Conflits · São Paulo, Brasília et Buenos Aires

Milei traite Lula de « voleur » et de « prisonnier » lors d’un rassemblement au Brésil, déclenchant la pire crise diplomatique depuis des décennies

Le président argentin a insulté son homologue brésilien et un juge de la Cour suprême lors d’un événement de campagne à São Paulo. Le Brésil a rappelé son ambassadeur et convoqué l’envoyé argentin en réponse.

Texte IA fondé sur les articles de Neue Zürcher Zeitung, Franceinfo, Deutsche Welle et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

São Paulo, Brasília, Buenos Aires · Brésil, Argentine
Comment on en est arrivé là
  1. Samedi 25 juilletMilei insulte Lula et le juge de Moraes lors du lancement de la campagne de Flávio Bolsonaro à São Paulo.
  2. Dimanche 26 juillet (midi)Milei accuse le gouvernement brésilien de financer une campagne anti-argentine sur la radio Mitre.
  3. Dimanche 26 juillet (après-midi)Le Brésil rappelle l’ambassadeur Bitelli et convoque l’ambassadeur argentin Raimondi pour exprimer sa répulsion.
  4. Lundi 27 juilletL’ambassadeur Bitelli se rend à Brasília pour une réunion avec le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira afin de définir les prochaines étapes.

Les insultes à São Paulo

Javier Milei s’est rendu à São Paulo samedi 25 juillet pour soutenir la nomination officielle de Flávio Bolsonaro, le candidat de droite pour l’élection présidentielle d’octobre. Lors d’un discours à la convention du Parti libéral, le président argentin a lancé une série d’attaques personnelles. Sans nommer directement Luiz Inácio Lula da Silva, il a traité le président brésilien de « voleur » et de « prisonnier » et a mis en garde contre le « risque Lula » lors du prochain scrutin. Milei a également qualifié le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes de « déchet chauve » et de « racaille chauve » parce que de Moraes lui avait interdit de rendre visite à l’ancien président Jair Bolsonaro, assigné à résidence pour tentative de coup d’État.

« Ne les laissez pas voler votre avenir. »

Javier Milei, président de l'Argentine

Milei a exhorté le Brésil à se libérer de la « soumission à la gauche » et a déclaré que l’idéologie socialiste était « éradiquée » en Argentine, en Colombie, au Chili et en Équateur.

La réponse du Brésil

Dimanche 26 juillet, le ministère brésilien des Affaires étrangères a rappelé son ambassadeur à Buenos Aires, Julio Bitelli, pour consultations et a convoqué l’ambassadeur argentin Daniel Raimondi pour exprimer sa « répulsion » et exiger des explications. Le ministère a qualifié l’épisode d’« infamante » et a déclaré qu’il n’y avait aucun précédent d’un président étranger attaquant le chef de l’État, les institutions démocratiques et le pouvoir judiciaire sur le sol brésilien.

« Não há precedentes de um presidente estrangeiro que, em território nacional, enfeixe agressões e ofensas ao chefe de Estado, às instituições democráticas, inclusive ao Poder Judiciário, e ao povo brasileiro. »

Ministère brésilien des Affaires étrangères

Le président de la Cour suprême, Luiz Edson Fachin, a également exprimé ses regrets face aux « références irrespectueuses » envers un magistrat de la plus haute juridiction du pays. Lula, s’exprimant lors d’un événement avec des syndicalistes, a déclaré que le Brésil ne tolérerait pas d’ingérence et continuerait à gouverner sans immixtion extérieure.

« No Brasil, não aceitamos que ninguém meta o nariz onde não foi chamado. »

Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil

Milei monte en puissance

Quelques heures après les mesures diplomatiques du Brésil, Milei a intensifié la confrontation sur Radio Mitre. Sans présenter de preuves, il a accusé le gouvernement brésilien de financer 25 pour cent d’une « campagne anti-argentine » et a affirmé que des « têtes progressistes » du Mexique et du Parti démocrate américain étaient également impliquées. Il a déclaré que les partisans de Lula avaient activement travaillé contre lui pendant la campagne présidentielle argentine de 2023 et a qualifié les discussions sur l’ingérence d’hypocrites.

« ¿Quién puso más plata en esta campaña antiargentina ? El gobierno de Brasil. El 25% de los recursos salió del gobierno de Brasil. »

Javier Milei, président de l'Argentine

Les médias argentins, dont La Nación et Clarín, ont rapporté que le gouvernement de Milei ne présentera pas d’excuses. La Nación a qualifié cela de crise diplomatique la plus grave entre les deux pays depuis un demi-siècle.

Conséquences bilatérales

L’ambassadeur Bitelli s’est rendu à Brasília tôt lundi 27 juillet pour une réunion avec le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira, après quoi les prochaines étapes de la relation seront définies. Une source du ministère des Affaires étrangères a déclaré à RFI que l’objectif était de clarifier le mécontentement brésilien et qu’il n’y avait pas de date limite pour le retour de Bitelli à Buenos Aires. Si la crise s’aggrave, le gouvernement brésilien pourrait retirer définitivement l’ambassadeur, déclarer l’envoyé argentin persona non grata, ou, dans le scénario le plus extrême, rompre les relations diplomatiques, bien que les responsables soulignent qu’aucune des deux parties ne souhaite cette issue. La querelle se déroule entre deux voisins liés par des liens économiques profonds : le Brésil est le principal partenaire commercial de l’Argentine, et les deux pays partagent l’un des plus grands flux commerciaux bilatéraux d’Amérique du Sud.

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Sources et contexte

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