
La BCE sur le point de relever ses taux alors que la guerre en Iran fait grimper l'inflation de la zone euro à 3,2 %
La Banque centrale européenne devrait augmenter son taux de dépôt d'un quart de point à 2,25 % jeudi, la première hausse depuis septembre 2023, alors que la guerre en Iran fait flamber les coûts de l'énergie et pousse l'inflation de la zone euro à 3,2 %.
La Banque centrale européenne s'apprête à relever ses taux d'emprunt ce jeudi pour la première fois en près de trois ans, alors que la guerre en Iran fait grimper les prix de l'énergie et pousse l'inflation de la zone euro à 3,2 %. Le Conseil des gouverneurs devrait relever le taux de dépôt de 2,00 % à 2,25 %, une décision qu'il annoncera à 14 h 15, heure de Francfort, la présidente Christine Lagarde s'adressant à la presse à 14 h 45.
Flambée de l'inflation
Les données d'Eurostat publiées la semaine dernière montrent une accélération des prix à la consommation à 3,2 % en mai, contre 3,0 % en avril, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE. Cette hausse intervient alors que le détroit d'Ormuz, une voie de transit pétrolier vitale, reste en grande partie fermé, ce qui gonfle les coûts énergétiques pour les ménages et les entreprises de la zone euro, qui compte 21 nations.
- Avril 2026
- 3 %
- Mai 2026
- 3.2 %
Conseil divisé
Alors que plusieurs membres influents du Conseil ont publiquement soutenu une hausse d'un quart de point, la décision révèle une fracture.
Schmieding, économiste en chef de Berenberg, a déclaré que la banque centrale « s'apprête à commettre une erreur ». D'autres économistes soulignent le risque qu'un choc des prix d'offre ne réponde pas au resserrement monétaire et que l'économie fragile de la zone euro, déjà en contraction au premier trimestre, soit poussée vers la récession.La dernière chose dont la zone euro a besoin est un vent contraire supplémentaire sous la forme de taux d'intérêt plus élevés pour aggraver les dégâts de la guerre en Iran.
Schumacher, économiste en chef de KfW, s'attend à ce que la BCE présente cette mesure comme une étape « d'assurance » ponctuelle plutôt que comme le début d'un cycle de hausse.Un signal clair en faveur d'un nouveau resserrement de la politique monétaire sera absent.
Contexte mondial
La décision de la BCE ferait d'elle la première grande banque centrale à relever ses taux en réponse au conflit iranien. La Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre, qui doivent toutes deux se réunir la semaine prochaine, se sont jusqu'à présent abstenues, tout en évaluant les retombées.
Prévisions actualisées
Parallèlement à la décision sur les taux, la BCE publiera de nouvelles prévisions économiques. Les analystes s'attendent à une révision à la hausse des perspectives d'inflation et à une révision à la baisse des projections de croissance par rapport au scénario de base de mars, qui tablait sur une inflation de 2,6 % pour 2026.
Une augmentation du taux de dépôt clé de la banque centrale de 2,00 à 2,25 pour cent semblait être une affaire conclue.


