
Bahçeli affirme que la Grèce ne peut se sentir en sécurité quelles que soient les alliances qu'elle noue, citant ses liens avec Israël
Devlet Bahçeli, dirigeant du Parti d'action nationaliste (MHP) et partenaire de coalition de Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré devant son groupe parlementaire que la Grèce ne peut se sentir en sécurité quelles que soient les alliances qu'elle noue, les accords qu'elle signe ou les armes qu'elle acquiert. Il s'en est également pris à l'interconnexion électrique prévue entre la Grèce, Chypre et Israël et à la coopération de défense d'Athènes avec Israël.
Le discours au Parlement
Mardi 13 octobre, Devlet Bahçeli s'est adressé au groupe parlementaire de son parti, le Parti d'action nationaliste (MHP), partenaire de coalition de Recep Tayyip Erdoğan. Intervenant avant le débat au Parlement turc sur l'accord de La Mecque, il a déclaré que la Grèce ne peut se sentir en sécurité tant qu'elle ne reconnaît pas les droits de la Turquie et la souveraineté de l'État chypriote turc. Selon lui, cela vaut quelles que soient les alliances que la Grèce noue, les accords qu'elle signe et les systèmes d'armes qu'elle acquiert. L'accord de La Mecque, que les sources présentent comme un pacte d'assistance mutuelle entre la Turquie, l'Arabie saoudite et le Pakistan, devait être examiné ce jour-là en séance plénière.
Israël et le lien chypriote
Bahçeli a soutenu que le gouvernement grec croit à tort qu'un rapprochement avec Israël le rendra plus fort et plus sûr. Il a affirmé qu'Israël ne serait pas en mesure de protéger la Grèce si la Turquie contestait ce qu'il a décrit comme des violations de ses droits dans les zones maritimes. Il a déclaré que l'interconnexion électrique prévue entre la Grèce, Chypre et Israël avait ravivé les différends sur les zones maritimes. Il a cité le soutien au projet exprimé par le secrétaire d'État américain, ainsi que les efforts d'Athènes pour reprendre les études des fonds marins, comme preuve que la question avait une dimension internationale. Il a averti qu'Athènes commettrait une grave erreur en pensant pouvoir contourner les objections d'Ankara en obtenant le soutien de pays tiers, la Turquie estimant qu'une coordination préalable est nécessaire sur le tracé du câble.
Armements, voisins et Houthis
Bahçeli s'est aussi exprimé sur les achats d'armes de la Grèce, déclarant que si la Grèce s'armait pour intimider la Turquie, aucune force ne pourrait intimider la Turquie. Il a dit à la Grèce qu'une paix durable dans la région passait par la construction de relations amicales avec ses voisins. Revenant à l'accord de La Mecque, il a exhorté le gouvernement turc à fournir une assistance militaire à Riyad, sous le feu des Houthis. Il a également évoqué les attaques houthies contre l'Arabie saoudite et la politique israélienne au Moyen-Orient. Dans une référence indirecte à la catastrophe d'Asie Mineure, il a déclaré que la Grèce devait tirer les leçons de l'histoire.
Autres remarques
Bahçeli s'est dit certain que le processus vers une « Turquie sans terrorisme » irait à son terme malgré les réactions qu'il suscite. Il a affirmé que la Turquie fait face à des efforts visant à l'affaiblir. Ses propos ont été tenus lors de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du MHP, selon les sources.


