
La Chancellerie allemande bloque le projet de loi de Lars Klingbeil sur une taxe fédérale sur le sucre
La Chancellerie fédérale allemande a stoppé le 1er octobre 2026 le projet de loi du ministre des Finances Lars Klingbeil instaurant une taxe sur les boissons sucrées, invoquant un manque de coordination au sein de la coalition au pouvoir.
La Chancellerie bloque l'examen ministériel
La Chancellerie fédérale allemande a stoppé jeudi l'examen interministériel formel du projet de loi du ministre des Finances Lars Klingbeil instaurant une taxe sur les boissons sucrées. Lars Klingbeil avait transmis la proposition aux ministères fédéraux mercredi sans avoir obtenu au préalable l'accord de la Chancellerie. Des responsables gouvernementaux indiquent que le texte s'écarte sensiblement des recommandations d'experts antérieures et ne dispose pas d'une majorité au sein du cabinet fédéral. Selon la pratique gouvernementale habituelle, les ministères pilotes consultent la Chancellerie sur les principaux paramètres d'une politique avant d'ouvrir les consultations interministérielles. L'intervention gèle le projet jusqu'à ce que les partenaires de coalition renégocient le cadre.
- Une commission sanitaire et financière recommande une taxe sur les boissons à la ministre de la Santé Nina Warken
- Le ministre des Finances Lars Klingbeil transmet le projet de taxe sur le sucre aux ministères fédéraux
- La Chancellerie suspend l'examen interministériel faute de coordination avec le cabinet
Structure de la taxe envisagée
Le projet de loi vise les boissons contenant cinq grammes de sucre ou plus pour 100 millilitres, avec une entrée en vigueur prévue au 1er juillet 2027. Lars Klingbeil a structuré la taxe en trois paliers distincts selon la teneur totale en sucre par litre. Les produits contenant de cinq à moins de sept grammes de sucre pour 100 millilitres sont taxés à 26 centimes par litre. Le montant passe à 32 centimes pour les boissons contenant de sept à moins de dix grammes, et atteint 38 centimes pour celles affichant dix grammes ou plus. Les boissons édulcorées exclusivement avec des substituts du sucre restent exonérées, tout comme les purs jus de fruits et de légumes, les spritzers de fruits non sucrés et les bières et vins désalcoolisés. Le ministère des Finances a estimé les recettes fédérales à 945 millions d'euros la première année, 1,155 milliard d'euros la deuxième et 1,18 milliard d'euros à l'horizon 2031.
- 5 g à <7 g / 100 ml
- 26 centimes/l
- 7 g à <10 g / 100 ml
- 32 centimes/l
- ≥10 g / 100 ml
- 38 centimes/l
Opposition au sein de l'Union et des Länder
La forte hausse par rapport aux 450 millions d'euros annuels proposés en mars par une commission d'experts pour la ministre de la Santé de l'époque, Nina Warken, a suscité une opposition immédiate au sein de l'Union. Caroline Bosbach, rapporteure de l'Union au sein de la commission de l'agriculture du Bundestag, a critiqué le ministère pour avoir élargi la portée budgétaire au-delà des paramètres convenus.
Les 450 millions d'euros dont on discute doivent-ils soudain devenir 1,2 milliard ? Cette offensive ressemble presque à une provocation. Je me réjouis que la Chancellerie ait tiré le frein d'urgence. Sous cette forme, je ne donnerai pas mon accord.
Les dirigeants des Länder ont repris ces inquiétudes, le ministre-président de Hesse Boris Rhein qualifiant la taxe envisagée de charge directe pour les producteurs de boissons de taille moyenne. Le ministère des Finances a maintenu jeudi que les partis au pouvoir s'étaient déjà accordés sur le principe d'une taxe sur les boissons sucrées, précisant que les discussions techniques se poursuivent.
Contexte de politique sanitaire et consommation alimentaire
Le projet de loi appuie la mesure budgétaire sur des données sanitaires et sur les normes alimentaires de l'Organisation mondiale de la santé. L'OMS recommande de limiter l'apport en sucres libres à moins de 10 %, et idéalement à moins de 5 %, de l'énergie calorique quotidienne, soit 25 à 50 grammes par jour. Le texte relève que les adultes comme les enfants en Allemagne dépassent largement ces seuils nutritionnels. L'Allemagne enregistre une consommation annuelle par habitant de boissons sucrées comprise entre 90 et 100 litres. Le texte du ministère des Finances soutient que les sucres liquides apportent une satiété minime tout en augmentant l'apport calorique, ce qui accroît les risques d'obésité, de caries dentaires et les coûts de traitement associés.

