RécitLa Suisse vote sur un plafond de population

Migration · Berne

Les Suisses votent sur un plafond de population à 10 millions dans un référendum à la Brexit, mettant en péril l'accord de libre circulation avec l'UE

Dimanche, les électeurs suisses se prononceront sur une initiative visant à plafonner la population résidente permanente du pays à 10 millions d'ici 2050, une mesure qui pourrait contraindre la Suisse à dénoncer son accord de libre circulation avec l'UE. Un référendum distinct vise également à durcir l'accès à la fonction publique.

Texte IA fondé sur les articles de Le Figaro.fr, La Libre.be, Mediapart et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Berne · Suisse
Comment on en est arrivé là
  1. 14 juinFermeture des bureaux de vote en Suisse (midi heure locale, 10h00 GMT)
  2. 14 juinPremiers résultats attendus pour les deux référendums
  3. 14 juinLe résultat à double majorité (votants et cantons) devrait être clarifié

Les initiatives

Les électeurs suisses se rendent aux urnes dimanche pour se prononcer sur deux référendums nationaux. Le premier, une initiative portée par le parti de droite Union démocratique du centre (UDC/SVP), inscrirait dans la Constitution un plafond de la population résidente permanente à 10 millions d'ici 2050. Si elle est adoptée, l'atteinte de ce seuil déclencherait un processus qui pourrait contraindre la Suisse à dénoncer son accord de libre circulation des personnes avec l'Union européenne dans un délai de deux ans, et d'autres accords bilatéraux sur l'asile et la sécurité seraient également menacés. La deuxième proposition, un projet gouvernemental, vise à durcir les critères d'accès à la fonction publique, afin de préserver la priorité du service militaire dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.

Un pays à ses limites ?

Les partisans du plafond de population soutiennent que l'immigration met les infrastructures physiques et sociales du pays à rude épreuve, au point de rupture. Les pénuries de logements, la hausse des loyers, les trains bondés, les écoles surchargées, un système de santé sous tension et la hausse de la criminalité sont les griefs les plus souvent cités. Le visage public de l'initiative, Nils Fiechter, déclare :

« Quiconque aime la Suisse, qu'il y soit né ou non, veut qu'elle reste un endroit sûr, prospère et agréable à vivre. C'est précisément l'objet de cette initiative. »

Nils Fiechter, coprésident de l'aile jeunesse de l'UDC et voix éminente de l'initiative
Le député UDC Yvan Pahud a déclaré à l'AFP :

« La Suisse est un petit pays qui ne peut pas s'agrandir, et nous ne voulons pas accueillir toute l'Europe ni toute la misère du monde. »

Yvan Pahud, député UDC et militant pour l'initiative du plafond de population
Le parti a dépensé dix millions de francs (onze millions d'euros) pour une campagne avec des affiches aux slogans comme « Préserver ce que nous aimons » et « Protéger la Suisse ».

Opposition et conséquences pour l'UE

Le gouvernement, le parlement, les syndicats, les organisations patronales et la plupart des autres partis s'opposent au plafond. Le ministre de la Justice, Beat Jans, a prévenu qu'un vote favorable isolerait la Suisse, déclarant à la Tribune de Genève :

« Le 14 juin, la Suisse vivra son propre Brexit. En cas de oui, nous nous retrouverions isolés. »

Beat Jans, ministre suisse de la Justice
Le gouvernement soutient que l'initiative menace la prospérité, le bon fonctionnement de la société, la sécurité intérieure et la tradition humanitaire de la Suisse. Parce que plus d'un quart des 9,1 à 9,5 millions d'habitants du pays sont des ressortissants étrangers, la suppression de la libre circulation avec l'UE, son principal partenaire commercial, perturberait une main-d'œuvre majoritairement européenne et hautement qualifiée, et pourrait compromettre l'accès au marché unique de l'UE.

Un électorat divisé

Les derniers sondages donnent une légère avance au camp du non, avec 52 % contre l'initiative et 45 % pour, mais la marge est suffisamment serrée pour une surprise. Le système de démocratie directe de la Suisse signifie que la proposition nécessite une double majorité des votants et des cantons. Le vote se fait principalement par correspondance et les bureaux de vote ferment à midi (10h00 GMT), les premiers résultats étant attendus dans l'après-midi.

Vote sur la fonction publique et signal plus large

Parallèlement au plafond de population, les électeurs se prononceront sur un projet de loi gouvernemental visant à durcir l'accès à la fonction publique, reflet de la poussée de réarmement post-Ukraine. Bien que l'attention principale soit portée sur l'initiative sur l'immigration, les deux référendums mettent en lumière une nation aux prises avec son identité, sa capacité et sa place dans une Europe turbulente. Un oui au plafond ferait de la Suisse le premier pays européen à inscrire un objectif démographique explicite dans sa Constitution, une décision suivie de près par les partis anti-immigration à travers le continent.

Dernier sondage sur l'initiative du plafond de population%
Non
52 %
Oui
45 %

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