En Espagne, le parquet soutient une enquête judiciaire visant Julio Iglesias pour des accusations de mauvais traitements sur des employées
Le parquet espagnol estime désormais que l'Audiencia Nacional est compétente pour enquêter sur une plainte de deux anciennes employées qui dénoncent des agressions sexuelles et des mauvais traitements au travail dans les propriétés caribéennes du chanteur.
Un revirement du parquet
Le parquet espagnol a changé de position sur une plainte pénale visant le chanteur Julio Iglesias. Le site eldiario.es a révélé ce revirement, que des sources du parquet ont confirmé à Europa Press. Le procureur Vicente González Mota a adressé un rapport écrit au juge d'instruction Antonio Piña, indiquant que l'Audiencia Nacional, juridiction madrilène dotée d'une compétence pénale spécialisée, est compétente pour connaître de l'affaire. Beatriz Sánchez Álvarez, procureure à la tête de l'unité de coordination sur la traite des êtres humains et les étrangers, a examiné le rapport et l'a approuvé. Le juge doit désormais décider dans les prochains jours s'il ouvre une information judiciaire.
Les accusations
La plainte porte sur des faits qui auraient eu lieu en 2021 dans des propriétés que Julio Iglesias possède aux Bahamas et en République dominicaine. Deux anciennes employées, une employée de maison et une kinésithérapeute, affirment avoir subi des attouchements, des insultes et des humiliations pendant leurs heures de travail. Elles décrivent un environnement de contrôle et de harcèlement constants, selon une enquête d'eldiario.es menée avec Univision Noticias. La plainte, déposée par l'intermédiaire de l'organisation Women's Link Worldwide, retient notamment des infractions de traite des êtres humains aux fins de travail forcé et de servitude, d'atteintes à la liberté et à l'intégrité sexuelles, de violences corporelles, de traitements dégradants et d'atteintes aux droits des travailleurs. Women's Link affirme que le chanteur a utilisé sa « position de pouvoir » et la vulnérabilité des employées pour les recruter, les transporter et les loger, leur imposant selon l'organisation des agressions sexuelles répétées et des conditions de travail forcées et dégradantes. L'organisation soutient que les tribunaux espagnols sont compétents en vertu de l'article 23 de la loi organique relative au pouvoir judiciaire, qui permet d'enquêter sur des crimes commis à l'étranger par des citoyens espagnols, et en vertu des traités sur les droits humains ratifiés par l'Espagne. Julio Iglesias a nié toutes les accusations et a qualifié les faits rapportés d'absolument faux.
Un premier classement et la nouvelle plainte
En janvier 2026, le parquet de l'Audiencia Nacional a ouvert des diligences préliminaires sur une première plainte déposée auprès du ministère public, avant de les classer. Les motifs invoqués étaient que les faits allégués s'étaient produits à l'étranger, que les plaignantes n'avaient pas de lien pertinent avec l'Espagne et que l'auteur présumé ne se trouvait pas dans le pays. Selon eldiario.es, la décision a été prise par la procureure adjointe Marta Durántez, qui a indiqué que les plaignantes n'étaient pas espagnoles et n'avaient jamais voyagé en Espagne avec le chanteur. En septembre, Women's Link Worldwide a déposé une querella directement auprès des tribunaux de l'Audiencia Nacional. Cette plainte a été transmise au juge Piña, qui a demandé au parquet un rapport sur sa position ; le rapport favorable à la compétence est la réponse à cette demande.
- Faits allégués dans des propriétés d'Iglesias aux Bahamas et en République dominicaine, selon la plainte
- Le parquet de l'Audiencia Nacional classe la première plainte, invoquant un défaut de compétence
- Women's Link Worldwide dépose une querella directement auprès de l'Audiencia Nacional
- Le procureur Vicente González Mota indique que l'Audiencia Nacional est compétente
La suite
Le juge Antonio Piña décidera s'il ouvre une information judiciaire, et les informations publiées indiquent qu'il devrait se prononcer dans les prochains jours. Le rapport du parquet porte sur la compétence, non sur le fond des accusations. Aucune décision sur le fond n'a été rapportée et les accusations restent non prouvées.
