
Lecornu promet 100 millions d'euros d'aide aux incendies lors d'une visite en Gironde marquée par la colère publique
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu au Porge lundi pour annoncer des fonds d'urgence et des allègements fiscaux pour les régions du sud-ouest touchées par les incendies, faisant face à des foules hostiles et à des questions politiques sur les ressources d'urgence.
Aide d'urgence pour les départements du sud-ouest
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est rendu dans le département de la Gironde lundi 17 août pour présenter un plan de relance après les incendies de forêt estivaux qui ont détruit des forêts de pins et des propriétés résidentielles dans le sud-ouest de la France. Le gouvernement a annoncé le déblocage de 12 millions d'euros de fonds d'urgence immédiats pour les collectivités locales, répartissant 10 millions d'euros pour la Gironde et 2 millions d'euros pour les Landes. Lecornu a présenté un plan de soutien plus large, évalué à près de 100 millions d'euros, comprenant trois mois d'exonérations de cotisations sociales, un allègement de la taxe foncière et une couverture complète du chômage partiel pour plus de 12 000 entreprises touchées. Pour accélérer la reconstruction physique, les procédures administratives pour les permis de construire seront réduites de trois mois à un mois.
- Gironde
- 10 millions €
- Landes
- 2 millions €
Accueil hostile et détresse des entreprises locales
Lors de son étape au Porge, un village de 3 500 habitants où les incendies de fin juillet ont détruit 183 maisons, Lecornu a été accueilli par des huées de plus de 200 habitants rassemblés. Le Premier ministre a défendu sa décision de mener des inspections initiales avec les élus locaux à l'abri des caméras plutôt que d'organiser des événements médiatiques.
Plutôt que de me montrer en photo et de faire des mises en scène, je préfère apporter des mesures concrètes, un peu à l'ancienne, mais j'assume.
Le maire sans étiquette Martial Zaninetti a déclaré que les habitants attendaient légitimement des réponses claires concernant la crise et la réponse d'urgence.
Une partie de la population attend des réponses pour comprendre ce qui s'est passé.
Les dirigeants d'entreprises locales ont exprimé des doutes quant à la capacité du plan d'aide à compenser la perte de revenus estivaux. Cécile Despons de l'union des entreprises de la région a noté que les subventions annoncées ne couvrent pas le manque à gagner des entreprises, tandis que le président de la Chambre de commerce et d'industrie de la Gironde, Patrick Seguin, a averti que des chefs d'entreprise épuisés envisagent des fermetures définitives.
Frictions politiques et obstacles législatifs
Ce déplacement gouvernemental a coïncidé avec les retombées de révélations publiées par Mediapart concernant une réunion du 13 août entre le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et des représentants syndicaux de pompiers. Lors de cette réunion, Nuñez a qualifié les affirmations publiques selon lesquelles les équipements de lutte contre les incendies étaient suffisants de posture politique face aux critiques de l'opposition. Lors de la visite en Gironde, Nuñez a qualifié cette remarque de maladresse, tandis que Lecornu a critiqué la diffusion de l'enregistrement audio privé.
Le maire socialiste de Saint-Médard-en-Jalles, Stéphane Delpeyrat-Vincent, où 33 000 habitants avaient été évacués d'urgence, a qualifié les mesures gouvernementales de rustines et a réclamé des investissements structurels et récurrents pour l'adaptation climatique.
Changer le budget tous les ans, un moment on a les crédits, l'autre pas, un moment c'est autorisé, l'autre c'est interdit. On ne peut pas travailler comme ça, c'est fini.
Le financement du plan de relance plus large nécessitera l'approbation parlementaire dans le cadre du projet de loi de finances 2027, où le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Avant de quitter Mérignac, Lecornu a averti les députés de l'opposition que la mise en œuvre des crédits prévus dépend de l'adoption du prochain budget annuel.
Impact national des incendies et extension au Var
L'incendie de fin juillet en Gironde a brûlé 42 000 hectares de forêt, représentant le plus grand incendie unique dans le sud-ouest de la France cet été. Des incendies supplémentaires ont forcé l'évacuation de 525 villageois dans le département des Landes. S'exprimant depuis Bormes-les-Mimosas, le président Emmanuel Macron a annoncé que les communes du Var endommagées par les incendies bénéficieront de mécanismes de soutien financier et administratif identiques. L'incendie du Gros Bessillon dans le Var a consumé 6 300 hectares sur plusieurs communes, nécessitant 18 jours d'opérations de pompiers français et européens et provoquant 6 000 évacuations.
- Gironde
- 42000 hectares
- Var (Gros Bessillon)
- 6300 hectares


