En bref
La datation repose sur la lettre 782 à Theo, datée du 18 juin 1889 environ. L'équipe a constaté que les dessins reçus par Theo le 2 juillet ne comprenaient pas la copie du tableau.
Parmi les aubes examinées en juin et juillet 1889, seules trois réunissaient la lune au-dessus de Vénus dans le cadre du tableau, et le 22 juillet était la correspondance la plus proche.
À la mi-juin, la lune était gibbeuse décroissante, avec environ 63 % de sa face visible éclairée, contre le fin croissant représenté sur le tableau.
- juin 1889La lettre 782 à Theo, datée du 18 juin environ, décrit une nouvelle étude d'un ciel étoilé
- 22 juil.Ciel de l'aube auquel l'étude associe le tableau
- 22 oct.Publication de l'étude dans Scientific Reports
Une date environ un mois plus tard que celle admise
Une équipe de chercheurs sud-coréens rapporte dans Scientific Reports, publié le jeudi 22 octobre, que le ciel de La Nuit étoilée de Vincent van Gogh correspond à une aube réelle au-dessus de Saint-Rémy-de-Provence, le 22 juillet 1889. Soit environ un mois plus tard que la date de juin retenue de longue date par les historiens de l'art. Pendant plus d'un siècle, le ciel du tableau a été considéré comme une production de l'imagination ; l'article soutient que la disposition des corps célestes a été observée. Van Gogh vivait alors à l'asile de Saint-Rémy, où il s'était fait interner après une série de crises de santé mentale.
Pourquoi la date de juin était acceptée
La date de juin repose sur une lettre à son frère Theo, numérotée 782 et datée du 18 juin 1889 environ, dans laquelle Van Gogh décrit une nouvelle étude d'un ciel étoilé. Des chercheurs antérieurs ont proposé deux autres dates : Albert Boime a avancé le 19 juin en 1984, et Charles Whitney le 17 juin en 1986, et les deux ne pouvaient pas être exactes. La lune constituait le principal obstacle à une date de juin. À la mi-juin, la lune était gibbeuse décroissante, avec environ 63 % de sa face visible éclairée, alors que le tableau montre un fin croissant. L'équipe a également relu la réponse de Theo et constaté que les dessins qu'il avait reçus le 2 juillet ne comprenaient pas la copie du tableau que les historiens supposaient envoyée, tandis que la lettre antérieure ne mentionne que le début du travail.
Comment le ciel a été reconstitué
Les chercheurs ont simulé les ciels nocturnes de 1889 tels qu'on les voyait depuis la fenêtre du sanatorium et ont testé chaque aube par rapport au tableau. Seules trois dates remplissaient les conditions, la lune se trouvant au-dessus de Vénus et les deux entrant dans le cadre étroit, et le 22 juillet était la correspondance la plus proche, avec un fin croissant de lune, Vénus et l'amas des Hyades disposés comme sur le tableau. Ils ont localisé une crête au sud-ouest de l'asile et confronté un croquis antérieur de Van Gogh au paysage réel, ce qui a montré qu'il avait dessiné une portion étonnamment étroite de la scène. Kim, premier auteur de l'étude, raconte le travail de terrain à la première personne.
« J'étais debout là où Vincent s'était tenu 130 ans plus tôt. »
Les relevés météorologiques historiques indiquent un ciel dégagé autour de cette date, et les lettres de Van Gogh mentionnent des cigales, que les auteurs associent à une chaleur intense plus compatible avec les températures de juillet. Fanpage rapporte que le clocher représenté dans le tableau n'était pas visible depuis la fenêtre, ce qui suggère que l'artiste a mêlé ce qu'il voyait à sa mémoire et à son invention.
Réserves et réactions
Les chercheurs reconnaissent que leurs résultats ne sont pas concluants et qu'une coïncidence ne peut être exclue. Kim a déclaré à Trouw que le tableau l'avait attiré dès le départ, ayant d'abord remarqué que des études antérieures identifiaient la constellation du Bélier là où il voyait les Hyades dans le Taureau.
« La Nuit étoilée parlait à un astronome comme moi. »
L'étude est signée par Kim et des coauteurs de l'université Kyung Hee. Le tableau est actuellement conservé au Museum of Modern Art de New York, selon Fanpage.