Les Suisses voteront le 29 novembre sur l'interdiction des feux d'artifice bruyants
Les partisans de l'initiative ont lancé leur campagne pour une restriction nationale des feux d'artifice bruyants à Berne le 13 octobre. Les électeurs se prononceront sur l'initiative populaire fédérale le 29 novembre 2026, 137 429 signatures valides ayant déjà été déposées.
Ce que l'initiative changerait
L'initiative populaire fédérale « Pour une restriction des feux d'artifice (Initiative feux d'artifice) » inscrirait dans la Constitution une interdiction nationale de la vente et de l'utilisation des feux d'artifice produisant du bruit. Les autorités cantonales pourraient accorder des dérogations sur demande pour des manifestations d'importance suprarégionale, comme la fête nationale du 1er août ou la Saint-Sylvestre. Les articles pyrotechniques qui s'élèvent sans bruit, notamment les volcans, les cierges magiques et les feux de table, resteraient autorisés. Les initiants ont déposé 137 429 signatures, bien au-dessus des 100 000 nécessaires pour déclencher une votation nationale. Le scrutin est fixé au 29 novembre 2026, date à laquelle les électeurs suisses se prononceront sur quatre objets nationaux.
Lancement de la campagne à Berne
Le camp du oui a présenté ses arguments à la presse à Berne le 13 octobre, en présence de représentants de la Protection suisse des animaux (PSA) et d'autres organisations de défense des animaux, de gardes-faune et d'agriculteurs. Sa publicité est diffusée sur 917 écrans numériques dans les gares et les centres-villes depuis le 5 octobre, et le comité s'attend à ce qu'elle atteigne environ 3 850 écrans à travers la Suisse dans les prochaines semaines. Marco Mettler, directeur de la PSA, a rejeté l'idée que la proposition soit extrême.
Ce ne sont pas des exigences extrêmes.
M. Mettler a également soutenu que l'initiative ne priverait pas la Suisse de sa fête nationale, qui gagnerait au contraire en considération. Il a indiqué que les feux d'artifice publics lors de célébrations importantes resteraient autorisés, à condition d'être limités dans le lieu et le temps. Le comité qualifie le texte de compromis plutôt que de mesure extrême.
- La publicité du camp du oui est lancée sur 917 écrans numériques
- Le comité d'initiative présente ses arguments à la presse à Berne
- Votation nationale sur l'initiative feux d'artifice
Animaux, accidents et déchets
Les initiants affirment que les animaux de compagnie, les animaux de rente et la faune sauvage souffrent du bruit et sombrent souvent dans la peur et la panique. Andrea Schaller, de la Protection suisse des animaux pour la Suisse romande et le Tessin, a rappelé le 1er août 2026, lorsque les feux d'artifice privés ont été interdits sur de vastes zones en raison de la canicule et de la sécheresse. Elle a indiqué qu'aucune annonce de chien perdu n'a été enregistrée ce jour-là, alors que les appels augmentent normalement fortement lors de la fête nationale. Gabriel Sutter, garde-faune dans le canton de Bâle-Campagne, a expliqué que le stress pousse la faune sauvage à épuiser ses réserves d'énergie et à abandonner ses abris ou ses petits, et qu'une frayeur peut être mortelle dans les pires cas. La Suva enregistre environ 260 accidents par an liés aux feux d'artifice, notamment des brûlures et des cas de cécité. Le Conseil fédéral estime à environ 1 300 tonnes les déchets annuels de feux d'artifice.
Le sujet touche les gens.
Corinne Meister, du comité d'initiative, a déclaré que l'objectif n'est pas d'ôter la joie de célébrer. Elle a ajouté que la joie de certains ne doit pas se faire aux dépens d'autres, et que les « détonations incontrôlées » devraient être interdites.
Opposition et règles existantes
Le Conseil fédéral, une majorité parlementaire, l'Union suisse des arts et métiers et l'industrie des feux d'artifice s'opposent à l'initiative. Ils font valoir que les cantons et les communes peuvent déjà restreindre les feux d'artifice dans le temps et l'espace ou les soumettre à autorisation. Peter V. Kunz, qui préside la Protection suisse des animaux depuis avril 2025, soutient financièrement la campagne, bien que l'organisation ne fasse pas partie du comité d'initiative. Dans un entretien à la Neue Zürcher Zeitung, M. Kunz a décrit un patchwork de règles cantonales et cité les Grisons, où de nombreuses communes ont déjà interdit les feux d'artifice bruyants. Il a jugé regrettable une modification de la Constitution et a reproché au Parlement de ne pas avoir réussi à s'entendre sur un contre-projet.
Jonas Lüthy, président des Jeunes libéraux-radicaux (Jungfreisinnige), s'oppose au texte au nom de la liberté individuelle et du rôle de l'État.
L'initiative sur les feux d'artifice s'inscrit dans une politique qui dicte toujours plus aux gens et leur fait de moins en moins confiance.
La campagne des deux camps se poursuivra jusqu'au scrutin du 29 novembre 2026, et le comité du oui a indiqué que sa publicité s'étendra à d'autres sites numériques dans les prochaines semaines.