaux du parquet à Sucre.
- L'Assemblée législative bolivienne doit se réunir pour examiner la création d'une commission d'enquête.

