
Violences lors des manifestations anti-migrants à Durban et Soweto après une décision sur l'asile
Des manifestants ont incendié des véhicules et pillé des commerces appartenant à des étrangers jeudi à Durban et à Soweto, pour protester contre une décision de la Cour constitutionnelle de juillet qui a assoupli l'accès à l'asile. Le gouvernement attribue les violences à des affirmations délibérément fausses sur cette décision.
Violences à Durban et Soweto
Des manifestants ont incendié des véhicules et pillé des commerces appartenant à des étrangers jeudi 8 octobre à Durban et à Soweto, les manifestations anti-migrants ayant dégénéré. À Durban, des manifestants se sont rassemblés devant un centre public d'accueil des réfugiés pour exiger qu'il cesse d'accepter les demandes d'asile, la police a tiré des balles en caoutchouc pour disperser la foule et les commerces du centre-ville ont baissé le rideau. À Soweto, des habitants se sont d'abord rassemblés pour exiger la fermeture de spaza shops tenus par des ressortissants étrangers, avant d'affronter des commerçants étrangers près d'un bureau des Affaires intérieures à Orlando West, et des coups de feu ont été entendus. La police a indiqué que des renforts avaient été déployés pour prévenir de nouvelles violences. Les décomptes policiers des véhicules brûlés diffèrent : la BBC a fait état de 14 véhicules à Durban et de 10 à Soweto, la police a déclaré à l'AP que neuf avaient été incendiés à Soweto, et la commissaire nationale par intérim de la police, la lieutenante-générale Puleng Dimpane, citée par Al Jazeera, a indiqué que 10 véhicules avaient été incendiés à Johannesburg et 14 à Durban.
Xolani Fihla, porte-parole de la police métropolitaine, a déclaré que les violences à Soweto avaient commencé après des signalements de tirs en direction des manifestants, qui ont déclenché des incendies de véhicules en représailles. Décrivant la situation, il a déclaré :
La situation est un peu tendue, mais elle s'est calmée depuis les violences de la journée
La décision sur l'asile à l'origine des troubles
Les manifestations visent une décision de la Cour constitutionnelle de juillet qui a supprimé les obstacles procéduraux à la demande d'asile, y compris pour les personnes entrées irrégulièrement en Afrique du Sud, dépourvues de visa de transit pour l'asile ou ayant manqué les délais de déclaration. Des centaines de personnes se sont depuis rassemblées dans les centres d'accueil des réfugiés, et le ministère des Affaires intérieures a demandé aux bureaux d'accepter ces demandes, tout en reconnaissant que les services n'étaient pas préparés à un tel afflux. Le Comité interministériel sur les migrations a déclaré après sa réunion de mercredi soir :
Nous confirmons que tous les bureaux des réfugiés ont été submergés par le nombre de personnes venues déposer une demande
Le comité a souligné que la décision permettait aux personnes de faire examiner leurs demandes, mais ne conférait pas automatiquement le statut de réfugié ni la résidence permanente. Le porte-parole du gouvernement, William Baloyi, a déclaré à Reuters que des personnes avaient délibérément diffusé de fausses affirmations sur l'arrêt, donnant l'impression que les migrants sans papiers obtiendraient automatiquement un statut légal. À propos des troubles, il a déclaré :
Nous sommes profondément préoccupés par ce qui se passe actuellement
Réponse du gouvernement et arrestations
Le Comité interministériel sur les migrations a tenu jeudi une réunion d'urgence sur la surpopulation des bureaux d'asile. Les autorités se sont engagées à accroître la capacité de traitement, à accélérer les décisions et à renforcer les contrôles d'identité. La BBC a rapporté que trois ressortissants étrangers ont été arrêtés en lien avec une agression présumée contre un manifestant à Durban, survenue avant la manifestation de jeudi. Puleng Dimpane a condamné la destruction de biens, et les autorités ont promis de poursuivre les responsables.
- La Cour constitutionnelle supprime les obstacles procéduraux à la demande d'asile
- La Haute Cour du Gauteng annule l'approbation du code d'autonomisation du secteur juridique
- Le Comité interministériel déclare que tous les bureaux des réfugiés ont été submergés
- Les manifestations anti-migrants dégénèrent à Durban et Soweto
Décision de justice sur le code du secteur juridique et le rand
Mercredi, la Haute Cour du Gauteng a annulé un code d'autonomisation économique des Noirs pour le secteur juridique, estimant que le ministre du Commerce, Parks Tau, n'avait pas évalué et justifié ces mesures de manière indépendante avant de les approuver. La cour ne s'est pas prononcée sur la constitutionnalité du code et a renvoyé le dossier à Parks Tau pour réexamen. Le code, promulgué en 2024, fixait pour objectif aux grands cabinets d'avocats d'atteindre 50 % de propriété noire en cinq ans, dont 25 % détenus par des femmes noires. Deneys Reitz (anciennement Norton Rose Fulbright Afrique du Sud), Bowmans, Webber Wentzel et Werksmans ont introduit le recours aux côtés du syndicat Solidarity, dont le directeur général Dirk Hermann a qualifié la décision de « immense victoire sur la politique raciale irresponsable du gouvernement ». Le porte-parole de Parks Tau n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
Le rand est resté stable jeudi malgré des données manufacturières inférieures aux attentes, soutenu par un dollar affaibli. La production manufacturière a reculé de 4,3 % sur un an en août, après une hausse de 1,1 % en juillet, et a diminué de 3,1 % sur un mois après une hausse de 2,2 % en juillet.
- 2026-07
- 1.1 %
- 2026-08
- -4.3 %
Les investisseurs évaluaient la probabilité d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine cette année.


