Brief du matin, mercredi 23 septembre

Édition du matin, mercredi 23 septembre, 6:02.

Texte et voix de synthèse générés par l’IA. Comment ce texte est produit

Une édition des archives. Dernière édition

1Gouvernement

Trump bannit des médias et les chaînes cessent de filmer

Suite de l’édition d’hier soir.

Donald Trump a transformé une querelle médiatique en test constitutionnel lorsqu’il a révoqué les laissez-passer de la Maison-Blanche pour CNN, MSNOW et Politico, puis a vu ABC, CBS, NBC et Fox News refuser de filmer certains événements présidentiels visés, par solidarité. Le boycottage a rendu étrangement muette sa cérémonie sur l’hélisurface de la pelouse Sud, les équipes de télévision étant absentes et Marine One couvrant les déclarations du président. Les trois médias exclus ont saisi un tribunal fédéral, affirmant que l’administration les avait sanctionnés pour des reportages protégés et les avait privés d’une procédure régulière.

« Ils ne sont pas obligés de laisser entrer qui que ce soit, mais une fois qu’ils le font, ils ne peuvent pas décider qui entre en fonction d’un point de vue ou d’un contenu »

Lucy Dalglish

La Maison-Blanche a tenté de détourner l’attention vers Trump TV, un flux YouTube en continu qui diffuse en boucle des images officielles à plus de 3 millions d’abonnés, mais qui n’a attiré qu’environ 1 500 spectateurs simultanés à son lancement. Le conflit porte donc moins sur l’accès à un bâtiment que sur la question de savoir qui filtre la présidence pour le public. Le juge Timothy Kelly, qui avait bloqué une révocation similaire de laissez-passer durant le premier mandat de Trump, examinera mercredi une demande d’urgence. L’affaire définira si un président peut transformer les accréditations de presse, outil de sécurité, en test de loyauté.

D’après : Bloomberg Business, The Wall Street Journal

2IA & Tech

Trump rejette les contrôles sur l’IA tandis que les discussions avec la Chine commencent

Nouveau

L’Assemblée générale de l’ONU a vu se dérouler, en moins d’une heure, le débat mondial le plus tranché sur l’IA. António Guterres a exhorté les gouvernements à écarter les armes autonomes des décisions de vie ou de mort, citant un rapport scientifique de l’ONU sur les risques catastrophiques. Donald Trump a ensuite rejeté les garde-fous multilatéraux en les présentant comme un projet mondialiste et déclaré que l’Amérique rebaptiserait cette technologie « superintelligence ». L’affrontement est intervenu alors que le Conseil de sécurité préparait une session sur la sûreté avec OpenAI, Anthropic et des entreprises chinoises d’IA, dont Moonshot et DeepSeek.

« Décidons que les décisions de vie ou de mort ne doivent jamais être abandonnées aux machines. Les robots tueurs ne doivent avoir aucune place dans notre avenir. »

António Guterres
Inquiétude du public américain face à l’IA% des répondants
  • Craignent que les entreprises n’en aient pas assez fait73
  • Favorables au ralentissement du développement55
  • Voient l’IA négativement39

La ligne américaine n’est pas aussi détendue que le ton du président le laissait penser. Un sondage Reuters/Ipsos a révélé que 73 % des Américains craignent que les entreprises d’IA n’en aient pas fait assez pour prévenir des dommages graves, tandis que 55 % sont favorables à un ralentissement du développement. Trump a proposé un groupe de travail consacré à l’IA et un tsar de l’IA, mais la Chambre est en congé jusqu’en novembre. Pendant ce temps, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le vice-Premier ministre chinois He Lifeng sont convenus à New York de créer un dialogue officiel sur l’IA assorti de notifications réciproques, avant un sommet Trump-Xi Jinping à Washington. Le paradoxe est manifeste : Washington rejette les règles mondiales, puis en bâtit des bilatérales avec Pékin.

D’après : Bloomberg Business, The Wall Street Journal

3Conflits

Les combats au Yémen poussent des familles vers la mer

Nouveau

La guerre au Yémen a de nouveau fait des déplacements une question de survie. L’agence des Nations unies pour les réfugiés a déclaré que plus de 130 000 personnes avaient fui les lignes de front en moins de trois semaines après que les forces houthies ont lancé une offensive sur la côte ouest le 3 septembre et que les frappes aériennes saoudiennes se sont étendues dans le sud du Yémen. Au moins 154 personnes sont mortes dans les récents combats entre la milice houthie et les forces loyalistes soutenues par l’Arabie saoudite, tandis que Taëz et Marib ont accueilli les plus importants flux de familles déplacées.

« Environ 70 % des nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants. Et ce que ces personnes déplacées nous disent, en particulier les mères, c’est que c’est la quatrième fois qu’elles doivent fuir avec leurs enfants. »

Babar Baloch

La crise se joue désormais autant dans le détroit de Bab el-Mandeb que dans les camps du Yémen. Plus de 3 000 Yéménites ont atteint Djibouti depuis début septembre, et l’ONU s’attend à ce que les arrivées augmentent lorsque la mer se calmera en octobre. À l’ONU, à New York, les ministres du G7 ont exigé que les houthies cessent leurs attaques contre les navires et reprennent les discussions, tandis que le Royaume-Uni a annoncé qu’il enverrait un avion-ravitailleur Airbus A330 Voyager pour soutenir les appareils saoudiens. Le contrôle houthiste près de Bab el-Mandeb et la pression iranienne autour d’Ormuz ont mis sous tension les routes de l’énergie et de l’alimentation, transformant une guerre locale en problème de transport maritime pour l’Europe et l’Asie. Un détroit étroit porte désormais un lourd fardeau : réfugiés, pétrole, céréales et la crédibilité d’une diplomatie qui ne cesse d’arriver en retard.

D’après : ANSA.it, RFI, France 24, europa press, tagesschau.de, Deutsche Welle

4Énergie & Commerce

La France paie les conducteurs tandis que l’oléoduc saoudien redémarre

Nouveau

La France a choisi les chèques plutôt que les plafonds. Le gouvernement a annoncé un dispositif carburant de 450 millions d’euros qui porte de 3 millions à 5,5 millions le nombre de bénéficiaires potentiels d’une aide de 100 € pour les trajets domicile-travail, prolonge le soutien aux agriculteurs, aux entreprises du bâtiment et aux pêcheurs, et permet aux employeurs d’offrir des chèques carburant défiscalisés pouvant atteindre 1 000 €. Les ministres ont rejeté le gel des prix alors même que le gazole s’établissait en moyenne à plus de 2,40 € le litre et que des pénuries touchaient une part notable des stations-service, en particulier les stations TotalEnergies pratiquant des prix remisés.

« Je veux en finir définitivement, je l’espère, avec cette fake news. Il n’y a pas de manne, il n’y a pas de trésor caché. »

Roland Lescure

Du côté de l’approvisionnement, les nouvelles étaient légèrement meilleures. L’Arabie saoudite a redémarré à faible débit son oléoduc Est-Ouest de 1 200 km après que des frappes de drones ont mis hors service des stations de pompage, dont la station 11, gravement endommagée. Le Brent a reculé de plus de 2 %, à environ 97-98 dollars le baril, même si Saudi Aramco a indiqué à certains raffineurs européens qu’ils ne recevraient aucun volume de brut en octobre pendant les réparations. L’oléoduc peut transporter 4 millions de barils par jour une fois entièrement rétabli, mais Aramco prévoit sept semaines de montée en puissance pour retrouver un débit normal. La station-service est désormais l’endroit où la géopolitique croise le chemin de l’école, et les gouvernements ne peuvent qu’alléger la facture.

D’après : Franceinfo, LesEchos.fr, BFMTV, Digi24, Ouest France, La Libre.be

5Élections

Le Maroc vote tandis que ses jeunes citoyens détournent le regard

Nouveau

Les élections législatives se sont ouvertes au Maroc avec un bulletin de vote chargé et un suspense limité. Environ 15,8 millions d’électeurs inscrits étaient appelés à choisir les 395 membres de la Chambre des représentants parmi plus de 7 200 candidats et 27 partis. Le Rassemblement national des indépendants du Premier ministre Aziz Akhannouch et ses partenaires de coalition défendaient leur majorité avec des promesses d’emplois et d’infrastructures avant la Coupe du monde 2030, tandis que le PJD islamiste cherchait à se reconstruire après son effondrement de 2021.

Le combat le plus difficile est celui contre l’apathie. Le chômage des jeunes tourne autour de 27 %, les jeunes adultes représentent une part bien plus faible des électeurs inscrits que de la population, et les enquêtes montrent une profonde défiance envers le Parlement, le Premier ministre et les partis. La campagne s’est aussi déroulée après la pression migratoire à Ceuta, où des dizaines de milliers de personnes ont tenté de passer en juillet, et après des manifestations de la génération Z contre le coût de la vie, les soins de santé et l’emploi, qui ont donné lieu à plus de 2 400 poursuites.

« Aux yeux de beaucoup de gens, il n’y a manifestement pas grand-chose en jeu. »

Anja Hoffmann

Le roi Mohammed VI nommera le chef du gouvernement issu du parti qui remportera le plus de sièges, tandis que le palais conserve une autorité décisive sur la défense, les affaires étrangères, la religion et l’intérieur. Cette structure stabilise l’État, mais prive les élections d’une part de leur portée. Le scrutin comptera les voix ; l’arithmétique la plus difficile est de savoir s’il peut compter pour une génération qui a largement cessé de se déplacer.

D’après : AP NEWS, Reuters, Franceinfo, Süddeutsche Zeitung, de Volkskrant, Frankfurter Allgemeine

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