
Des missiles houthis frappent l'aéroport King Khalid de Riyad : au moins 13 morts
L'Arabie saoudite a suspendu les opérations à l'aéroport King Khalid de Riyad jusqu'au 17 octobre après une série de frappes. Les autorités saoudiennes avaient cessé d'émettre des alertes publiques plusieurs jours avant les attaques, et les premières nouvelles alertes sont intervenues lundi 12 octobre.
Frappes sur l'aéroport de Riyad
La capitale saoudienne a été visée par une série de frappes de missiles et de drones centrées sur l'aéroport international King Khalid. Selon les informations disponibles, quatre attaques consécutives ont touché Riyad dans la semaine du 5 octobre, le terminal passagers ayant été frappé samedi 10 octobre puis de nouveau dimanche 11 octobre. Le bilan de la frappe de samedi est estimé à 12 ou 13 morts selon les sources. L'autorité saoudienne de l'aviation civile a indiqué que la frappe de dimanche a tué un résident pakistanais et fait 11 blessés. Au total, les informations font état d'au moins 18 morts et de plus de 300 blessés.
- Une frappe touche le terminal passagers de l'aéroport King Khalid à Riyad, tuant 12 ou 13 personnes selon les rapports
- Une deuxième frappe sur l'aéroport tue une personne et en blesse 11, selon l'autorité saoudienne de l'aviation civile
- Les houthis revendiquent une frappe de missile balistique sur l'aéroport, tandis que l'Arabie saoudite affirme avoir intercepté un missile visant Riyad
- Al-Masirah, proche des houthis, fait état d'au moins trois frappes saoudiennes sur la province de Saada
Revendications houthies et interceptions saoudiennes
Les houthis, groupe armé soutenu par l'Iran contre lequel l'Arabie saoudite se bat depuis plus de dix ans, ont revendiqué lundi la responsabilité de la dernière attaque contre l'aéroport. Le porte-parole militaire houthi Yahya Sarea a déclaré que le groupe avait frappé l'aéroport avec un missile balistique dans la nuit de lundi. L'Arabie saoudite a affirmé avoir intercepté et détruit un missile balistique visant Riyad ainsi que deux missiles visant Khamis Mushait, dans le sud-ouest du pays. L'autorité de l'aviation civile a suspendu les opérations à l'aéroport jusqu'au 17 octobre. La chaîne Al-Masirah, proche des houthis, a fait état d'au moins trois frappes saoudiennes sur la province de Saada mardi matin, et M. Sarea a déclaré qu'un drone saoudien y avait été abattu.
Le silence avant les attaques
Les autorités saoudiennes ont cessé d'émettre des avertissements publics sur des attaques militaires imminentes quelques jours avant les frappes, selon Reuters. Quatre responsables et analystes ont déclaré à Reuters que l'absence d'alertes soulevait des questions sur la vulnérabilité du royaume et sa capacité à protéger les résidents et les visiteurs. Sultan Alamer, universitaire saoudien basé aux États-Unis et chercheur au Middle East Policy Council, estime que le gouvernement veut mener des opérations militaires tout en affichant un sentiment de sécurité auprès des résidents et des alliés étrangers. La Défense civile, l'agence d'urgence rattachée au ministère de l'Intérieur, et le bureau de presse du gouvernement n'ont pas répondu aux questions écrites sur ce silence. La Défense civile a émis ses premières alertes depuis le 29 septembre lundi 12 octobre, signalant des menaces possibles sur Riyad et des villes du sud, sans qu'il soit établi s'il s'agissait d'une réponse aux frappes sur l'aéroport. Le Qatar a envoyé des alertes mobiles avant presque chaque attaque, tandis que Bahreïn et le Koweït ont fait retentir leurs sirènes à plusieurs reprises. Le système national d'alerte précoce saoudien, lancé en mai, est resté inactif pendant les attaques.
La défense aérienne sous enquête
L'Arabie saoudite a ouvert une enquête pour déterminer pourquoi sa défense aérienne n'a pas réussi à arrêter les missiles et les drones, rapporte l'Associated Press, citant deux responsables. Une enquête préliminaire a établi que les houthis ont d'abord lancé plusieurs drones avant de tirer des missiles de croisière et balistiques sur l'aéroport, les armes ayant parcouru plus de 1 000 km. L'enquête examine aussi pourquoi aucune alerte précoce n'a été émise. Thomas Juneau, analyste en sécurité à l'Université d'Ottawa, indique que la défense aérienne saoudienne a intercepté certains missiles et drones, mais que le pays est trop vaste pour être défendu de manière constante. Des analystes ont relevé que les meilleurs systèmes de défense aérienne israéliens n'ont pas non plus réussi à arrêter un missile balistique qui a manqué de peu l'aéroport Ben Gourion en 2025. Des informations décrivent le missile hypersonique « Palestine-2 » des houthis comme capable d'atteindre 16 fois la vitesse du son, sans que cela ait été confirmé lors de cette attaque, même si des experts affirment que l'arme utilisée était manifestement sophistiquée.
Combats au sol et suites
Les combats entre les forces houthies et les troupes gouvernementales et leurs alliés se sont poursuivis mardi à Taïz, où le gouvernement a déclaré que ses avions avaient mené neuf frappes contre les forces houthies. L'Arabie saoudite a lancé une opération de grande envergure dans la semaine du 5 octobre pour soutenir les forces gouvernementales fidèles à Aden face aux houthis, qui contrôlent Sanaa et le nord du pays. Kathimerini rapporte que les options de l'Arabie saoudite sont limitées et que les houthis menacent d'une escalade coûteuse en ciblant les installations pétrolières. Le Wall Street Journal, citant des responsables saoudiens, rapporte que le prince héritier Mohammed ben Salmane, 41 ans, a réduit ses apparitions publiques et se déplace entre des palais fortifiés dotés d'abris. Interrogé sur les attaques contre l'aéroport dimanche 11 octobre, le président américain Donald Trump a laissé ouverte la possibilité de bombardements américains contre les houthis sans s'y engager.

