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Macroéconomie·-2 h

La Banque du Japon porte son taux à 1 %, un plus haut depuis 1995, face au choc énergétique

La Banque du Japon a relevé mardi son taux directeur à court terme d'un quart de point pour atteindre 1 %, portant les coûts d'emprunt à des niveaux observés pour la dernière fois en 1995, alors que la banque centrale cherche à contenir les pressions sur les prix liées au choc énergétique de la guerre en Iran.

La décision

Le conseil de politique monétaire de la Banque du Japon a voté par 7 voix contre 1 le relèvement du taux d'appel au jour le jour sans garantie de 0,75 % à 1 %, soit la première hausse depuis décembre et le niveau le plus élevé depuis septembre 1995. Le gouverneur Kazuo Ueda, hospitalisé pour le traitement d'une infection d'un kyste hépatique, était absent et n'a pas pris part au vote. Le vice-gouverneur Shinichi Uchida devait tenir la conférence de presse suivant la réunion à sa place.

La répercussion des prix découlant de la hausse des cours du pétrole brut progresse à un rythme relativement rapide dans les transactions interentreprises, ce qui pourrait se traduire par une augmentation des prix à la consommation sur une large gamme de produits.

Banque du Japon

Le conseil avait maintenu sa politique inchangée lors de ses trois précédentes réunions, mais avait nettement révisé à la hausse ses prévisions d'inflation en avril, date à laquelle trois des neuf membres avaient déjà proposé une hausse à 1 %. Les marchés avaient depuis largement intégré une décision en juin, et un sondage Reuters indique que les économistes anticipent une nouvelle hausse à 1,25 % au quatrième trimestre.

Le contexte inflationniste

L'inflation de gros a atteint un sommet en trois ans de 6,3 % en mai, signe que les entreprises répercutent déjà la hausse des coûts de l'énergie. L'inflation sous-jacente à la consommation devrait repasser au-dessus de l'objectif de 2 % de la BOJ plus tard cette année, après être passée en dessous en raison des subventions gouvernementales sur les factures d'énergie. La déclaration de la banque centrale a averti que les anticipations d'inflation à moyen et long terme continuaient d'augmenter, créant un risque de dépassement de l'objectif d'inflation sous-jacente.

Le conflit au Moyen-Orient a compliqué la trajectoire politique en ajoutant une pression inflationniste via les coûts pétroliers tout en pénalisant une économie qui importe la quasi-totalité de son carburant. Un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran a apaisé certaines craintes mondiales, mais le choc énergétique s'était déjà propagé dans les chaînes d'approvisionnement.

En tenant compte du fait que les anticipations d'inflation à moyen et long terme ont également continué d'augmenter, il existe un risque que l'inflation sous-jacente s'écarte à la hausse de notre objectif de prix.

Banque du Japon

Réaction des devises et des marchés

La faiblesse du yen, qui s'échange autour de 160 pour un dollar américain, a amplifié les pressions sur les prix à l'importation et a été l'un des facteurs cités par la BOJ pour justifier cette hausse. Les taux bas pesaient sur la monnaie depuis des mois. Avant la décision, l'indice Nikkei 225 de Tokyo a brièvement dépassé les 70 000 points en début de séance avant de réduire ses gains.

Plans d'achat d'obligations

La BOJ a également décidé de cesser de réduire ses achats d'obligations d'État japonaises en avril prochain, fixant un montant d'achat mensuel d'environ 2 000 milliards de yens pour éviter de déstabiliser le marché des JGB. Cette mesure sépare la trajectoire de normalisation des taux de la gestion du bilan, offrant aux marchés un calendrier plus clair pour les deux volets.

Trajectoire du taux directeur de la BOJ, 2024–2026
  1. Précédente hausse de taux à 0,75 % — dernière augmentation avant la décision de juin 2026
  2. Réunion d'avril : la BOJ maintient ses taux mais révise fortement à la hausse ses prévisions de prix ; trois membres proposent une hausse à 1 %
  3. Réunion de juin : la BOJ relève son taux à 1 % par un vote de 7 contre 1 ; gouverneur Ueda absent ; première hausse depuis décembre
  4. Le sondage Reuters projette une nouvelle hausse à 1,25 % au quatrième trimestre

Perspectives

Tous les regards sont tournés vers le point presse du vice-gouverneur Uchida pour déceler tout indice sur le rythme et le calendrier des futures hausses. La BOJ s'aligne désormais sur d'autres banques centrales qui s'orientent vers une politique plus restrictive, notamment la Banque centrale européenne. Avec l'absence du gouverneur Ueda pour au moins deux semaines, la stratégie de communication du conseil sera mise à l'épreuve alors que les marchés anticipent un nouveau resserrement d'ici la fin de l'année.

Tokyo

3 sources

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