Une expédition débarque sur Nikumaroro pour vérifier une possible épave de l'avion d'Amelia Earhart
Une équipe de 17 chercheurs a atteint lundi 12 octobre l'atoll inhabité de Nikumaroro, dans le Pacifique, pour examiner un objet immergé qui pourrait être le Lockheed Electra d'Amelia Earhart. D'autres spécialistes estiment qu'un arbre tombé dans le lagon constitue l'explication la plus probable.
L'expédition arrive
Une équipe de l'Archaeological Legacy Institute et de l'université Purdue a atteint Nikumaroro, un atoll inhabité du Pacifique appartenant aux Kiribati, lundi 12 octobre. Les 17 chercheurs ont voyagé à bord du navire Marin Mainiku, qui est arrivé du côté ouest de l'île après une traversée de cinq jours et 830 milles marins depuis Tarawa, la capitale des Kiribati. L'expédition est dirigée par Rick Pettigrew, à la tête de l'Archaeological Legacy Institute, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis. Le projet a été financé avec l'aide de l'université Purdue, dans l'Indiana, où Earhart a travaillé comme enseignante.
Pettigrew a décrit la mission dans un billet de blog lundi.
C'est extrêmement gratifiant d'être aussi près d'achever notre inspection de l'objet Taraia et de résoudre peut-être, enfin, l'énigme de la disparition d'Amelia Earhart et de Fred Noonan il y a plus de 89 ans.
L'objet Taraia
Les recherches se concentrent sur une forme allongée appelée objet Taraia, repérée pour la première fois dans une image satellite de 2020 en bordure d'un lagon au large de Nikumaroro. L'expédition affirme que l'objet est également visible sur des photographies aériennes prises en 1938, un an après la disparition d'Earhart, et que d'autres images aériennes suggèrent une possible réflexion métallique. Certains pensent que l'objet est l'épave de son avion, d'autres doutent qu'il s'agisse d'un aéronef. Aucune preuve n'atteste encore que les restes appartiennent à un avion, et d'autres spécialistes estiment que la structure est plus probablement un arbre tombé.
La disparition de 1937
Earhart, alors âgée de 39 ans, a disparu en 1937 avec son navigateur Fred Noonan, alors qu'elle tentait de faire le tour du monde sur un itinéraire proche de l'équateur. Elle avait déjà acquis une renommée internationale pour ses records, notamment en devenant la première femme à traverser l'Atlantique en solitaire et sans escale. Alors que l'avion manquait de carburant, le duo se dirigeait vers l'île Howland, à environ 640 kilomètres au nord de Nikumaroro. Une théorie veut qu'ils aient atteint Nikumaroro et y aient effectué un atterrissage d'urgence plutôt que de tomber dans l'océan.
Conditions et travaux à venir
Les crabes de cocotier, aussi appelés crabes voleurs, sortent la nuit pour chasser de petits mammifères et des oiseaux marins, aussi l'équipage dormira-t-il à bord de son navire par précaution. Le phénomène climatique El Niño, que la BBC décrit comme le plus intense jamais enregistré, pourrait également gêner les travaux. Il s'agit du premier voyage autorisé à Nikumaroro en sept ans, et de la première visite dans la péninsule de Taraia depuis plus de 15 ans, selon Purdue. Les travaux devraient durer cinq jours.
- L'équipe arrive à Nikumaroro et le navire atteint le côté ouest de l'île
- L'équipage prévoit de franchir la brèche du récif ouverte en 1963 pour préparer le débarquement
- Les recherches se déplacent vers la péninsule de Taraia pour y chercher des indices, notamment des métaux magnétiques
Mardi 13 octobre, l'équipage prévoit de franchir une étroite brèche dans le récif que les Britanniques ont fait sauter en 1963, la dernière année où l'île a été habitée, afin de préparer le débarquement. La première journée à terre sera consacrée au transport du matériel, au défrichage de la végétation et à la mise en place des opérations, et un groupe ouvrira un sentier à travers la jungle. Mercredi 14 octobre, les recherches se déplaceront vers la péninsule de Taraia pour y chercher des indices, notamment des métaux magnétiques. La dernière étape consiste à draguer les sédiments afin que l'équipe puisse inspecter l'objet visuellement.


