
Un rapport parlementaire français recommande d'interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans
Une mission parlementaire transpartisane à Paris propose de restreindre la vente de boissons énergisantes aux mineurs de moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques, invoquant des risques cardiovasculaires et une croissance rapide du marché.
Conclusions parlementaires et croissance du marché
Une mission d'information parlementaire française coprésidée par la députée socialiste Sandrine Runel et le député Les Républicains Yannick Neuder a présenté son rapport à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale le 7 octobre 2026. L'enquête transpartisane a évalué l'exposition des jeunes aux boissons énergisantes et aux boissons alcoolisées prémélangées. Les données commerciales citées dans les conclusions montrent que le marché français des boissons énergisantes est passé de 180 millions d'euros en 2016 à 780 millions d'euros en 2025. Red Bull détient la plus grande part de marché en France, devant Monster Energy et Crazy Tiger. L'attention portée au marketing s'est renforcée en juin 2026, lorsque les créateurs de contenu français Lena Situations, Inoxtag et Squeezie ont lancé leur marque Ciao Energy. Yannick Neuder, cardiologue hospitalier et ancien ministre de la Santé, a exposé les inquiétudes des parents sur RMC.
Le rôle du législateur est d'informer les parents, qui souvent ne se rendent pas compte qu'ils donnent une boisson plus sucrée et plus calorique que le Coca-Cola.
- Le marché français des boissons énergisantes est estimé à 180 millions d'euros
- La députée belge Nawal Farih propose de restreindre l'accès des jeunes aux boissons énergisantes
- Le marché français des boissons énergisantes atteint 780 millions d'euros
- Des créateurs de contenu lancent la marque Ciao Energy, suscitant les critiques des professionnels de santé
- La mission parlementaire française remet six recommandations à la commission des affaires sociales
Restrictions proposées et interdiction dans les distributeurs automatiques
La mission parlementaire a formulé six recommandations principales visant à limiter la consommation chez les enfants et les adolescents. Si le rapport note que les boissons énergisantes ne présentent pas de danger général pour la santé lorsqu'elles sont consommées en quantités raisonnables par des adultes, il met en garde contre des conséquences nocives pour les plus jeunes consommateurs. Les effets indésirables signalés en France comprennent des symptômes cardiovasculaires et des troubles psychologiques, principalement liés à un apport élevé en caféine et à un mélange occasionnel avec de l'alcool. Pour répondre à ces risques, les rapporteurs ont proposé une interdiction pure et simple de la vente de boissons énergisantes aux mineurs de moins de 16 ans, ainsi que leur retrait des distributeurs automatiques. Sandrine Runel a décrit l'intention éducative de la mesure à l'Agence France-Presse.
L'idée est d'éduquer les jeunes pour leur expliquer qu'ils n'ont pas besoin de ces boissons sucrées pour rester en forme et lutter contre la fatigue.
- 2016
- 180 M€
- 2025
- 780 M€
Prémélanges alcoolisés et réglementation publicitaire
Outre les produits à base de caféine, l'enquête a examiné les boissons alcoolisées prêtes à boire comme Vody, un cocktail en canette mêlant vodka, café et taurine. Le rapport conclut que ces boissons atteignent ou dépassent souvent les limites journalières recommandées dans un seul contenant, tout en attirant les jeunes consommateurs par des prix bas et un marketing ciblé. Les rapporteurs ont recommandé d'étendre la taxe existante sur les prémélanges à toutes les boissons alcoolisées prêtes à boire dont le titre alcoométrique dépasse 12 %. Pour remédier au non-respect des contrôles d'âge dans les commerces, les députés ont demandé des tests de conformité par des clients mystères impliquant des mineurs. La mission a également appelé à mettre fin aux promotions de boissons alcoolisées sur les plateformes de réseaux sociaux, estimant que les lois publicitaires existantes ne tiennent pas compte des canaux de distribution en ligne.
Réponse du gouvernement et contexte international
Les recommandations seront portées par des amendements au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 ainsi que par une proposition de loi distincte. Le gouvernement français s'est dit ouvert à l'examen des propositions, sans pour autant soutenir une interdiction immédiate de la vente. Le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a exprimé la position officielle.
Il n'existe actuellement aucun élément permettant au ministère de soutenir explicitement une interdiction immédiate des boissons énergisantes pour les moins de 16 ans, mais il existe en revanche un ensemble d'arguments sanitaires et internationaux justifiant une ouverture à l'étude de cette mesure.
Le ministère de la Santé cite les travaux de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sur la teneur élevée en sucre, la concentration en caféine et les liens avec des comportements à risque comme le tabac et l'alcool. À l'international, des pays comme la Norvège et le Canada appliquent des interdictions de vente de boissons énergisantes aux mineurs. En Belgique, une étude Sipes-ULB de 2025 montre qu'un élève de 11 à 15 ans sur cinq consomme des boissons énergisantes au moins une fois par semaine, alors que les autorités sanitaires déconseillent leur consommation chez les jeunes.

