
Le gouvernement allemand approuve un durcissement des peines pour les agressions contre les agents des transports et les secours
Le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi portant à six mois la peine minimale d'emprisonnement pour les agressions contre les agents des transports, les médecins, les pompiers et les forces de l'ordre.
Une protection juridique élargie pour les agents publics
Le 30 septembre 2026, le Cabinet fédéral allemand a approuvé un projet de loi de la ministre fédérale de la Justice Stefanie Hubig visant à alourdir les peines pour les agressions contre les personnels en contact avec le public. Le texte modifie le Code pénal allemand afin d'étendre aux contrôleurs de train, aux conducteurs de bus, au personnel médical et aux salariés des services publics (eau, électricité, réseaux de chaleur) des protections jusqu'ici réservées aux forces de l'ordre. Les atteintes physiques contre ces professions seront désormais passibles des mêmes peines de base que les agressions contre les policiers. La ministre Hubig a précisé la portée de la mesure lors d'un point presse après le conseil des ministres :
Ceux qui font tourner notre pays méritent notre protection.
Des peines plus lourdes et des qualifications aggravées
Le projet de loi relève de trois mois à six mois la peine minimale d'emprisonnement pour les atteintes physiques contre les agents de la force publique, les pompiers, les secouristes et le personnel de protection civile. Dans les cas qualifiés de particulièrement graves, la peine encourue passe d'une fourchette de six mois à cinq ans à une nouvelle fourchette d'un à dix ans. La loi qualifie de particulièrement graves les guet-apens, l'usage d'armes, les agressions collectives et les attaques exposant gravement les victimes. Par ailleurs, les peines pour rébellion contre les agents de la force publique passent d'un maximum de trois ans à cinq ans, voire dix ans en cas de circonstances aggravantes.
- Droit en vigueur
- 5 ans
- Réforme proposée
- 10 ans
La réforme introduit aussi des mesures concernant la gouvernance locale et l'incitation à la haine. Lorsque des élus ou des responsables publics sont visés, les tribunaux devront examiner explicitement si l'infraction entrave un travail d'intérêt général, la protection couvrant explicitement les conseillers municipaux et les maires. Les responsables d'administration seront autorisés à porter plainte pour injure au nom des agents visés dans l'exercice de leurs fonctions. En outre, les tribunaux pourront priver de l'éligibilité à une fonction publique ou à une candidature électorale, pour deux à cinq ans, les personnes condamnées pour incitation à la haine (Volksverhetzung), à condition que la peine d'emprisonnement soit d'au moins un an.
Déclencheurs et débat sur la mise en œuvre
Le ministère de la Justice avait présenté un premier concept fin 2025, mais l'élan politique s'est renforcé après la mort du contrôleur Serkan C. en février 2026. Serkan C. est décédé après avoir été agressé par un passager sans billet dans un train entre Kaiserslautern et Sarrebruck. La Deutsche Bahn enregistre environ cinq agressions physiques par jour contre son personnel d'exploitation, selon les chiffres cités par la ministre Hubig. Le ministre fédéral des Transports Steffen Bilger a soutenu la décision du gouvernement, soulignant que la multiplication des incidents dans les transports publics nécessitait d'adapter le Code pénal.
- Le ministère de la Justice présente un premier projet de protection des agents publics
- Le contrôleur Serkan C. meurt après une agression lors d'un contrôle de billets
- Le Cabinet fédéral allemand approuve le projet de réforme du Code pénal
La Deutsche Bahn a salué la réforme, qui complète ses mesures de sécurité internes : caméras-piétons, équipements de protection renforcés et formation du personnel à la désescalade. L'Association des juges allemands (Deutscher Richterbund) a toutefois pointé des obstacles structurels à l'application de la loi. Sven Rebehn, directeur général fédéral de l'association, a averti que toute modification législative suppose des effectifs suffisants :
Des lois pénales plus sévères ne servent à rien tant qu'une justice pénale surchargée n'est pas en mesure de les appliquer effectivement.
Rebehn a souligné que les Länder doivent recruter davantage de procureurs et de juges pour traiter les dossiers efficacement. Le projet de loi est désormais transmis au Bundestag pour examen et ne requiert pas l'approbation du Bundesrat.

