
Le Premier ministre désigné roumain Veştea défie l'ultimatum du PNL et lance des négociations parallèles
Le Premier ministre désigné Adrian Veştea a refusé mardi de renoncer à son mandat malgré l'ultimatum fixé à 10 heures par son propre Parti national libéral, provoquant une crise interne et une course aux alliés parlementaires.
L'ultimatum et la défiance
Lundi soir, le Bureau politique national du Parti national libéral (PNL) a voté contre tout gouvernement formé par son propre membre Adrian Veştea, désigné Premier ministre par le président Nicușor Dan. La direction a fixé un ultimatum mardi à 10 heures pour que Veştea abandonne son mandat, menaçant d'exclure tout membre du parti qui accepterait un poste ministériel sans l'approbation du parti. Le secrétaire général du PNL, Dan Motreanu, a publiquement exigé sa démission, arguant que la désignation avait été faite « en dehors du PNL, sans consulter le PNL ».
Le PNL prend ses décisions à l'intérieur du parti, il n'accepte pas les décisions imposées de l'extérieur.
Adrian Veştea a refusé. Dans un message Facebook cinglant publié à l'heure de l'ultimatum, il a déclaré que sa position restait inchangée et a insisté pour poursuivre.
Ma position ne change pas : je ne démissionnerai pas de mon mandat, quelles que soient les pressions exercées sur moi.
Négociations parallèles
Ignorant l'ultimatum du parti, Veştea a lancé une série de discussions à travers l'échiquier politique. Il a déjà rencontré Anamaria Gavrilă, la dirigeante du parti POT, et à 11 heures, il a tenu des discussions avec le groupe parlementaire PACE. Une rencontre avec le Parti social-démocrate (PSD) était initialement prévue à 10 heures mais a été reportée à 15 heures, avec la participation attendue du dirigeant du PSD, Sorin Grindeanu. Veştea attend également une décision de l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), qui envisage d'apporter un soutien conditionnel en échange de deux ministères, dont celui du Développement.
Veştea s'est dit confiant quant au vote parlementaire.
Je suis convaincu que ce gouvernement passera, car la Roumanie a besoin de stabilité, d'un exécutif fonctionnel et de décisions qui ne peuvent plus être reportées.
Fractures au sein du PNL
Les tensions internes se sont fortement accentuées. La direction du PNL a réitéré que les députés du parti ne voteront pas pour un cabinet Veştea et que tout membre qui accepterait un rôle ministériel sans mandat du parti sera exclu. Dan Motreanu a appelé le président Nicușor Dan à convoquer de nouvelles consultations, arguant que toutes les options, y compris un gouvernement minoritaire, devraient être examinées de manière transparente.
La démocratie signifie des décisions prises au grand jour, avec les partis votés par les citoyens, et non des décisions prises en secret.
Pendant ce temps, le ministre intérimaire de l'Économie de l'USR, Irineu Darău, a publié une pique sibylline contre Veştea sur Facebook, écrivant : « Adrian, tu ne sais même pas à quel point tu commences à être petit. »
L'arithmétique d'une majorité fragile
Pour remporter le vote d'investiture, Veştea a besoin de 233 voix parlementaires. Il a affirmé dimanche sur Euronews que les calculs montraient qu'il avait des assurances de plus de 240 voix. L'issue dépend fortement de l'UDMR. Si l'UDMR se joint, une majorité fragile pourrait être constituée avec des députés dissidents du PNL et d'autres groupes, produisant un gouvernement à la majorité très étroite. Si l'UDMR s'abstient ou s'oppose, la tentative de Veştea deviendrait probablement la deuxième désignation échouée depuis le retrait d'Eugen Tomac, le précédent Premier ministre désigné.
Prochaines étapes
Dan Motreanu va maintenant noter officiellement que l'ultimatum a été ignoré et convoquer une réunion en ligne du Bureau politique national du PNL. Une réunion ultérieure du Conseil national est prévue mercredi, et un congrès extraordinaire du PNL, pour décider de l'exclusion de Veştea, est attendu dimanche. Simultanément, l'UDMR a tenu sa propre réunion pour décider de son soutien, et les discussions matinales Bolojan-Fritz-Kelemen ont signalé que l'opposition anti-Veştea se consolide au sein du PNL, de l'USR et de l'UDMR. Le président Nicușor Dan est sous pression pour convoquer de nouvelles consultations mais n'a pas encore répondu publiquement.
- Le Bureau politique national du PNL décide de rejeter le gouvernement Veştea et fixe un ultimatum mardi à 10 heures.
- Bolojan, Fritz et Kelemen tiennent une réunion matinale pour discuter de la situation politique.
- Veştea refuse de démissionner et s'engage à poursuivre la formation du gouvernement.
- Veştea rencontre le groupe PACE au parlement.
- Réunion prévue avec le dirigeant du PSD, Sorin Grindeanu, reportée depuis le matin.
- Le Conseil national du PNL se réunit en ligne pour délibérer sur les sanctions.
- Le congrès extraordinaire du PNL devrait voter sur l'exclusion de Veştea.


