L'accord de Trump sur le diesel russe suscite les critiques bipartisanes du Sénat et la colère à Kyiv
L'accord conclu par Donald Trump avec Vladimir Poutine pour libérer du diesel russe a suscité les critiques de sénateurs des deux partis, de Kyiv et de dirigeants européens, dont Giorgia Meloni. Le Royaume-Uni a de son côté annoncé de nouveaux missiles de défense aérienne pour l'Ukraine.
Un accord sur le diesel avec Moscou
Donald Trump a déclaré vendredi 9 octobre s'être entendu avec Vladimir Poutine pour libérer du diesel russe à destination du marché américain et des marchés mondiaux. Selon le Kremlin, l'arrangement exigeait d'assouplir une partie des sanctions imposées plus tôt à Moscou par l'administration Trump. Donald Trump soutient qu'un surcroît de diesel russe ferait baisser les prix des carburants aux États-Unis avant les élections au Congrès du 3 novembre, où le coût élevé des carburants est devenu un problème politique pour le Parti républicain. Certains experts doutent de l'efficacité de l'arrangement. Les sondages suggèrent que les républicains pourraient perdre leur majorité à la Chambre des représentants, et une perte de la majorité au Sénat ne peut être exclue.
La défense de Trump et des déclarations changeantes
Donald Trump a défendu l'accord, le qualifiant lundi 12 octobre du bon choix pour le peuple américain. Mardi 13 octobre, il a suggéré que la Russie ne vendrait pas son diesel aux États-Unis mais le libérerait sur les marchés mondiaux. Donald Trump a également affirmé que l'Ukraine et la Russie s'étaient entendues, selon les informations disponibles, sur une trêve énergétique, et il a soutenu que l'Ukraine avait besoin d'un nouveau dirigeant capable de conclure un accord. La chronologie de l'accord et les réactions qu'il a suscitées sont détaillées ci-dessous.
- Donald Trump déclare s'être entendu avec Vladimir Poutine pour libérer du diesel russe à destination des États-Unis et des marchés mondiaux
- Donald Trump qualifie l'accord de bon choix pour les Américains ; Volodymyr Zelensky soutient une trêve énergétique lors d'une visioconférence au Forum de sécurité de Varsovie
- Donald Trump suggère que le diesel russe ira aux marchés mondiaux plutôt qu'aux États-Unis
- Giorgia Meloni qualifie l'accord de choix très risqué ; l'émissaire du Kremlin Kirill Dmitriev affirme qu'il pourrait servir de modèle à d'autres projets
Les réactions du Congrès, de l'Europe et de Kyiv
Une lettre commune signée par une douzaine de sénateurs des deux partis a demandé à Donald Trump de se retirer de l'accord et de rétablir les sanctions visant le secteur énergétique russe. Les sénateurs ont qualifié l'accord de cadeau à l'ennemi et de trahison des alliés, et ils ont soutenu que tout allègement pour les automobilistes américains serait limité, voire inexistant. Ils ont également affirmé que les revenus allant au Kremlin financeraient la guerre. Mercredi 14 octobre, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a qualifié l'accord sur le diesel de choix très risqué, estimant qu'il contredisait les efforts visant à pousser Vladimir Poutine vers des pourparlers de paix avec l'Ukraine. Carlo Masali, expert en sécurité à l'université de la Bundeswehr à Munich, a déclaré que les informations montraient que Donald Trump avait peu d'intérêt à soutenir l'Ukraine, la politique intérieure américaine et les relations avec la Russie comptant bien davantage pour lui.
La position de Kyiv et le soutien britannique
Kyiv a indiqué ne pas avoir été consulté sur la proposition de trêve énergétique, mais s'est déclaré prêt à cesser les attaques contre les infrastructures énergétiques russes si Moscou en faisait autant. Dans une allocution vidéo du 12 octobre adressée au Forum de sécurité de Varsovie, Volodymyr Zelensky a déclaré que l'Ukraine était reconnaissante envers les États-Unis et soutenait l'idée d'une trêve énergétique, ajoutant que la Russie devait désormais montrer qu'elle y consentait. Dans un entretien accordé à Piers Morgan sur Uncensored, interrogé sur un éventuel sentiment de trahison, Volodymyr Zelensky a répondu par l'affirmative, tout en précisant que la situation était plus compliquée que ses propres sentiments. Il a souligné que l'Ukraine ne pouvait pas se permettre d'être faible, car son existence même était en jeu.
Lors d'une visite à Londres, Volodymyr Zelensky a été reçu par le roi Charles III au palais de Buckingham, puis a rencontré le Premier ministre Andy Burnham à Downing Street. Andy Burnham a décrit les derniers jours comme très difficiles pour l'Ukraine et a affirmé que la Grande-Bretagne restait un allié indéfectible. Il a annoncé la livraison prévue de missiles sol-air d'une valeur de 45 millions de livres pour contrer les drones russes, dont 10 millions de livres livrés en urgence accélérée pour répondre aux besoins les plus pressants.
- Paquet de missiles sol-air
- 45 millions de livres
- Part livrée en urgence accélérée
- 10 millions de livres
Le point de vue du Kremlin
L'émissaire du Kremlin Kirill Dmitriev a déclaré mercredi 14 octobre que l'accord sur le diesel pourrait servir de modèle à d'autres projets économiques. Il a affirmé que la Russie surmonterait les difficultés liées aux sanctions pour effectuer les livraisons et que d'autres discussions avec les Américains sur des projets économiques et d'investissement étaient prévues. Kirill Dmitriev a également soutenu que les sanctions américaines nuisaient principalement aux Américains et aux agriculteurs américains.
