La police tire des gaz lacrymogènes et de l'eau sur une marche universitaire à Buenos Aires
Des affrontements ont éclaté après un rassemblement pour la loi de financement des universités à Buenos Aires, le jeudi 15 octobre 2026. Les autorités ont indiqué que 25 personnes avaient été interpellées et huit membres des forces de l'ordre blessés.
Une marche pacifique dégénère
Étudiants, enseignants, syndicalistes et organisations sociales se sont rassemblés à Buenos Aires le jeudi 15 octobre 2026 pour exiger que le gouvernement du président Javier Milei applique la loi de financement des universités. Les organisateurs ont affirmé que près d'un million de personnes y ont participé dans tout le pays, et le rassemblement central s'est tenu sur la place située devant le Congrès. La marche est restée pacifique jusqu'à ce qu'un groupe de personnes encagoulées se mette à lancer des pierres et des morceaux de mobilier urbain sur les barrières protégeant le Congrès. La police a riposté avec des gaz lacrymogènes et de l'eau projetée par des camions-citernes. Les affrontements ont duré un peu plus d'une heure après la fin du rassemblement principal, et sous la pluie, les agents ont dégagé une place en partie jonchée de pierres.
Interpellations et blessés
Des sources du ministère de la Sécurité nationale ont indiqué qu'au moins 25 personnes avaient été interpellées et que huit membres des forces de l'ordre avaient été blessés. Aucun bilan officiel des blessés parmi les manifestants n'était immédiatement disponible, même si des images télévisées ont montré des manifestants touchés directement par des grenades lacrymogènes. La ministre de la Sécurité, Alejandra Monteoliva, a dénoncé ces violences sur X.
Les mêmes violents que d'habitude. Ils veulent imposer le chaos, défier les forces de l'ordre et transformer la rue en zone interdite.
Des députés de l'opposition, qui siégeaient au Congrès, sont sortis sur la place pour dénoncer ce qu'ils ont qualifié de répression injustifiée d'une manifestation pacifique.
- Interpellés
- 25 personnes
- Membres des forces de l'ordre blessés
- 8 personnes
La loi de financement et le conflit budgétaire
La loi prévoit l'indexation des salaires universitaires sur l'inflation depuis décembre 2023, et rétablit également les bourses et les crédits de fonctionnement. Le Congrès l'a approuvée puis revalidée malgré un veto présidentiel. Six votes du Congrès et quatre décisions de justice ont ordonné son application, mais le gouvernement refuse toujours de rétablir les fonds qu'il a supprimés depuis près de trois ans. Le gouvernement soutient que cette loi compromettrait son objectif de déficit zéro et préfère des augmentations salariales plus modestes et échelonnées, qu'il fixe unilatéralement. Des études sectorielles situent le budget universitaire 2026 à 25,3 % en dessous, en termes réels, de l'enveloppe de 2023. Une étude du centre de recherche en économie nationale de l'université de Buenos Aires a constaté que les ressources universitaires avaient chuté de 40,5 % en termes réels entre le premier semestre 2023 et le premier semestre 2026. Le projet de budget 2027 alloue 430 millions d'euros aux universités publiques, soit 33 % de moins que ce que demandaient les recteurs.
- Première grande marche universitaire fédérale, qui a contraint le gouvernement à reculer et à débloquer des fonds
- Précédente mobilisation universitaire nationale, tenue en mai
- Cinquième marche universitaire fédérale, qui s'est achevée par des affrontements devant le Congrès
Les universités réagissent
Franco Bartolacci, président du Conseil interuniversitaire national, a demandé à la foule lors de l'acte de clôture jusqu'où la protestation devait aller pour obtenir des réponses.
Que voulez-vous que nous fassions de plus pour trouver des réponses ? Quels sont les moyens, et combien de patience devons-nous avoir ?
Cette marche était la cinquième marche universitaire fédérale depuis l'arrivée au pouvoir de Milei en décembre 2023, et la précédente mobilisation nationale avait eu lieu en mai. Des enseignants et des étudiants ont décrit des mois de perturbations, et un étudiant en sciences sociales a indiqué que des grèves avaient eu lieu chaque mois pendant un an et demi. Des étudiants venus de La Plata, à 50 kilomètres, ont également rejoint la marche, portant des banderoles exigeant que le gouvernement se conforme à la loi.
