
La cour d'appel de Rome confirme les peines de prison des dirigeants d'extrême droite pour l'assaut contre un syndicat en 2021
La cour d'appel de Rome a confirmé des peines de plus de huit ans de prison pour sept prévenus, dont les dirigeants de Forza Nuova Roberto Fiore et Giuliano Castellino, pour le saccage du siège de la CGIL en octobre 2021.
Décision de la cour d'appel
Les juges de la première section de la cour d'appel de Rome ont rejeté mercredi 7 octobre 2026 tous les recours de la défense et confirmé les sept condamnations de première instance pour l'assaut contre le siège national de la Confédération générale italienne du travail (CGIL). La décision a entièrement fait droit aux réquisitions du procureur général Francesco Scavo, qui avait demandé la confirmation des peines lors des audiences de janvier 2026. La cour a estimé que la qualification juridique et les sanctions d'origine restaient pleinement valables pour les sept personnes jugées dans la procédure principale. Les prévenus ont été condamnés à des chefs d'accusation variables : dévastation aggravée en réunion, résistance aggravée à un agent public et incitation à commettre un délit.
Peines de prison pour les dirigeants d'extrême droite
Les juges d'appel ont confirmé une peine de huit ans et sept mois de prison pour Giuliano Castellino, dirigeant romain du parti d'extrême droite Forza Nuova. Roberto Fiore, dirigeant national de Forza Nuova, et Luigi Aronica, ancien membre du groupe militant néofasciste Nuclei Armati Rivoluzionari (NAR), ont vu leurs peines de huit ans et six mois confirmées. La cour a également confirmé des peines de huit ans et deux mois chacune pour Luca Castellini, Salvatore Lubrano, Lorenzo Franceschi et Pamela Testa. Fiore, Castellino et Aronica ont été spécifiquement condamnés pour incitation à commettre un délit, en plus de la dévastation et de la résistance aux forces de l'ordre.
Fiore a livré des déclarations spontanées à l'ouverture de l'audience, avant que les juges ne se retirent pour délibérer :
Il y a eu une incroyable campagne de presse autour de ce procès à laquelle il n'a pas été possible de répondre. L'atmosphère est chargée, de ceux qui veulent donner une lecture spécifique à ce procès.
Fiore, accompagné à l'audience par ses enfants, n'a pas fait d'autre déclaration après l'annonce du verdict. Aronica n'était pas présent à l'audience.
L'assaut de 2021 contre les locaux syndicaux
Les condamnations découlent d'une manifestation contre le passe sanitaire tenue le 9 octobre 2021 à Rome, où plus de 10 000 personnes s'étaient rassemblées piazza del Popolo. La foule protestait contre l'obligation du certificat Green Pass mise en place par le gouvernement du Premier ministre Mario Draghi, qui exigeait des travailleurs qu'ils présentent une preuve de vaccination contre la Covid-19 ou un test négatif récent pour accéder à leur lieu de travail. Le rassemblement comprenait des membres de Forza Nuova, du collectif du secteur de l'hôtellerie Io apro et de petites factions de la gauche radicale.
La manifestation s'est ensuite scindée en plusieurs groupes distincts dans la capitale italienne. Tandis qu'une partie marchait vers les bâtiments gouvernementaux et affrontait les forces de l'ordre, un autre contingent se dirigeait directement vers les bureaux de la CGIL, corso d'Italia. La foule a forcé l'entrée du bâtiment et saccagé le rez-de-chaussée, accusant les dirigeants syndicaux de complicité avec les obligations sanitaires gouvernementales et de ne pas défendre les droits des travailleurs.
- Des manifestants saccagent le siège de la CGIL lors d'une manifestation contre le Green Pass à Rome
- Le tribunal de première instance condamne sept prévenus à des peines de prison de plus de huit ans
- Le procureur général Francesco Scavo demande la confirmation de toutes les peines de première instance
- La cour d'appel de Rome confirme les sept condamnations et les peines de prison dans leur intégralité
Éléments de preuve et chronologie de la procédure
L'affaire judiciaire contre les sept prévenus a été établie à partir d'enregistrements vidéo de la police ainsi que d'images et de séquences filmées et publiées sur les réseaux sociaux par les participants lors de l'incursion. L'enquête pénale initiale a été menée par la procureure Gianfederica Dito, devenue par la suite procureure en chef à Arezzo. En décembre 2023, le tribunal de première instance a prononcé les peines initiales, allant de huit ans et deux mois à huit ans et sept mois de prison. L'arrêt d'appel clôt la phase de deuxième instance de la procédure, maintenant intégralement les peines d'emprisonnement.

