
Des voitures de location utilisées par des soldats norvégiens ont enregistré les visages des militaires et les codes d'accès aux bases
Des voitures de location utilisées par des soldats norvégiens lors d'un exercice en septembre près d'Oslo ont enregistré des vidéos des militaires, de leurs itinéraires et des codes qu'ils ont saisis aux portails des installations militaires, rapporte Dagens Næringsliv. Au moins deux de ces voitures étaient des véhicules électriques Deepal du constructeur chinois Changan.
La découverte
Les soldats participant à l'exercice Hovedstad près d'Oslo, qui s'est tenu du 14 au 18 septembre 2026, ont découvert par hasard que les voitures de location qu'ils utilisaient enregistraient leur activité. Dagens Næringsliv (DN) a révélé l'incident, confirmé par deux autres sources indépendantes selon le journal. L'exercice mobilisait environ 5 000 membres de la Garde nationale norvégienne, qui ont simulé la défense du Parlement, des bâtiments gouvernementaux et de l'aéroport d'Oslo-Gardermoen. La Garde nationale est la réserve territoriale norvégienne, chargée de sécuriser les infrastructures essentielles en cas d'urgence. En raison d'une pénurie de véhicules de remplacement, les voitures sont restées en service jusqu'à la fin de l'exercice, même après la découverte des enregistrements.
- La Pologne interdit les véhicules de fabrication chinoise dans les sites militaires protégés
- Début de l'exercice Hovedstad près d'Oslo
- Dernier jour de l'exercice Hovedstad, qui s'est déroulé à partir du 14 septembre
Ce que les voitures ont enregistré
Selon le journal, les enregistrements montraient qui montait dans les voitures et en descendait, où elles roulaient, qui elles prenaient en charge et combien de temps elles restaient à chaque endroit. Le lieutenant Fredrik Blanck, interrogé par DN, a décrit les images en ces termes :
Les enregistrements ont capté qui montait dans les voitures et en descendait, où elles roulaient, qui elles prenaient en charge et combien de temps elles restaient à différents endroits. Il y avait même les codes que nous saisissions pour ouvrir les portails et les portes des installations militaires.
Blanck a ajouté une mise en garde sur la destination possible de ces données :
Nous n'avons aucune vue d'ensemble sur l'endroit où ces données aboutissent. Nous ne savons pas si elles sont stockées uniquement en local, ni ce qu'il en advient après la fin de l'exercice.
Il a qualifié les implications sécuritaires d'effrayantes. Les enregistrements auraient été supprimés après l'exercice, mais il reste impossible de savoir si des données sensibles ont atteint des serveurs distants pendant que les voitures étaient utilisées. Des rapports indiquent également que les enregistrements ont capté les visages des soldats.
Loueur et actionnariat
Les rapports citent différents loueurs. Des médias tchèques et italiens nomment Hertz, qu'ils présentent comme appartenant à Volvo Cars, tandis que 20 Minutes et Focus nomment First Rent A Car Norway, 20 Minutes le rattachant au groupe Geely et Focus à Volvo Cars. Volvo Cars est détenu majoritairement, via Geely, par Zhejiang Geely Holding Group, et wpolityce.pl évalue la participation du groupe Geely à environ 78,65 %. Volvo Cars a rejeté l'idée qu'une propriété chinoise crée un risque de sécurité. L'entreprise affirme que les données ont été supprimées et qu'elle ne peut pas partager de données avec sa maison mère Geely sans base légale. Le loueur affirme respecter le droit norvégien et européen, et aucun transfert de données vers la Chine n'a été établi, bien qu'il ait été constaté que les voitures stockaient des vidéos.
Réaction officielle
Les forces armées norvégiennes ont refusé de commenter l'incident lui-même. Le porte-parole de presse Aleksander Engborg Hage a déclaré à Focus qu'il n'existe pas d'interdiction générale des véhicules de pays particuliers, même si des restrictions locales restent possibles. Selon 20 Minutes, l'incident fait l'objet d'une enquête interne. Le service de renseignement intérieur norvégien écrivait dans son évaluation des menaces pour 2026 que les services de renseignement chinois avaient étendu leurs capacités en Norvège, notamment dans le cyberespace et par des sources humaines.
La Pologne et d'autres armées
La Pologne a interdit les véhicules de fabrication chinoise dans les sites militaires protégés le 17 février 2026, selon wpolityce.pl, qui indique que la décision a été prise par le général Wiesław Kukuła, chef d'état-major général. La restriction invoquait le risque que les caméras, capteurs embarqués, récepteurs GPS et modules de communication collectent des données, et visait des marques dont MG, BYD, Omoda, BAIC, Voyah et Hongqi. Il Fatto Quotidiano rapporte que des officiers polonais ont également interdit aux soldats de connecter leurs téléphones aux voitures chinoises. Focus rapporte que les forces armées israéliennes ont interdit les véhicules chinois dans les bases militaires en août 2025, puis retiré les voitures de service de cette origine.


