
Le préfet de Timiș, Cornelia Micicoi, démissionne après la perquisition de son domicile par les procureurs européens dans le cadre d'une enquête pour fraude aux fonds de l'UE
Le préfet du județ de Timiș a démissionné vendredi, quelques heures après que les enquêteurs du Parquet européen ont perquisitionné son domicile, son ancienne entreprise et ses voitures dans le cadre d'une enquête pour fraude présumée impliquant des formations subventionnées par l'UE destinées à des personnes défavorisées.
L'enquête
Le matin du 12 juin 2026, le Parquet européen (EPPO) a mené 11 perquisitions dans le județ de Timiș dans le cadre d'une affaire de fraude présumée aux fonds de l'UE. Les perquisitions ont visé le domicile de Cornelia Elena Micicoi, la préfète nommée par l'USR, ainsi que le siège d'une société qu'elle a précédemment dirigée et ses voitures officielle et personnelle. Les procureurs cherchent à déterminer si des formations organisées dans le cadre d'un projet financé par l'UE destiné aux personnes défavorisées n'ont jamais eu lieu. G4Media a rapporté que le préjudice présumé s'élève à 800 000 € ; d'autres sources l'estiment à plusieurs centaines de milliers d'euros.
- Matin : l'EPPO mène 11 perquisitions, y compris au domicile de la préfète et dans son ancienne entreprise.
- Midi : Cornelia Micicoi annonce sa démission sur Facebook.
Démission et réaction
Quelques heures après les perquisitions, Micicoi a annoncé sa démission sur Facebook. Elle a déclaré que la décision était la sienne seule, non dictée par la direction de son parti. « Je n'ai rien à cacher, je suis innocente », a-t-elle écrit, ajoutant qu'elle ne permettrait pas que l'enquête sur un projet passé mené par une association qu'elle a fondée devienne un problème pour l'Institution du préfet. Elle a souligné qu'elle n'était pas la chef de projet et qu'elle n'avait pas été inculpée, ni même convoquée comme témoin.
La décision m'appartient, et à moi seule. L'Institution du préfet représente le gouvernement roumain sur le territoire, pas une personne.
Elle a ensuite qualifié l'opération d'excessive, affirmant que rien d'incriminant n'avait été trouvé chez elle, et l'a qualifiée de lynchage politique visant à la discréditer.
Le projet sous scrutiny
L'enquête se concentre sur le projet « Servicii de ocupare şi integrare profesională pentru persoane în risc, marginalizate din teritoriul GAL Freidorf », mis en œuvre en 2022-2023 par l'association Pro Office. Micicoi a déclaré que le seul problème signalé lors de la mise en œuvre était une somme initialement jugée inéligible, qui a ensuite été remboursée dans les délais légaux. Elle a cité les rapports de vérification d'août 2024 et mai 2025 du ministère des Investissements et des Projets européens comme preuve de conformité. Les infractions présumées faisant l'objet de l'enquête comprennent la constitution d'un groupe criminel organisé, la falsification, l'utilisation de documents falsifiés et l'obtention illégale de fonds de l'UE.
Contexte politique
Les perquisitions et la démission sont survenues dans un contexte de crise politique à Bucarest. Quelques heures seulement après la démission de Micicoi, le parti USR dirigé par Dominic Fritz devait annoncer s'il soutiendrait un gouvernement proposé par le premier ministre désigné Eugen Tomac, soutenu par Nicușor Dan. Micicoi a nié que Fritz lui ait conseillé de démissionner, insistant sur le caractère personnel de sa décision. Son départ risque d'amplifier les perceptions d'instabilité autour de l'USR à un moment sensible pour le parti.


