La France propose des prêts à taux zéro aux agriculteurs touchés par la sécheresse, les syndicats jugeant l'aide insuffisante
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la mesure jeudi au Sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne. L'État paierait les intérêts de prêts que les banques accordent déjà à environ 2,5 %, un dispositif qui dépend toutefois du budget 2027.
Plan d'urgence et critiques syndicales
En septembre, le gouvernement a annoncé un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros pour les agriculteurs touchés par la sécheresse et les canicules. Les syndicats l'ont jugé insuffisant, et le budget initial ne comportait pas de plan de relance, que le gouvernement a promis d'ajouter par amendements lors du débat parlementaire. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a fait son annonce le jeudi 8 octobre au Sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne, dans le Puy-de-Dôme, où les éleveurs se réunissaient depuis mardi. La visite est intervenue en pleine nouvelle crise sociale portée par les lycéens, et l'État craignait que les agriculteurs ne rejoignent les protestations.
- Le gouvernement annonce un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros
- Les éleveurs commencent à se réunir au sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne
- Genevard annonce des prêts à taux zéro et d'autres mesures au sommet
Intervenant devant les agriculteurs au sommet, Genevard a déclaré que le plan d'urgence n'était pas le dernier mot sur la question.
Ce plan n'était pas un règlement définitif de tous les comptes.
Prêts à taux zéro et budget 2027
La principale mesure porte sur des prêts à taux zéro pour les agriculteurs touchés par la sécheresse, destinés à reconstituer leur trésorerie et à financer le fourrage et les intrants. Ces prêts pourraient couvrir un encours de deux milliards d'euros. Plusieurs banques proposent déjà des prêts de trésorerie sécheresse à un taux réduit de 2,5 %, et l'État paierait les intérêts restants afin que les prêts soient à taux zéro pour les agriculteurs. La mesure sera présentée sous forme d'amendement au projet de budget 2027, en cours d'examen au Parlement et incertain faute de majorité. Genevard a indiqué que les premiers prêts pourraient être accordés en 2026, mais son entourage reconnaît que les demandes doivent être déposées rapidement et que la plupart des prêts porteront sur 2027. La FNSEA avait estimé le coût pour l'État à 50 millions d'euros et demandé une action immédiate, plusieurs banques ayant déjà accepté de réduire leurs taux.
Fonds de réserve, jeunes agriculteurs et assurance
Genevard a également annoncé la libération d'une réserve de 21 millions d'euros issue du fonds de réinstallation, qui fait partie d'une enveloppe de 235 millions d'euros détenue par les préfets pour soutenir les agriculteurs les plus touchés. Selon SudOuest, ces fonds avaient été mis de côté et ne s'ajoutent pas à l'enveloppe, distribuée depuis le début du mois.
- Encours de prêts que la mesure à taux zéro pourrait couvrir
- 2000 millions d'euros
- Enveloppe détenue par les préfets
- 235 millions d'euros
- Réserve libérée du fonds de réinstallation
- 21 millions d'euros
- Estimation du coût pour l'État selon la FNSEA
- 50 millions d'euros
Un programme destiné aux jeunes agriculteurs récemment installés a aussi été annoncé, portant sur le rééchelonnement de leurs prêts. La FNSEA et Jeunes Agriculteurs avaient demandé ces mesures. La principale revendication des éleveurs concernait toutefois l'assurance récolte, censée compenser la perte de prairies qui ont à peine poussé depuis le printemps faute de pluie. Ce déficit oblige les agriculteurs à puiser dans les stocks de fourrage qu'ils avaient mis de côté pour l'hiver.
Réactions syndicales
Jocelyn Dubost, président de Jeunes Agriculteurs, a accueilli le paquet de mesures avec prudence. Il a décrit les mesures en ces termes :
Ces mesures vont dans la bonne direction.
Dubost a indiqué qu'il envisageait de recourir à l'un de ces prêts pour passer ce qu'il a qualifié d'année catastrophique pour ses cultures. Il a ajouté que le paquet ne réglait pas tout, évoquant les prochains débats sur le budget français 2027 et sur le budget de la politique agricole commune de l'UE. Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA, a insisté sur la nécessité de tenir compte du calendrier d'approvisionnement en aliment du bétail cet hiver, afin que les agriculteurs ne soient pas contraints d'envoyer leur cheptel à l'abattoir.


