
La Chine nomme la responsable sanitaire Song Li pour succéder à Tedros à la tête de l'OMS
Pékin a annoncé jeudi que Song Li, haute responsable de la santé publique, est sa candidate pour succéder à Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le mandat s'achève le 15 août 2027. L'Assemblée mondiale de la santé doit désigner le prochain directeur général en mai 2027.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a annoncé jeudi 8 octobre avoir nommé la responsable sanitaire Song Li à la tête de l'Organisation mondiale de la santé, confirmant une information de Reuters selon laquelle elle avait été proposée pour succéder au directeur général sortant, Tedros Adhanom Ghebreyesus. La porte-parole du ministère, Mao Ning, a déclaré aux journalistes que, si elle était élue, Song Li aiderait l'OMS à jouer un rôle plus actif dans l'amélioration de la santé et du bien-être de toute l'humanité.
Le développement de la santé mondiale a encore un long chemin à parcourir. Le rôle du directeur général de l'OMS est particulièrement important pour progresser de manière régulière.
Qui est Song Li
Reuters, citant une biographie officielle, décrit Song comme une haute responsable de la santé publique forte de 20 ans d'expertise en politique de santé maternelle et infantile et en coopération internationale, tandis qu'un profil de l'OMS cité par 20minutes en compte 21. Elle a joué un rôle actif dans les ripostes nationales au SRAS, aux épidémies de grippe aviaire et au COVID-19. En 2020, elle a été rédactrice en chef d'un document de questions-réponses sur la prévention et le contrôle du COVID-19 qui a fixé les normes nationales de prise en charge de la santé maternelle et infantile pendant la pandémie. RFI rapporte qu'elle serait la première femme chinoise née sur le continent à diriger l'OMS, après Margaret Chan, née à Hong Kong, soutenue par Pékin en 2007. La version chinoise du reportage de RFI la présente comme ancienne directrice du département de la santé maternelle et infantile de la Commission nationale de la santé de Chine et actuellement secrétaire du secrétariat de la Fédération nationale des femmes de Chine.
Calendrier et candidats rivaux
Tedros, Éthiopien, dirige l'OMS depuis 2017 après avoir été réélu en 2022, et ne peut pas briguer un nouveau mandat. Il quitte ses fonctions le 15 août 2027, selon RFI. Le processus de succession a débuté en avril 2026, selon le site de l'OMS cité par 20minutes, les candidatures devant être déposées avant le 24 septembre. Pékin n'avait pas révélé sa candidature avant l'expiration de ce délai. Reuters rapporte que six candidats ont vu leur identité publiée sur le site de l'OMS, représentant l'Arabie saoudite, la Belgique, le Qatar, le Botswana, l'Indonésie et l'Espagne. RFI compte sept candidats officiellement déclarés, dont Song Li, et cite Maria Neira (Espagne), Hans Kluge (Belgique), Hanan Balkhy (Arabie saoudite), Budi Gunadi Sadikin (Indonésie), Hanan Mohammed Al-Kuwari (Qatar) et Gevorg Tamamyan, oncologue pédiatre et hématologue arménien proposé par le Botswana. Le conseil exécutif présentera au maximum trois candidats à l'Assemblée mondiale de la santé, qui choisira en mai 2027. L'OMS prévoit de publier la liste complète des candidats après les dernières réunions des comités régionaux début novembre.
- Début du processus de succession, selon le site de l'OMS
- Date limite de dépôt des candidatures
- La Chine annonce officiellement la nomination de Song Li
- L'OMS doit publier la liste complète des candidats après les dernières réunions des comités régionaux
- L'Assemblée mondiale de la santé doit désigner le prochain directeur général
- Tedros Adhanom Ghebreyesus quitte ses fonctions
Contexte politique
Les États-Unis du président Donald Trump réduisent leur engagement auprès de l'ONU et de certaines de ses organisations constitutives, et RFI relie cette nomination au retrait de Washington de l'OMS cette année. L'administration Trump a critiqué à plusieurs reprises la gestion de la pandémie par l'OMS et l'a accusée de partialité envers la Chine, où le COVID-19 est apparu, des accusations que l'OMS rejette. Pékin cherche depuis longtemps à assumer davantage de responsabilités au sein des agences de l'ONU et d'autres instances multilatérales. Un ancien haut responsable de l'OMS a déclaré à Reuters que la Chine pourrait utiliser cette candidature comme levier pour gagner en influence en veillant à ce que davantage de responsables chinois occupent des postes de haut niveau au sein de l'organisation.
La nomination par la Chine contribue à promouvoir conjointement la construction d'une communauté mondiale de la santé et témoigne du ferme soutien de la Chine au multilatéralisme.
Des analystes cités par Voice of America, selon RFI, estiment qu'un responsable chinois à la tête d'une agence de l'ONU pourrait être scruté sur son indépendance et l'équité de ses décisions, notamment sur des questions comme la participation de Taïwan à l'Assemblée mondiale de la santé.


