Art & Livres · Paris, Londres et Dieppe

Un tribunal parisien ordonne à Sotheby's de restituer aux héritiers Flavian un Pissarro spolié sous l'Occupation

Le jeudi 5 novembre 2026, le tribunal a également annulé la vente londonienne du 25 juin 2024 et ordonné à Sotheby's de désigner l'acheteur sous deux mois, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard au-delà de ce délai.

Texte IA fondé sur les articles de ARTnews.com, G4Media.ro, Le Soir et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Paris, Londres, Dieppe · France, Royaume-Uni
Comment on en est arrivé là
  1. 1935Salomon Flavian acquiert le tableau, selon des sources françaises et roumaines
  2. 1941Les nazis saisissent le tableau à Paris avec d'autres œuvres
  3. 25 juinVente Sotheby's à Londres, où le tableau part pour 1,2 million de livres sterling
  4. 5 nov.Le tribunal de Paris ordonne la restitution du tableau et annule la vente de 2024

Une saisie en 1941 et une décision en 2026

Un tribunal parisien a ordonné, le jeudi 5 novembre 2026, la restitution d'une toile de Camille Pissarro, qu'auraient saisie les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, aux descendants de Salomon Flavian, banquier juif et collectionneur d'art dont la collection fut saisie à Paris en 1941. Le tableau de 1902, intitulé Darse de pêche et bassin Duquesne, Dieppe, après-midi ensoleillée, représente la cité portuaire de l'ouest de la France et est aussi répertorié sous le titre Le port de Dieppe. Des sources françaises et roumaines indiquent que Flavian l'a acheté en 1935, et l'œuvre est longtemps restée hors circulation avant de réapparaître lors d'une vente Sotheby's à Londres le 25 juin 2024. Le tribunal a déclaré nulles toutes les ventes de l'œuvre depuis sa saisie, y compris la vente londonienne, et ordonné sa restitution où qu'elle se trouve et quel qu'en soit le détenteur.

La vente et le litige sur le consentement

Sotheby's Londres a vendu le tableau en 2024 pour 1,2 million de livres sterling, soit 1,5 million de dollars à l'époque selon ARTnews, un chiffre de 1,4 million d'euros ayant également été rapporté. La maison de ventes a présenté l'œuvre comme proposée dans le cadre d'un accord entre le propriétaire actuel et les héritiers de Salomon Flavian. À l'audience, les avocats de Sotheby's ont soutenu que les héritiers avaient donné leur consentement par l'intermédiaire de Mondex Corporation, une société spécialisée dans la récupération d'œuvres d'art et d'autres biens spoliés pendant la guerre. Sept plaignants ont déclaré au tribunal en septembre que seuls deux membres de la famille, Gilles et Nicholas Flavian, avaient signé cet accord et que le reste de la famille n'avait pas été consulté.

Ce qu'a décidé le tribunal

Le tribunal a jugé que la famille Flavian avait démontré que Salomon Flavian était propriétaire du tableau, que les Allemands l'avaient confisqué et qu'il avait entrepris des démarches pour récupérer ses biens après la guerre. Il a ordonné à Sotheby's de communiquer aux demandeurs, dans un délai de deux mois, l'identité de l'acheteur lors de la vente de 2024, puis de payer, passé ce délai, une astreinte de 1 000 euros par jour de retard. Le communiqué du tribunal indique que le silence de Sotheby's empêchait les héritiers d'engager une action en restitution contre l'acheteur de 2024 et allait à l'encontre de l'objectif principal de l'ordonnance du 21 avril 1945 sur la restitution en nature des biens confisqués aux victimes ou à leurs héritiers. Le jugement est exécutoire immédiatement, même en cas d'appel.

Mondex et l'appel

James Palmer, consultant de Mondex, a déclaré à ARTnews par courriel qu'un appel serait interjeté « sans délai ». Il soutient que les archives du marchand Paul Rosenberg et le catalogue raisonné de Pissarro de 1939 désignent tous deux l'artiste et collectionneur britannique Edward Le Bas comme propriétaire de 1939 au début des années 1950. Selon cette lecture, le tableau n'aurait pas pu être pris à Flavian dans les années 1940. M. Palmer souligne également l'absence de cadre formel en France.

« Le fait que la France ne dispose actuellement d'aucun cadre formel de restitution est capital, car cela pénalise à la fois l'État et les demandeurs. »

James Palmer, consultant de Mondex Corporation

Le délai de deux mois pour désigner l'acheteur et l'appel annoncé fixent désormais les prochaines étapes d'une affaire engagée depuis l'action des héritiers en septembre.

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Sources et contexte

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