
L'OMS prévient que la refonte des vaccins pour enfants par Trump défie des décennies de preuves
L'Organisation mondiale de la santé a averti le 12 août que le décret du président Trump refondant la politique de vaccination des enfants aux États-Unis contredit des décennies de preuves scientifiques, alors que le pays connaît sa pire épidémie de rougeole en 35 ans.
Le décret de Trump
Lundi 10 août, le président Donald Trump a signé un décret visant à remodeler fondamentalement l'approche du gouvernement fédéral en matière de vaccination des enfants. Le décret réduit le nombre de vaccins recommandés dans la petite enfance, appelle à repenser les obligations vaccinales scolaires et propose de diviser le vaccin trivalent contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) en trois administrations distinctes. Le calendrier vaccinal pédiatrique serait divisé en trois catégories. Tous les enfants se verraient toujours recommander de recevoir les vaccins contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, l'Haemophilus influenzae de type b, les infections à pneumocoques, le HPV et la varicelle. Seuls les enfants à haut risque recevraient des anticorps monoclonaux contre le virus respiratoire syncytial (VRS) et les vaccins contre l'hépatite A, l'hépatite B, le méningocoque B, le méningocoque Acwy et la dengue. Pour les autres vaccins, notamment contre le rotavirus, les infections à méningocoques, la grippe et la Covid-19, la décision serait laissée aux parents et au médecin traitant.
Réponse de l'OMS
Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti le 12 août que ces changements ne sont « pas alignés sur des décennies de preuves ». S'exprimant lors d'une conférence de presse à Genève et sur X, Tedros a déclaré que la science est « sans équivoque » et que les vaccins, y compris le ROR, sont sûrs et ne provoquent pas l'autisme.
La politique vaccinale doit être guidée par un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non par une influence politique.
Tedros a prévenu que retarder les vaccins ou séparer inutilement les doses ne rend pas la vaccination plus sûre et peut laisser les enfants sans protection. Les experts de l'OMS ont noté que le vaccin combiné ROR protège de nombreux enfants de manière simple et efficace, et que le diviser en plusieurs rendez-vous augmenterait la charge pour les parents, risquant de laisser les enfants sans toutes les doses nécessaires et d'accroître le risque de maladie et de décès.
Cela va exactement dans la mauvaise direction.
Le rôle de Kennedy et le contexte politique
Le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr, qui a fondé un groupe anti-vaccin et a longtemps promu un lien réfuté entre le vaccin ROR et l'autisme, a lancé une vaste révision des vaccins de longue date, réécrit le calendrier de vaccination des enfants et réduit le financement du développement de nouveaux vaccins. Trump a exhorté Kennedy à accélérer la révision du calendrier vaccinal et la recherche sur une possible relation entre les vaccins et l'autisme. De nombreuses études scientifiques n'ont trouvé aucune preuve d'un lien de causalité entre les vaccinations et l'autisme. Trump a lié à plusieurs reprises sa nouvelle politique à la hausse du nombre de diagnostics d'autisme.
Contexte juridique et épidémiologique
- Trump annonce le retrait des États-Unis de l'OMS dès son premier jour de retour au pouvoir, après 77 ans d'adhésion
- Le HHS a cherché à réduire les vaccinations recommandées pour les enfants ; des organisations médicales ont contesté les changements et un juge a statué en leur faveur
- Trump signe un décret refondant la politique de vaccination des enfants, réduisant les vaccinations recommandées et divisant le vaccin ROR en trois doses distinctes
- Le directeur général de l'OMS, Tedros, prévient que la politique contredit des décennies de preuves et que les vaccins, y compris le ROR, sont sûrs
Les tribunaux américains avaient suspendu plus tôt en 2026 une refonte de la politique vaccinale initiée par Kennedy. En janvier, le ministère de la Santé et des Services sociaux avait déjà cherché à réduire le nombre de vaccins recommandés dans le calendrier pédiatrique ; des organisations médicales ont contesté ces changements et un juge a statué en leur faveur. Le décret intervient alors que les États-Unis connaissent leur pire épidémie de rougeole en 35 ans, les enfants se préparant à retourner à l'école, une situation susceptible de propager davantage les infections. Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l'OMS dès son premier jour de retour au pouvoir en 2025, après 77 ans d'adhésion.

