Gouvernement · Londres et Filton

La Cour suprême britannique examine l'appel de Palestine Action, des manifestants arrêtés devant le tribunal

Huda Ammori a plaidé devant cinq juges que l'inscription de Palestine Action sur la liste des organisations terroristes viole la liberté d'expression et le droit de manifester. La police a arrêté des manifestants devant le tribunal lors du premier jour de l'audience.

Texte IA fondé sur les articles de The Guardian, Al Jazeera Online, Bloomberg Business et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Londres, Filton · Royaume-Uni
Comment on en est arrivé là
  1. juillet 2025Le gouvernement britannique interdit Palestine Action sous le Premier ministre de l'époque, Keir Starmer
  2. octobre 2026Sarah Helm publie sur X la phrase que des manifestants reprendront ensuite sur des pancartes
  3. 4 nov.Ouverture à Londres d'une audience de deux jours à la Cour suprême

Une audience de deux jours s'ouvre

La Cour suprême britannique a ouvert mercredi 4 novembre 2026 à Londres une audience de deux jours sur l'appel de Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action. Elle conteste la décision d'inscrire ce groupe d'action directe sur la liste des organisations terroristes, une désignation qui le place aux côtés de groupes comme al-Qaïda et l'EI (Daech). Le gouvernement britannique avait interdit le groupe sous le Premier ministre de l'époque, Keir Starmer, en juillet 2025. Toute personne reconnue coupable d'appartenance ou de soutien au groupe encourt jusqu'à 14 ans de prison. Des organisations de défense des droits, dont Amnesty International et Liberty, ont dénoncé cette décision.

Les avocats jugent l'interdiction disproportionnée

Raza Husain KC, qui représente Huda Ammori devant les cinq juges, a déclaré que le groupe n'avait jamais prôné la violence contre les personnes et que la ministre de l'Intérieur n'avait jamais soutenu le contraire.

« Palestine Action n'a jamais prôné la violence contre les personnes »

Raza Husain KC, avocat représentant Huda Ammori lors de l'audience devant la Cour suprême

Raza Husain a affirmé que les suffragettes, les mouvements pacifistes, écologistes et de défense des animaux avaient employé des tactiques similaires ou plus radicales que celles de Palestine Action sans être interdits. Il a rappelé que la campagne des suffragettes avait inclus des incendies criminels et des attentats à la bombe, alors qu'elles sont aujourd'hui célébrées, et il a accusé la cour d'appel d'avoir commis une erreur en jugeant que les tactiques du groupe n'avaient que peu ou rien en commun avec celles des suffragettes. Dans ses écritures, Raza Husain indique que seules trois des 385 actions menées en cinq ans ont été considérées comme répondant à la définition du terrorisme au titre d'une partie du Terrorism Act, uniquement parce qu'elles impliquaient des dégâts matériels graves. Il ajoute que l'évaluation des conseillers plaçait moins de 1 % de l'action directe du groupe sur cette période dans le champ de cette définition. Raza Husain a également soutenu que l'interdiction avait touché l'ensemble du mouvement de solidarité avec les Palestiniens et dissuadé journalistes, universitaires et artistes de s'exprimer.

Actions de Palestine Action évaluées au regard de la définition du Terrorism Act
Actions jugées conformes à la définition du terrorisme
3
Actions menées sur cinq ans
385

Données tirées du texte de l’article

La défense du gouvernement

Sir James Eadie KC, dans ses écritures pour la ministre de l'Intérieur, soutient que l'arrêt de la cour d'appel, que conteste Huda Ammori, était légal et proportionné. Selon lui, cet arrêt a été conforté de deux manières : les condamnations de quatre personnes, dont une pour coups et blessures graves, et la constatation d'un « lien terroriste » lors d'une perquisition dans une usine de la société israélienne d'armement Elbit Systems à Filton, près de Bristol. Les sanctions américaines imposées au groupe en tant qu'organisation terroriste mondiale confortent également cette décision, a-t-il ajouté. Sir James Eadie a fait valoir que l'interdiction n'empêche ni le soutien public à la cause palestinienne, ni l'opposition à Israël ou à l'armée israélienne, ni les manifestations visant Elbit. La cour a appris que plus de 3 000 personnes ont été arrêtées depuis l'interdiction et qu'afficher son soutien au groupe constitue désormais une infraction au titre de cette loi.

Des manifestations devant le tribunal

Des manifestants se sont rassemblés devant le tribunal à l'ouverture de l'audience et les policiers en ont emmené plusieurs dans des fourgons. L'Evening Standard a compté plus de 20 manifestants, tandis que la Press Association a fait état d'environ 25 arrestations. Plusieurs pancartes reprenaient une phrase que Sarah Helm, journaliste et autrice mariée au conseiller à la sécurité nationale britannique, avait publiée sur X en octobre : « Que Dieu nous aide, nous les auteurs qui soutenons la Palestine et Palestine Action. » D'autres panneaux remplaçaient « auteurs » par « gens normaux », « étudiants » et « fils de survivants de la Shoah ». Sarah Helm n'a pas été poursuivie pour son message. L'acteur Alfred Enoch tenait une pancarte « ceci est la démocratie, pas le terrorisme » et a déclaré à la Press Association espérer la levée de l'interdiction.

« Je pense que cela participe d'une érosion plus large des droits de manifester, qui sont fondamentaux dans une démocratie. »

Alfred Enoch, acteur

La réaction d'Amnesty

Tom Southerden, directeur du droit et des droits humains d'Amnesty International au Royaume-Uni, a publié une déclaration après les arrestations du 4 novembre, dans laquelle il critique le recours du gouvernement aux pouvoirs antiterroristes.

« Aujourd'hui a été une nouvelle démonstration du chaos provoqué par l'usage grave que fait le gouvernement des pouvoirs antiterroristes pour interdire Palestine Action. »

Tom Southerden

Tom Southerden a déclaré que voir des musiciens, des responsables politiques et des célébrités arrêtés pour avoir brandi pacifiquement des pancartes montrait à quel point les lois antiterroristes sont dangereusement floues. Il a souligné que le texte des pancartes était identique au message de Sarah Helm, qui n'avait donné lieu à aucune arrestation.

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