
Les États-Unis envisagent d'étendre le déploiement d'armes nucléaires en Europe alors que les alliés cherchent des garanties, selon le Financial Times
Washington mène des discussions confidentielles sur le stationnement d'avions à double capacité dans d'autres pays européens de l'OTAN, selon le Financial Times, alors que la Pologne et les États baltes réclament un parapluie nucléaire renforcé.
Les États-Unis évaluent la possibilité de déployer des avions à capacité nucléaire dans davantage d'États membres européens de l'OTAN, a rapporté le Financial Times mardi, citant trois personnes proches des discussions. Les discussions sont décrites comme hautement confidentielles et pourraient ne pas entraîner de changements dans les accords existants de partage nucléaire.
Ce qui est discuté
La proposition permettrait à d'autres pays d'accueillir des avions américains à double capacité (DCA), des appareils capables d'effectuer des frappes conventionnelles et nucléaires. Actuellement, le programme de partage nucléaire de l'OTAN inclut la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Turquie et le Royaume-Uni. Washington conserve le contrôle exclusif sur l'utilisation des armes stationnées dans ces pays.
Des responsables américains ont exprimé leur volonté de discuter de déploiements au-delà des six pays qui accueillent actuellement des bombardiers à capacité nucléaire, selon les sources du FT. Les discussions sont présentées comme un moyen de démontrer l'engagement continu des États-Unis à fournir un parapluie nucléaire, même si les alliés de l'OTAN sont sous pression pour assumer une plus grande part du fardeau de la défense conventionnelle.
Intérêt du flanc oriental
Les pays du flanc oriental de l'OTAN, dont la Pologne et certains États baltes, ont manifesté leur intérêt pour accueillir des bases DCA. Les responsables polonais en particulier ont exprimé publiquement leur désir d'accueillir des armes nucléaires. L'ancien président Andrzej Duda a exhorté les États-Unis à étendre l'initiative DCA au territoire polonais.
Varsovie a également rejoint cette année une nouvelle initiative française visant à explorer, pour la première fois, la possibilité de relocaliser temporairement une partie de la capacité de dissuasion nucléaire de la France vers des pays européens alliés. En mars, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que la Pologne était en pourparlers avec la France et un groupe d'alliés européens proches sur un programme avancé de dissuasion nucléaire.
Contexte des discussions
Les discussions se déroulent dans un contexte de préoccupation croissante en Europe face aux décisions du président Donald Trump de retirer des troupes américaines et des systèmes d'armes critiques du continent. Le FT a noté que Trump a ordonné le retrait de 5 000 soldats d'Allemagne et annulé le déploiement prévu de 4 000 autres soldats en Pologne sans consultation préalable avec les alliés.
La volonté de discuter d'une expansion vise à démontrer l'engagement des États-Unis à fournir un parapluie nucléaire, même si les alliés de l'OTAN sont sous pression pour assumer une plus grande charge de défense conventionnelle.
Facteur russe
L'invasion russe de l'Ukraine et les déclarations répétées du président Vladimir Poutine sur les capacités nucléaires du Kremlin ont renforcé l'intérêt de certains alliés pour l'accueil de bases DCA, selon les sources du FT. Les sources ont toutefois ajouté qu'un éventuel accord n'est pas imminent.
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a récemment déclaré qu'il existe une compréhension commune selon laquelle la défense de l'Europe doit rester au même niveau, même si les États-Unis concentrent une plus petite partie de leurs ressources sur le continent.
La Pologne est en pourparlers avec la France et un groupe d'alliés européens les plus proches sur un programme avancé de dissuasion nucléaire. Nous nous armons avec des amis pour que les ennemis n'osent pas nous attaquer.
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- Le Financial Times rapporte que les États-Unis mènent des discussions confidentielles sur l'expansion des déploiements DCA vers d'autres pays de l'OTAN


