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Diplomatie·-3 h

Les États-Unis et l'Iran parviennent à un accord pour rouvrir Hormuz et geler le programme nucléaire après des négociations menées par le Pakistan

Après des semaines de diplomatie menée par le Pakistan, les États-Unis et l'Iran ont conclu un accord préliminaire qui rouvre le détroit d'Ormuz, suspend l'enrichissement d'uranium et déclenche une négociation de 60 jours pour un accord de paix final.

Une percée annoncée depuis Islamabad

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé le 14 juin que les négociateurs américains et iraniens avaient achevé un protocole d'accord, mettant fin à des mois de bras de fer naval et d'escalade militaire. Les deux parties ont procédé à une signature numérique le même jour, une cérémonie formelle étant prévue le 19 juin en Suisse. Cet accord couronne un effort diplomatique effréné qui, à certains moments, a semblé proche de l'effondrement.

Les deux parties ont déclaré une cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban.

Les termes du protocole d'accord

Les dispositions essentielles, confirmées par un haut responsable iranien à Reuters, comprennent la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz à tous les navires commerciaux et l'engagement des États-Unis de lever leur blocus naval des ports iraniens. La levée du blocus doit être achevée dans les 30 jours suivant la signature. L'Iran s'engage à ne pas produire ou acquérir d'armes nucléaires et à s'abstenir de tout enrichissement supplémentaire d'uranium ou d'expansion de ses installations nucléaires. Les deux pays négocieront dans un délai de 60 jours la manière de diluer les stocks existants d'uranium hautement enrichi de l'Iran, les travaux devant être effectués sur le sol iranien. Washington suspendra les sanctions pétrolières, permettant à Téhéran de vendre du pétrole brut et de générer des recettes, et libérera 25 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés par le biais de transferts directs, de coopération régionale et de lignes de crédit.

Le chemin vers le protocole d'accord États-Unis-Iran
  1. Le Premier ministre pakistanais annonce la signature numérique du protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran
  2. Cérémonie de signature formelle en Suisse
  3. Date limite pour que les États-Unis achèvent le retrait du blocus naval (30 jours après la signature)
  4. Date limite cible pour la négociation de l'accord final sur le programme nucléaire et les sanctions (fenêtre de 60 jours)

Trump se réjouit et fustige Netanyahou

Cette percée a suscité une réaction triomphante du président Donald Trump, quelques heures seulement après avoir exprimé sa colère contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou pour une frappe aérienne sur Beyrouth qui, selon lui, risquait de faire capoter l'accord. Dans un entretien avec Axios, Trump a déclaré que cette attaque manquait de discernement et n'aurait pas dû avoir lieu alors que la paix avec l'Iran était si proche.

Pourquoi a-t-il fallu qu'il fasse une putain d'attaque? J'étais furieux. Je le lui ai fait savoir. Il n'a aucun putain de discernement.

Une fois le Premier ministre pakistanais ayant confirmé l'accord, Trump a publié sur les réseaux sociaux qu'il autorisait pleinement la libre réouverture du détroit et le retrait immédiat du blocus naval américain, ajoutant : « Navires du monde, allumez vos moteurs. »

Les puissances européennes offrent un allègement des sanctions

Les dirigeants de l'Italie, de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne ont publié une déclaration commune saluant l'accord comme une occasion de restaurer la stabilité régionale et de stabiliser l'économie mondiale. Ils ont appelé à une mise en œuvre rapide, proposé de lever leurs propres sanctions si l'Iran prend des mesures claires et vérifiables sur son programme nucléaire, et se sont engagés à contribuer à garantir la liberté de navigation dans le détroit par le biais d'une mission navale défensive.

Nous sommes prêts à révoquer les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de l'Iran sur son programme nucléaire. Nous travaillerons intensément avec les États-Unis, l'Iran et les partenaires régionaux pour saisir cette opportunité.

Déclaration conjointe de l'Italie, de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne

La route à venir : 60 jours pour un accord final

Le protocole d'accord n'est pas un accord final, mais une porte d'entrée vers la deuxième phase. Les négociateurs doivent maintenant aborder les détails les plus sensibles : un calendrier pour la dilution vérifiée de l'uranium enrichi, la structure de l'allègement des sanctions, et les garanties que le cessez-le-feu tienne au Liban, où l'Iran insiste pour que le Hezbollah soit couvert par la trêve. Le délai de 60 jours est serré, et les analystes notent que toute flambée avec Israël pourrait défaire le consensus fragile. L'impatience de Trump et les antécédents de temporisation du régime ajoutent à l'incertitude, mais pour l'instant, le détroit est sur le point de rouvrir et les armes sont, sur le papier, silencieuses.

Berne · Islamabad · Washington · Téhéran

6 sources

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