
La Cour de justice de l'UE se prononcera le 16 juillet sur la loi d'amnistie espagnole pour les dirigeants indépendantistes catalans
La Cour de justice de l'Union européenne rendra son jugement très attendu sur la loi d'amnistie espagnole pour les séparatistes catalans, décidant si la mesure est compatible avec le droit de l'UE. L'arrêt du 16 juillet répondra aux questions sur le détournement de fonds publics et les accusations de terrorisme.
La date de l'arrêt
La grande chambre de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) rendra son arrêt le 16 juillet 2026, a confirmé la Cour jeudi. La décision intervient exactement un an après les audiences orales tenues sur les renvois préjudiciels soumis par deux juridictions espagnoles. La Cour basée au Luxembourg doit déterminer si la loi organique d'amnistie, qui vise à gracier les crimes liés au processus indépendantiste catalan, est conforme au droit de l'Union européenne.
Deux questions clés
La CJUE répondra à deux séries de questions préjudicielles. La première, soulevée par la Cour des comptes espagnole, concerne la responsabilité comptable de l'ancien président catalan Carles Puigdemont et d'autres responsables pour des fonds publics prétendument utilisés pour financer le référendum illégal d'indépendance du 1er octobre 2017 et la promotion extérieure du soi-disant procés. La seconde, envoyée par l'Audience nationale, demande si l'application de l'amnistie à douze membres des Comités de défense de la République (CDR), accusés de terrorisme dans le cadre de l'opération « Judas », violerait la législation antiterroriste de l'UE.
Avis de l'avocat général
En novembre 2025, l'avocat général Dean Spielmann a rendu un avis non contraignant largement favorable à la loi. Il a soutenu qu'elle ne nuit pas aux intérêts financiers de l'UE et n'entre pas en conflit avec la directive antiterroriste du bloc.
Aucun lien direct ne peut être établi entre les dépenses du procés et les comptes de l'UE.
Spielmann a également rejeté l'idée que la loi constitue une « auto-amnistie », affirmant que son objectif est de répondre à une situation exceptionnelle avec le but déclaré de normalisation institutionnelle et de réconciliation, plutôt que de protéger un régime politique d'un contrôle judiciaire. Bien que ses vues ne soient pas contraignantes, elles sont généralement prises en haute considération par les juges luxembourgeois.
Impact sur Puigdemont et la Cour constitutionnelle
L'arrêt de la CJUE devrait façonner les procédures parallèles devant la Cour constitutionnelle espagnole, où Puigdemont a formé un recours contre le refus de la Cour suprême d'amnistier sa condamnation pour détournement de fonds. Un arrêt favorable à Luxembourg ouvrirait probablement la voie à la Cour constitutionnelle pour lever les mandats d'arrêt et permettre à l'ancien président de retourner en Espagne. Le parquet et le bureau de l'avocat de l'État ont déjà soumis des mémoires en faveur de l'octroi de l'amnistie.
Contexte politique et juridique
La loi d'amnistie, promue par le gouvernement de Pedro Sánchez, est entrée en vigueur le 11 juin 2024. Elle a été conçue pour tirer un trait sur les affaires pénales découlant de la poussée indépendantiste de la Catalogne en 2017 et était une pièce maîtresse de l'accord qui a assuré l'investiture de Sánchez. Cependant, elle a fait face à des contestations judiciaires persistantes. La Cour suprême a refusé de l'appliquer, invoquant une possible discrimination fondée sur l'idéologie, tandis que la Cour des comptes et l'Audience nationale, entre autres, se sont tournées vers la CJUE pour tester la compatibilité de la loi avec le droit de l'UE.
- Référendum illégal d'indépendance tenu en Catalogne, déclaré inconstitutionnel.
- La loi d'amnistie entre en vigueur, visant la « normalisation institutionnelle » en Catalogne.
- L'avocat général Spielmann publie un avis largement favorable à la loi.
- La grande chambre de la CJUE rendra son arrêt contraignant sur la loi d'amnistie.


