
Un expert psychiatre conclut à la pleine responsabilité pénale de Gina H. au procès du meurtre de Fabian
Le psychiatre médico-légal Peter Keiper a déclaré au tribunal régional de Rostock que la prévenue de 30 ans est capable de reconnaître le caractère illicite de ses actes et de les contrôler, malgré un trouble de la personnalité borderline et un QI de 76.
Conclusions de l'expert
Peter Keiper, psychiatre médico-légal à l'Universitätsmedizin Rostock, a présenté son rapport lors de la 32e journée d'audience au tribunal régional de Rostock, jeudi. Il a diagnostiqué chez Gina H. un trouble de la personnalité émotionnellement instable de type borderline, avec des traits psychopathiques, et a relevé un QI de 76. Il a qualifié ce trouble d'une gravité tout au plus modérée et a indiqué que ni le trouble de la personnalité ni l'intelligence réduite n'ont le caractère d'une maladie. Au moment des faits présumés, le 10 octobre 2025, Keiper n'a constaté aucune restriction de sa responsabilité pénale, de sa capacité à comprendre l'illicéité de ses actes ni de sa capacité à les contrôler.
L'acte possible n'est pas un symptôme d'un trouble.
Le rapport de Keiper s'appuie sur cinq entretiens avec Gina H. à la prison de Bützow, certains en présence d'un psychologue qu'il avait fait venir, ainsi que sur l'examen de dossiers de traitement antérieurs. Il l'a décrite comme coopérative, amicale et ouverte, et a indiqué qu'elle rejetait les accusations tout au long. Chaque entretien commençait par sa question de savoir pourquoi elle était en détention, et elle répondait qu'elle était supposément accusée d'avoir tué quelqu'un. Keiper n'a relevé aucun signe de psychose.
Émotions et personnalité
Selon Bild, Gina H. a pleuré deux fois pendant les entretiens, une fois au sujet de son cheval mort Tiffy et une fois au sujet de son fils biologique. Le Berliner Zeitung a rapporté qu'elle ne montrait des émotions que sur les thèmes de ses chevaux et de son fils, et restait émotionnellement plate et fermée avec défiance dès qu'il était question de Fabian. Keiper l'a décrite comme dominante, contrôlante et manipulatrice. Sur une échelle de psychopathie, elle a obtenu 22 points sur 40, en dessous du seuil de 25 qu'il a cité. Il a souligné que les traits psychopathiques ne sont pas une maladie mais des « caractéristiques criminologiques ».
- Score de Gina H. à l'échelle
- 22 points (sur 40)
- Seuil cité par Keiper
- 25 points (sur 40)
Tout tourne autour de l'égocentrisme de Mme H.
Mobile possible
Keiper a avancé la relation avec le père de Fabian, Matthias R., comme explication possible de l'acte présumé. Gina H. a vécu la séparation comme une menace pour son existence, et Keiper a émis l'hypothèse d'une vengeance punitive contre le père par l'instrumentalisation de l'enfant, qu'il a reliée au « phénomène de Médée » de la mythologie grecque. Il a résumé le mobile comme un « conglomérat d'égocentrisme, de jalousie et de vengeance ». L'accusation voit le mobile dans sa relation avec le père de Fabian, et elle a rejeté les accusations à plusieurs reprises.
Contexte de l'affaire
Selon l'acte d'accusation, le 10 octobre 2025, Gina H. a poignardé Fabian, âgé de huit ans, près d'un étang proche de Klein Upahl, à environ 15 kilomètres de Güstrow, avant d'incendier le corps. Le procès a commencé le 28 avril. Gina H. a déclaré à Bild qu'elle souffre de plusieurs maladies mentales, et sa psychologue a diagnostiqué un trouble dépressif récurrent et un trouble de la personnalité borderline. Bild a rapporté que la défense ne s'attend pas à ce que le tribunal retienne une responsabilité pénale atténuée ou l'irresponsabilité.
Prochaines étapes
Selon la dpa, l'administration de la preuve devrait se conclure après le rapport d'expertise, avec les plaidoiries de l'accusation et de la défense les 29 et 30 octobre. Un verdict pourrait suivre le 10 novembre. Le rapport ne tranche pas la culpabilité, la prévenue niant avoir tué Fabian, et le tribunal devra en décider après avoir pesé l'ensemble des éléments.
- Selon l'accusation, Gina H. a poignardé Fabian près de Klein Upahl
- Ouverture du procès
- Keiper présente son rapport d'expertise lors de la 32e journée d'audience
- Plaidoiries de l'accusation et de la défense prévues
- Deuxième journée de plaidoiries prévue
- Un verdict pourrait suivre

