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Énergie & Commerce · New York et Primorsk

Deux pétroliers russes transportant du diesel à destination des États-Unis changent de cap, un revers pour l'accord de Trump

Le Talisman et le Leruo n'indiquent plus les États-Unis comme destination : l'un se trouve au large de l'Algérie, l'autre fait route vers le Brésil. Ces déroutements interviennent après les élections de mi-mandat du 3 novembre et alors que les doutes juridiques sur l'accord s'aggravent.

Texte IA fondé sur les articles de Rzeczpospolita, Deutsche Welle, The Telegraph et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

New York, Primorsk · États-Unis, Russie
Comment on en est arrivé là
  1. 2 nov.Le Leruo change de cap vers le Brésil
  2. 3 nov.Élections de mi-mandat ; les démocrates obtiennent la majorité dans les deux chambres du Congrès
  3. 4 nov.Le FT rapporte que deux pétroliers ont changé de cap

Deux pétroliers abandonnent la route américaine

Deux pétroliers sanctionnés transportant du diesel russe n'indiquent plus les États-Unis comme destination, rapporte le Financial Times le 4 novembre. Le Talisman, pétrolier russe de 20 ans visé par des sanctions américaines, britanniques et européennes, a viré en Méditerranée et se trouve désormais au large de l'Algérie, émettant un signal « for orders » (en attente d'ordres), ce qui suggère que sa cargaison n'a ni acheteur ni port confirmés. Le Leruo, pétrolier détenu par des intérêts hongkongais, battant pavillon de la Sierra Leone et sanctionné par le Royaume-Uni, l'UE et le Canada, fait route vers le Brésil depuis le 2 novembre. Les deux navires devaient livrer du carburant aux États-Unis, et ces changements font douter de la possibilité même d'exécuter l'accord.

D'autres cargaisons font encore route vers les États-Unis

L'Agioi Fanendes, navire grec exploité par Eastern Mediterranean Maritime, continue de progresser vers les États-Unis, mais son signal n'indique pas non plus de port de déchargement confirmé. L'analyste de Kpler Matt Smith, cité par le FT, a indiqué que le pétrolier était attendu à New York ce week-end-là et pourrait encore faire demi-tour si les acheteurs américains restent prudents face aux risques réglementaires, législatifs et liés aux sanctions. La compagnie avait déclaré plus tôt au FT :

« nous poursuivons en attente d'ordres, le port de déchargement n'étant pas encore confirmé »

Eastern Mediterranean Maritime

Le Beast, navire sanctionné détenu par des sociétés des Seychelles, a chargé au port russe de Primorsk le 27 octobre et signale « Atlantic », ce qui désigne la côte atlantique américaine. Aucun des propriétaires des pétroliers sanctionnés n'a pu être joint pour commenter.

L'accord et son contexte politique

Trump a annoncé l'accord le 9 octobre, et l'administration a suspendu temporairement les sanctions sur le carburant russe, arguant que les importations augmenteraient l'offre et feraient baisser les prix sur le marché américain. Il a souligné que la mesure importait particulièrement aux agriculteurs, aux éleveurs et aux chauffeurs routiers. Des critiques parmi les démocrates, certains républicains et des responsables politiques européens l'ont accusé d'alléger la pression sur Vladimir Poutine et de procurer des fonds supplémentaires au Kremlin pendant la guerre contre l'Ukraine. Un groupe de sénateurs américains des deux partis a demandé à la Maison-Blanche de renoncer à l'accord. Celui-ci n'a guère aidé les républicains : les démocrates ont obtenu la majorité dans les deux chambres du Congrès lors des élections du 3 novembre.

Doutes juridiques et prix des carburants

Les autorités et les représentants du secteur ne s'accordent pas sur la légalité de ces livraisons, ce qui pourrait expliquer en partie le changement de cap des pétroliers. La gouverneure du New Jersey, Mikie Sherrill, a écrit aux exploitants de terminaux portuaires pour les mettre en garde contre la réception de carburant russe. Dans sa lettre, elle avertit que l'achat ou le déchargement de carburant russe illégal destiné à la côte Est sur instruction de l'administration Trump exposerait probablement entreprises et particuliers à de lourdes sanctions civiles et pénales. Des membres démocrates du Congrès et quelques républicains ont estimé que l'accord pourrait être illégal et exigé que Trump l'annule. Côté marché, les contrats à terme sur le diesel ont augmenté de plus de 60 % depuis le début de la guerre en Iran, et le prix moyen à la pompe aux États-Unis s'établissait à environ 6,30 dollars le gallon début novembre 2026. De nouvelles données montrent que les stocks américains de diesel sont tombés sous 100 millions de barils pour la première fois en plus de vingt ans.

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