Gouvernement · Asunción

Le président du Paraguay destitué après la faillite d'Ueno Bank, qui prive 2,9 millions d'épargnants de leur argent

Le Sénat paraguayen a destitué vendredi 6 novembre le président Santiago Peña et l'a placé en résidence surveillée. Cette décision fait suite à la mise sous tutelle d'Ueno Bank par la banque centrale, qui a laissé environ 2,9 millions de personnes sans accès à leur épargne.

Texte IA fondé sur les articles de Financial Times News, BBC, oko.press et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Asunción · Paraguay
Comment on en est arrivé là
  1. 3 nov.La banque centrale prend le contrôle d'Ueno Bank après que sa solvabilité est tombée sous le minimum légal
  2. 5 nov.Peña propose sa démission, que le Congrès refusera ensuite d'accepter
  3. 6 nov.Le Sénat vote à l'unanimité la destitution de Peña, qui est ensuite placé en résidence surveillée

La mise sous tutelle de la banque déclenche la crise

La banque centrale a pris le contrôle d'Ueno Bank mardi 3 novembre, après avoir constaté que sa solvabilité était très inférieure au minimum légal. L'établissement était une banque numérique utilisée par plus de la moitié des adultes paraguayens, et le Financial Times chiffre à 2,9 millions le nombre de personnes désormais privées d'accès à leur épargne. Les pensions, l'argent destiné aux médicaments et aux factures du foyer sont soudain devenus inaccessibles, et des fonds publics déposés dans la banque, dont l'argent de la sécurité sociale, ont été pris dans la faillite. Carlos Carvallo Spalding, qui dirigeait Ueno avant de prendre la tête de la banque centrale, a démissionné cette semaine-là et a également été placé en détention.

La démission puis la destitution de Peña

Santiago Peña, ancien économiste du FMI et ministre des Finances à partir de 2015, a proposé sa démission jeudi 5 novembre. Une démission l'aurait fait sénateur à vie, avec immunité contre les poursuites pénales, mais le Congrès a refusé de l'accepter et a engagé une procédure de destitution. Peña avait demandé un délai de 72 heures, qui lui a été refusé, et a disposé d'une demi-heure pour préparer sa défense. Vendredi 6 novembre, le Sénat a voté à l'unanimité sa destitution, et quelques minutes plus tard il était placé en résidence surveillée. La vice-présidente Pedro Alliana a assumé la présidence, et Peña devient le troisième président paraguayen écarté du pouvoir depuis la fin de la dictature d'Alfredo Stroessner en 1989.

Enquêtes et accusations

Le parquet a ouvert trois enquêtes liées à Ueno et délivré des mandats d'arrêt contre huit membres de la direction de la banque, dont son président. Peña fait l'objet d'une enquête sur sa supervision de la banque et sur les fonds publics qui y étaient déposés, et il est soupçonné d'abus de confiance, de détournement de fonds publics et de trafic d'influence. Des figures de l'opposition l'accusent d'un conflit d'intérêts, et des informations font état de jusqu'à 850 millions de dollars de fonds publics parvenus à Ueno pendant sa présidence. Il avait été actionnaire de la holding qui contrôlait la banque jusqu'en mars 2025, et il a nommé Carlos Carvallo Spalding, ancien dirigeant d'Ueno, à la tête de la banque centrale. La procureure chargée du dossier, Silvia Margarita González Vester, a indiqué que Peña devait être entendu samedi 7 novembre.

Manifestations et image d'investisseur écornée

Des centaines de personnes ont acclamé la décision devant le Congrès, tandis que des riverains rassemblés devant la maison de Peña réclamaient son incarcération. Des manifestants se sont aussi rassemblés contre la nomination d'Alliana, qu'ils estiment impliqué dans le même scandale. Alliana a promis que les personnes touchées par la faillite seraient intégralement indemnisées, mais le Congrès a rejeté une demande de l'opposition visant à le destituer lui aussi. Elizabeth Gonzalez, barista de 28 ans dans le centre d'Asunción, a décrit l'ambiance dans la capitale.

« Nous pensions que nous allions mieux, mais en réalité nous sommes comme toujours. »

Elizabeth Gonzalez, barista de 28 ans à Asunción

Elle a ajouté que le gouvernement faisait la promotion du Paraguay auprès des investisseurs pendant que tout cela se produisait. Avant la faillite, le gouvernement de Peña avait attiré un montant record de 1,15 milliard de dollars d'investissements étrangers en 2025 et obtenu les premières notes de crédit de qualité investissement du pays. Les conservateurs américains l'avaient adopté, et la faillite met désormais cet argumentaire auprès des investisseurs à l'épreuve.

Poser une question sur ce texte

Sources et contexte

Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.

Soutenir Pollar