
La Grèce réaffirme ses demandes de réparations de la Seconde Guerre mondiale allant jusqu'à 341 milliards d'euros auprès de l'Allemagne
Le président Konstantinos Tasoulas a déclaré que les créances grecques restaient actives et non prescrites lors du 83e anniversaire du massacre de Lyngiades, tandis que Berlin maintient que le dossier est juridiquement clos.
Discours présidentiel dans le nord de la Grèce
Le président grec Konstantinos Tasoulas a réaffirmé les demandes de longue date de la Grèce en matière de réparations de la Seconde Guerre mondiale auprès de l'Allemagne, lors de cérémonies commémoratives organisées dans le nord du pays. La cérémonie marquait le 83e anniversaire du massacre de Lyngiades, où des populations civiles ont été tuées pendant l'occupation du pays. La chaîne de télévision publique grecque ERTNews a diffusé le discours présidentiel dans tout le pays. Dans son allocution, M. Tasoulas a déclaré que les créances financières et juridiques de l'État grec demeuraient pleinement valides, légitimes et non affectées par le passage du temps. Le président a confirmé qu'Athènes maintenait sa position juridique intégrale concernant les dettes de guerre dues par Berlin à la République hellénique, précisant que ces créances ne seraient pas abandonnées.
Les créances de la République hellénique sont toujours actives, légitimes et non prescrites.
Le massacre de Lyngiades et l'occupation par la Wehrmacht
Selon les données officielles grecques, les troupes d'occupation allemandes ont tué 88 personnes dans le village de Lyngiades et les localités voisines pendant la guerre. Parmi les 88 victimes recensées dans les archives officielles grecques, plus de 40 étaient des enfants et des adolescents âgés de 17 ans au plus. Les tueries ont eu lieu alors que la Grèce était sous occupation de la Wehrmacht allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. La tragédie dans cette région du nord reste au cœur des cérémonies commémoratives officielles et des discussions sur la responsabilité de guerre. En 2014, le président fédéral allemand de l'époque, Joachim Gauck, s'est rendu dans le village grec de Lyngiades, où il a déposé une gerbe au monument commémoratif dédié aux victimes du massacre.
- Les forces de la Wehrmacht allemande tuent 88 civils à Lyngiades et imposent un prêt forcé à la Grèce.
- Le président allemand Joachim Gauck se rend à Lyngiades et dépose une gerbe au mémorial.
- Le président grec Konstantinos Tasoulas réaffirme les demandes de réparations lors du 83e anniversaire du massacre.
Calcul des réparations et prêt d'occupation forcé
La Grèce, occupée par la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, réclame avec constance une compensation financière à l'Allemagne pour les dommages de guerre. Les demandes grecques comportent deux éléments distincts : l'indemnisation des destructions massives de la guerre et le remboursement intégral d'un prêt imposé à la Grèce par les autorités d'occupation allemandes. Selon les calculs officiels grecs, la somme totale réclamée à l'Allemagne se situe entre 278 et 341 milliards d'euros. Cette fourchette de 278 à 341 milliards d'euros reflète des différences de méthodes de calcul appliquées à l'évaluation des destructions matérielles et des obligations financières historiques. Athènes affirme que le prêt forcé constitue un accord d'emprunt formel qui doit être remboursé intégralement, en plus des demandes générales de réparations de guerre.
L'Allemagne maintient que les créances sont juridiquement réglées
Le gouvernement allemand continue de rejeter toutes les demandes grecques de réparations de la Seconde Guerre mondiale et de remboursement du prêt forcé. Berlin maintient la position officielle selon laquelle toutes les questions de réparations et les créances financières de guerre ont été réglées juridiquement et closes par des traités internationaux antérieurs. Les autorités allemandes affirment qu'aucune base juridique ne permet de rouvrir ces dossiers ni d'engager de nouvelles négociations bilatérales avec Athènes sur les compensations de guerre. Alors que la Grèce considère la somme de 278 à 341 milliards d'euros comme une dette active, légitime et non prescrite, la position allemande reste que la question juridique est définitivement tranchée. Ces positions opposées font de ces créances financières et historiques un point de contentieux durable entre Athènes et Berlin.


