Affaires · Verdon-sur-Mer
La France approuve la plus grande ferme salmonicole terrestre de l'UE en Gironde malgré une vive opposition
Le projet Pure Salmon, d'un montant de 280 millions d'euros, produira 10 000 tonnes de saumon par an au Verdon-sur-Mer, créant 250 emplois directs, alors que 99 % du poisson actuellement consommé en France est importé.
Texte IA fondé sur les articles de AGI, LesEchos.fr, Ouest France et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
L'installation du Verdon-sur-Mer produira 10 000 tonnes de saumon par an sur 14 hectares, éclipsant la production totale de l'aquaculture marine française de 2024, qui s'élevait à 5 807 tonnes toutes espèces confondues.
Pure Salmon, financé par un fonds d'investissement singapourien, construira la plus grande ferme salmonicole terrestre de l'UE sur un ancien site industrialo-portuaire à la pointe de la presqu'île du Médoc.
La préfète Sophie Brocas a cité 250 emplois directs comme justification clé d'intérêt général, bien que Pure Salmon et certains rapports mentionnent jusqu'à 400 postes, y compris les phases de construction.
Les organisations environnementales mettent en garde contre les rejets de boues menaçant le plus grand estuaire sauvage d'Europe, avec une opposition également venue des scientifiques, des habitants et d'une centaine de parlementaires qui ont déposé une proposition de loi de moratoire en mars 2025.
Chaque étape d'exploitation est conditionnée aux résultats du suivi environnemental, supervisé par une commission réunissant les services de l'État, les collectivités locales et les associations environnementales.
- 3 aoûtLa préfète Sophie Brocas signe l'arrêté d'autorisation
- 4 aoûtLa préfecture annonce publiquement l'approbation
- 2027Début des travaux attendu sur le site de 14 hectares
L'autorisation
La préfecture de la Gironde a autorisé la construction d'une ferme salmonicole terrestre au Verdon-sur-Mer, à l'embouchure de l'estuaire de la Gironde. La préfète Sophie Brocas a signé l'arrêté le 3 août 2026, validant un projet qui deviendra la plus grande installation de ce type dans l'Union européenne. L'annonce a été faite mardi 4 août, la préfecture décrivant l'autorisation comme accordée « dans un cadre environnemental strict ».
« Le projet répond à plusieurs enjeux d'intérêt général : la reconversion d'une friche industrialo-portuaire à la pointe du Médoc, la création de 250 emplois directs et la production sur le territoire national du poisson le plus consommé par les Français, et actuellement importé à 99 %. »
L'installation, répartie sur 14 hectares d'une ancienne friche industrialo-portuaire, représente un investissement de 280 millions d'euros. Pure Salmon, soutenu par un fonds d'investissement singapourien, porte ce projet depuis 2022. L'entreprise annonce un objectif de production de 10 000 tonnes par an, réparties dans une vingtaine de bassins avec une densité allant jusqu'à 70 kg de poisson par mètre cube et environ 6 500 mètres cubes d'eau, soit près de trois piscines olympiques.
Justification économique et chiffres de l'emploi
Le communiqué de la préfecture souligne l'importance économique et industrielle du projet pour la région. L'aquaculture marine française n'a produit que 5 807 tonnes de poissons toutes espèces confondues en 2024, selon les données de l'Ifremer citées par AGI. La ferme girondine vise à elle seule à presque doubler ce total avec la production de saumon. Pure Salmon note que la production norvégienne atteint 12 000 tonnes par an, ce qui place l'installation française parmi les plus grandes d'Europe, même si elle n'égale pas tout à fait la production nordique.
Les projections d'emploi diffèrent selon les sources. La préfecture et la plupart des médias français citent 250 emplois directs, tandis que Pure Salmon et certains rapports mentionnent 400 postes couvrant à la fois les phases de construction et d'exploitation. Le site, à la pointe de la presqu'île du Médoc, représente une reconversion de friche sur des terrains industrialo-portuaires.
« Notre technologie éprouvée garantit un impact maîtrisé sur la biodiversité. Le bien-être animal est au cœur du projet. »
Garanties environnementales et suivi
L'autorisation environnementale impose des exigences couvrant la qualité de l'air, la protection des ressources en eau, la préservation de la biodiversité, et la gestion des rejets, des déchets, du bruit et des odeurs. Une commission de suivi réunissant les services de l'État, les collectivités locales et les associations environnementales veillera au respect des prescriptions. L'exploitation se fera par étapes, chaque phase étant conditionnée aux résultats du suivi environnemental.
La technologie utilise un système d'aquaculture en circuit fermé (RAS), que la préfecture décrit comme adopté par un nombre croissant de pays producteurs de poissons et reconnu comme le plus efficace en termes de volumes d'eau nécessaires. Les systèmes en boucle fermée recyclent l'eau et, selon les promoteurs, limitent l'impact environnemental par rapport aux fermes marines traditionnelles en contrôlant la qualité de l'eau et en réduisant le risque de pollution ou de propagation de maladies dans le milieu naturel.
Opposition des habitants, des scientifiques et des ONG
L'autorisation intervient après une opposition soutenue. Une commission d'enquête publique a rendu un avis favorable le 24 mars 2026, mais avec des réserves et plusieurs recommandations. Le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) a donné son avis favorable début juillet. Malgré ces avis favorables, 27 ONG ont signé un Appel pour l'océan dénonçant le projet comme « complètement démesuré », avertissant des menaces sur le plus grand et le plus sauvage écosystème estuarien d'Europe, avec des rejets de boues nuisant à la pêche et à la conchyliculture.
Une proposition de loi soutenue par une centaine de députés, déposée en mars 2025 mais jamais inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, demande un moratoire de dix ans sur les fermes salmonicoles industrielles. Les organisations environnementales examinent désormais les voies de recours juridiques pour contester l'arrêté préfectoral devant les tribunaux, selon Mediafax.
La suite
Le début des travaux sur le site de 14 hectares est attendu à partir de 2027. Pure Salmon procédera conformément aux obligations de montée en charge progressive et de suivi continu prévues par l'autorisation. La décision est suivie de près par le secteur européen de l'aquaculture, où le projet girondin pourrait servir de modèle pour les fermes piscicoles terrestres à grande échelle. Une expansion soutenue de la capacité de production européenne, notent des analystes cités par Mediafax, pourrait influencer la disponibilité et les prix sur le marché de l'UE à moyen terme.
L'arrêté préfectoral conclut un long processus d'examen au cours duquel le projet a été étudié par tous les services et organismes compétents, enrichi pour mieux répondre aux enjeux environnementaux, et soumis à la consultation du public. Les opposants soutiennent toutefois qu'ouvrir la porte à une aquaculture industrielle de cette ampleur invite toute une filière à s'installer sur des écosystèmes estuariens fragiles.
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Sources et contexte
- AGIFrancia costruirà un maxi allevamento di salmoni
- LesEchos.frEn Gironde, une méga ferme à saumons autorisée à s'implanter malgré des oppositions
- Ouest FranceMégaferme de saumons en Gironde : la préfecture donne son feu vert à un projet inédit et controversé
- RTBFFrance : feu vert pour un projet de mégaferme à saumons dans l'estuaire de la Gironde, une première dans l'Hexagone - RTBF Actus
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