
L'Espagne reporte le décret logement à septembre après le retrait du soutien de Junts et Podemos
Le gouvernement espagnol a reporté à septembre l'approbation d'un vaste décret sur le logement, après n'être pas parvenu à obtenir le soutien parlementaire nécessaire de Junts per Catalunya et de Podemos.
Le gouvernement de Pedro Sánchez ne soumettra pas son décret phare sur le logement au dernier Conseil des ministres de la session politique, mardi. L'ensemble de mesures destinées à stabiliser le marché locatif et à accroître l'offre de logements abordables a été reporté à septembre. Le ministère du Logement et de l'Agenda urbain, dirigé par Isabel Rodríguez, a confirmé ce report lundi, après un week-end de négociations intenses qui n'ont pas permis de combler les divergences entre le gouvernement et ses partenaires d'investiture.
Effondrement du soutien immédiat
Le PSOE et Sumar étaient parvenus à un accord interne la semaine dernière sur un avant-projet comprenant une prolongation extraordinaire de deux ans des baux arrivant à expiration avant le 30 juin 2028, de nouvelles restrictions sur les locations saisonnières et de chambres pour empêcher le contournement de la loi sur le logement, et un taux de TVA de 21 % pour les locations touristiques. Le texte contenait également une réforme de la loi foncière et des incitations fiscales pour les propriétaires qui gèlent ou réduisent les loyers. Quelques heures après la diffusion de l'avant-projet, la fragile arithmétique parlementaire a commencé à se déliter. Junts per Catalunya a rejeté l'ensemble comme insuffisant, des sources du parti le qualifiant de « plus de la même chose » et critiquant l'absence de mesures contre les squats.
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Podemos, de son côté, a exigé le retrait de la section sur la réforme de la loi foncière, rejetant les bonus fiscaux pour les propriétaires et insistant sur un renforcement du bouclier anti-expulsions. Le PNV a conditionné son soutien à des réformes urbanistiques plus profondes garantissant la sécurité juridique du secteur et protégeant les compétences régionales. L'espoir du gouvernement de parvenir à un consensus multipartite avant la trêve estivale a été effectivement abandonné lundi matin.
La justification du gouvernement
Le ministère du Logement a publié un communiqué soigneusement formulé reconnaissant que « l'étroitesse du calendrier peut constituer un obstacle à un accord, compte tenu de la complexité du texte ».
La responsabilité et la générosité de tous les groupes ont rapproché l'accord plus qu'à tout autre moment de la législature.
Les responsables ont insisté sur le fait que le report n'était pas un recul mais une pause stratégique. En accordant à la négociation « quelques semaines de marge supplémentaires », l'exécutif vise à obtenir l'« accord large et transversal » nécessaire pour faire adopter le décret au Congrès. La dernière réunion du Conseil des ministres avant la trêve estivale sera plutôt consacrée en priorité aux mesures de lutte contre les incendies de forêt liés à l'urgence climatique en cours.
Chronologie de la poussée législative
Le décret logement a été conçu comme une pierre angulaire du programme du gouvernement pour la dernière ligne droite de la législature. Il devait être approuvé en Conseil des ministres le 28 juillet, puis soumis à un vote de validation au Congrès dans les 30 jours. Un précédent décret sur le logement avait déjà été rejeté au Parlement en avril, et Moncloa était déterminée à éviter une répétition. La décision de reporter est donc une reconnaissance directe que, le matin du 27 juillet, les votes nécessaires pour survivre à ce processus de validation n'étaient pas garantis.
- Le PSOE et Sumar parviennent à un projet d'accord incluant une prolongation de deux ans des baux arrivant à expiration et une réforme de la loi foncière.
- Podemos critique le projet, exigeant le retrait de la réforme de la loi foncière et réclamant un renforcement du bouclier anti-expulsions.
- Junts rejette le texte, le qualifiant de « plus de la même chose », citant l'absence de mesures contre les squats (ocupación).
- Le Conseil des ministres reporte l'approbation du décret à septembre, invoquant la complexité du texte et la nécessité d'un consensus parlementaire plus large.
La séquence des événements montre le gouvernement tentant de concilier des demandes irréconciliables au sein d'un seul texte juridique. Junts a continué de s'opposer à ce qu'il a décrit comme un « nouveau décret omnibus sur le logement », faisant écho à son refus de soutenir la législation économique précédente. Podemos a tracé une ligne rouge sur les dispositions d'urbanisme, tandis que le PNV et d'autres formations régionalistes ont poussé pour davantage de protections de l'autonomie.
Quelle est la suite
Le département de la ministre Isabel Rodríguez a déclaré qu'il utiliserait les semaines d'été pour intensifier les contacts avec tous les groupes d'investiture, dans le but de relancer l'initiative en septembre « avec de plus grandes garanties de succès ». Le gouvernement continue de décrire l'ensemble comme « ambitieux » et présente le report comme une preuve de son engagement en faveur du dialogue plutôt que comme un signe de faiblesse. Le défi reste inchangé : Sánchez doit trouver une formule qui satisfasse une majorité parlementaire allant des partis indépendantistes catalans aux formations de gauche qui sont fondamentalement en désaccord sur la manière de réguler le marché du logement sous tension en Espagne.


