La Communauté valencienne célèbre le 9 octobre avec l'anniversaire de Jaume I et des appels à l'unité
Des tribunes publiées à Valence, Alicante et Castellón relient la journée de la Communauté valencienne au 750e anniversaire de la mort de Jaume I, tandis que Castellón commémore les 775 ans du Privilegi del Trasllat.
Un héritage d'avenir
La Journée de la Communauté valencienne tombe le 9 octobre 2026, et Juanfran Pérez Llorca, président de la Generalitat valenciana, marque son premier 9 octobre à ce poste par une tribune intitulée « Un legado de futuro » (Un héritage d'avenir). Il soutient que la meilleure façon de célébrer cette journée est de se demander quelle Communauté valencienne transmettre aux générations futures. La tribune relie la date au 750e anniversaire de la mort de Jaume I et présente l'héritage du roi comme infini, partie intégrante d'une identité collective partagée. Pérez Llorca décrit cette journée comme une réalité vivante qui s'exprime dans les institutions, la culture, les traditions, les langues, les symboles et, surtout, dans la manière dont les gens conçoivent la coexistence.
L'identité valencienne n'a jamais eu besoin de se construire contre quiconque.
L'autonomie, écrit-il, est l'expression contemporaine de cette volonté collective et l'outil de gestion des services publics et de défense des intérêts de la région.
Trois provinces, trois voix
Pérez Llorca appelle à défendre la voix propre des trois provinces, Castellón, Alicante et Valence, une voix qui, selon lui, n'a pas besoin de crier mais doit être entendue. Il rejette l'idée que cette voix relève du conflit et déclare :
Ce n'est pas la voix du conflit. C'est celle d'une terre travailleuse et généreuse qui veut participer au projet commun de l'Espagne, par loyauté et par respect d'elle-même.
Dans une tribune intitulée « Avanzando juntos » (Avancer ensemble), Luis Barcala affirme qu'Alicante célèbre le 9 octobre avec son propre accent et que 2026 marque les 750 ans de la mort de Jaume I. Il rappelle que Jaume II le Conquérant a intégré Alicante à l'ancien royaume de Valence en 1296, et que le Castillo de Santa Bárbara est aujourd'hui le monument touristique le plus visité de la Communauté valencienne. Barcala évoque aussi la Vénus d'Alicante, une tête sculptée romaine du Haut-Empire, dont le site de découverte est aujourd'hui un espace ouvert apprécié des habitants et des visiteurs. Il décrit Alicante comme la dixième ville d'Espagne et affirme que ses habitants expriment leur identité en castillan et en valencien librement et sans impositions.
Les 775 ans de Castellón
La tribune de Begoña Carrasco marque deux anniversaires à Castellón : le 750e de la mort de Jaume I et le 775e de la signature du Privilegi del Trasllat, un manuscrit du même roi qui a permis aux habitants du Castell Vell de s'installer sur les terres fertiles de La Plana et a donné naissance à la ville. Les célébrations se poursuivent jusqu'en septembre 2027 avec des activités pour tous les publics. L'exposition « El Privilegi d'Existir » au bâtiment Menador est visible jusqu'au 8 novembre et présente le document original signé par Jaume I, rendu possible par l'Ayuntamiento de Castellón, la Generalitat valenciana et les Archives historiques nationales. Le programme de cette année comprend des feux d'artifice, de la musique de dolçaina i tabal par la Banda Municipal de Castellón et une Parade des trois cultures à travers le centre jusqu'à la Plaza Mayor, ainsi qu'un Homenaje a la Cultura Popular en hommage aux Els Dansants de Castelló. Marta Barrachina, dans « Hagamos historia » (Faisons l'histoire), rappelle l'entrée de Jaime I à Burriana en 1233 et évoque des obstacles qui freinent la prospérité de la province et limitent les investissements.
La Senyera et l'épée
La tribune « Respeto y concordia » (Respect et concorde) indique que, comme chaque 9 octobre, la Real Senyera descend de la Casa Consistorial, et qu'elle est cette année escortée par l'épée attribuée au monarque, que la ville conserve. La tribune cite le Llibre dels Fets, où Jaume I décrit sa réaction en voyant la Senyera au sommet de la tour après la reddition des troupes de Zayyan :
Quand nous vîmes notre Senyera au sommet de la tour, nous descendîmes de cheval et, regardant vers l'est, nous pleurâmes des yeux, embrassant la terre, pour la grande grâce que Dieu nous avait faite.
La tribune situe également cette journée dans un moment où l'Espagne fait face à une convocation anticipée des élections générales et à un niveau de polarisation inédit depuis des décennies, avec le logement et les piliers fondamentaux de la démocratie en jeu. Elle appelle à la concorde en une journée qui appartient à tous les Valenciens.


