
Trump traite Netanyahou de « complètement fou » pour l'escalade au Liban, puis négocie une trêve fragile
Un coup de téléphone furieux entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu a révélé un fossé grandissant sur la campagne militaire israélienne au Liban, alors même que le président américain annonçait un accord de cessez-le-feu de dernière minute avec le Hezbollah.
Un appel téléphonique tempétueux
L'alliance de longue date entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu a viré à l'acrimonie ouverte lundi, selon plusieurs sources citées par Axios. Au cours d'une conversation téléphonique, le président américain a accusé le Premier ministre israélien d'ingratitude et d'imprudence face à l'escalade de l'offensive au Liban.
Vous êtes complètement fou. Sans moi, vous seriez en prison. Je vous sauve la mise. Tout le monde vous déteste. Tout le monde déteste Israël à cause de cela.
Trump était, selon les rapports, conscient que le Hezbollah avait attaqué Israël et qu'Israël avait le droit de se défendre, mais estimait que Netanyahou avait escaladé de manière disproportionnée ces derniers jours. Une source a confié à Axios que le président était troublé par le nombre de victimes civiles au Liban et par le fait qu'Israël démolisse des bâtiments pour éliminer des commandants isolés du Hezbollah.
Pourquoi la colère de Trump a débordé
Le déclencheur immédiat de la fureur de Trump était la menace que les opérations élargies de Netanyahou faisaient peser sur la voie diplomatique parallèle de l'administration américaine avec l'Iran. Téhéran avait plus tôt averti qu'il suspendrait ses propres négociations de paix avec Washington en représailles aux frappes israéliennes sur le territoire libanais.
Je lui ai demandé de ne pas lancer un raid de grande envergure sur Beyrouth, et il a accepté de faire reculer ses troupes.
Trump a confirmé sur Truth Social que les pourparlers avec la République islamique d'Iran se poursuivaient « à un rythme rapide ». La sortie du président faisait également référence à son soutien passé à Netanyahou lors de l'inculpation du dirigeant israélien en 2019 pour corruption, fraude et abus de confiance, que Trump avait précédemment dénoncée comme une chasse aux sorcières politique.
Le champ de bataille : la plus profonde incursion israélienne depuis 2000
Malgré l'agitation diplomatique, les combats ont continué pendant la nuit. L'armée israélienne a annoncé avoir intercepté deux projectiles entrant sur son territoire depuis le Liban, tandis qu'une cible aérienne suspecte a atterri du côté israélien de la frontière sans faire de blessés. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des cibles israéliennes dans le sud du Liban.
L'armée israélienne mène son incursion militaire la plus profonde au Liban depuis son retrait en 2000 après 18 ans d'occupation. Elle avait menacé de frapper le Hezbollah dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth, provoquant un exode massif des habitants. Le Premier ministre Netanyahou a invoqué les violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah et les attaques contre Israël pour justifier cette action.
Un cessez-le-feu négocié dans le chaos
Dans un revirement diplomatique spectaculaire, Trump a annoncé qu'Israël et le Hezbollah avaient accepté de cesser leurs attaques. La présidence libanaise a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine selon laquelle les frappes israéliennes sur Dahiyeh, la périphérie sud de Beyrouth, cesseraient en échange de l'engagement du Hezbollah à ne pas lancer d'attaques contre Israël.
Les négociations sont la seule manière de mettre fin à la guerre.
Le président libanais a dénoncé ce qu'il a appelé une « agression féroce » de la part d'Israël. Un quatrième cycle de pourparlers indirects entre émissaires israéliens et libanais, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, était prévu mardi et mercredi à Washington. Le Hezbollah s'oppose à ces négociations.
Calme fragile et menaces ouvertes
Trump a adopté un ton prudent sur son réseau social : « Voyons combien de temps cela tient, j'espère POUR TOUJOURS. » Netanyahou a cependant prévenu sur les réseaux sociaux qu'Israël reprendrait son offensive à Beyrouth s'il recevait une quelconque attaque du groupe chiite. Les Gardiens de la révolution iraniens avaient plus tôt menacé d'ouvrir de nouveaux fronts dans la guerre et de frapper à nouveau les pays du Golfe.
- Trump et Netanyahou ont un appel téléphonique houleux ; Trump traite Netanyahou de « complètement fou » pour l'escalade au Liban.
- L'Iran menace de suspendre les négociations de paix avec les États-Unis en représailles aux frappes israéliennes sur le Liban.
- Trump annonce sur Truth Social qu'Israël et le Hezbollah ont accepté un cessez-le-feu.
- La présidence libanaise confirme que le Hezbollah a accepté une proposition américaine pour cesser les attaques en échange de la fin des frappes israéliennes sur Dahiyeh.
- Un quatrième cycle de négociations indirectes entre Israël et le Liban doit commencer à Washington.
Cet épisode marque la rupture la plus publique dans la relation Trump-Netanyahou depuis que les deux dirigeants ont aligné leurs objectifs de guerre contre l'Iran, révélant une divergence croissante entre les priorités diplomatiques de Washington et la stratégie militaire israélienne.


