
Pedro Sánchez tente de galvaniser le PSOE au comité fédéral face à la multiplication des enquêtes pour corruption et un Congrès hostile
Le Premier ministre Pedro Sánchez tentera d'afficher l'unité samedi lors du comité fédéral du PSOE, alors même que le parti est secoué par une cascade d'affaires de corruption, une motion de confiance au Congrès et les dissensions internes de barons régionaux.
Une réunion sous pression
Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) tient son instance de décision suprême samedi 27 juin au siège de la rue Ferraz à Madrid, son secrétaire général et chef du gouvernement Pedro Sánchez affrontant la plus grave crise politique de son mandat. Le dernier comité fédéral, en juillet 2025, s'était tenu sous le choc après l'incarcération de Santos Cerdán et la démission le même jour de Paco Salazar pour accusations de harcèlement sexuel. Depuis, le parti a été ébranlé par la condamnation de l'ancien ministre José Luis Ábalos à 24 ans de prison, la mise en examen de l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero dans l'affaire Plus Ultra, et l'enquête pour trafic d'influence visant Leire Díez, qui a conduit à une perquisition de 14 heures de la Garde civile au siège de Ferraz. Cette semaine, une majorité des députés a approuvé une motion exigeant que Sánchez se soumette à un vote de confiance ou démissionne, l'isolant un peu plus.
Afficher l'unité et les mesures anticorruption
Sánchez devrait ouvrir la séance vers 10h30, en présentant les réformes internes adoptées après le départ de Cerdán : un secrétariat à l'organisation collégial, une double signature pour les décisions clés, des audits internes et des déclarations de patrimoine obligatoires pour les membres de la direction. Les cadres du parti reconnaissent aborder cette réunion dans un meilleur état d'esprit qu'il y a un an, malgré la pression judiciaire incessante.
Il n'y aura pas de fractures au sein du PSOE, et cela se verra samedi au comité fédéral, où nous resserrerons à coup sûr les rangs.
La réunion servira également de lancement officiel du calendrier des primaires pour les élections municipales et régionales prévues en mai 2027, une tentative de recentrer le débat sur les orientations politiques et les candidats plutôt que sur les décisions de justice.
Voix discordantes et démission la veille de la réunion
Tout le monde ne sera pas aligné. Emiliano García-Page, le président de Castille-La Manche et critique interne persistant, devrait renouveler son appel à Sánchez pour qu'il fournisse des explications et, selon lui, qu'il se retire ou convoque des élections anticipées. La direction est prête à lui répondre, comme l'année dernière, lorsque des ministres et des fidèles ont immédiatement réfuté son discours. La plateforme critique mieux organisée ReactivaPSOE affirme avoir des sympathisants au sein du comité, bien qu'elle ne dispose pas de représentation formelle.
Vendredi, la porte-parole adjointe Enma López a été contrainte de démissionner après avoir annoncé sa candidature à la primaire pour la mairie de Madrid dans une interview, devançant le calendrier pas encore approuvé et sans consulter le secrétaire à l'organisation du parti ni le secrétaire général de Madrid. Son départ a ajouté une dose supplémentaire de turbulences avant le sommet.
Salvador Illa, le pilier catalan
La branche catalane (PSC) reste l'alliée la plus solide de Sánchez. Son dirigeant, Salvador Illa, conduira la délégation avec le message que le parti doit se concentrer sur la défense de son bilan et de son projet, et non sur des luttes de succession internes.
Quand ils attaquent Pedro Sánchez, ils attaquent tout le parti.
Illa a exhorté ses camarades à « comprendre à quel jeu nous jouons » et à tenir bon jusqu'au cycle électoral de 2027, en pariant que Sánchez reste la seule figure capable de rassembler la gauche face au PP et à Vox.
Chronologie d'une année de bouleversements
- Santos Cerdán, secrétaire à l'organisation du parti, emprisonné pour corruption.
- Le comité fédéral se réunit ; Paco Salazar démissionne pour accusations de harcèlement sexuel ; Rebeca Torró prend la direction d'un secrétariat à l'organisation restructuré.
- Le Congrès adopte une motion exigeant que Sánchez se soumette à un vote de confiance ou démissionne.
- La porte-parole adjointe Enma López contrainte de démissionner après avoir anticipé la primaire pour la mairie de Madrid.
- Le comité fédéral se réunit à Ferraz ; Sánchez doit mobiliser le parti et lancer les primaires électorales.
Cette séquence d'événements montre une direction de parti qui, bien que meurtrie, affirme ne pas être au bord du précipice qu'elle a connu l'été dernier. La question de savoir si cette démonstration d'unité se traduira par une résilience électorale reste posée.


