
La BCE relève ses taux directeurs pour la première fois depuis 2023, la guerre en Iran alimentant l'inflation
La Banque centrale européenne a relevé jeudi son principal taux de dépôt de 25 points de base à 2,25 %, sa première hausse depuis septembre 2023, en réponse à une flambée de l'inflation dans la zone euro provoquée par la guerre en Iran et le blocus du détroit d'Ormuz.
La Banque centrale européenne a mis fin à sa longue pause sur les taux d'intérêt, en relevant ses trois taux directeurs de 0,25 point de pourcentage lors de sa réunion de juin. Le taux de dépôt, référence la plus pertinente pour les épargnants et les marchés financiers, s'établit désormais à 2,25 %. Le taux de refinancement principal passe à 2,4 % et le taux de prêt marginal à 2,65 %.
Le déclencheur de l'inflation
Les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté de 3,2 % sur un an en mai, selon des chiffres préliminaires d'Eurostat, accélérant par rapport à 3,0 % en avril et bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE. En février, avant l'escalade du conflit iranien, l'inflation n'était que de 1,9 %. Le choc pétrolier dû à la guerre et au blocus du détroit d'Ormuz a fait monter les coûts du carburant et de l'énergie, qui se répercutent désormais sur les autres prix. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, est passée de 2,2 % à 2,5 %. L'inflation des services a bondi de 3,0 % à 3,5 %.
Une hausse des taux en juin est nécessaire.
Un geste préventif
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, avait à plusieurs reprises signalé la volonté de la banque centrale d'agir. Le conseil des gouverneurs, qui avait maintenu les taux inchangés pendant sept réunions consécutives, a agi pour empêcher ce que les banquiers centraux appellent un « désancrage des anticipations d'inflation ». Les enquêtes de la BCE auprès des ménages et des entreprises avaient déjà montré des anticipations d'inflation nettement plus élevées, les deux groupes semblant plus sensibles aux chocs de prix après la flambée inflationniste de 2022, lorsque le taux avait culminé à 10,6 %.
La BCE se tient prête à agir si nécessaire.
Des vents économiques contraires
La hausse des taux intervient dans une économie fragile. La zone euro s'est contractée au premier trimestre 2026, et l'Allemagne n'a enregistré qu'une croissance de 0,3 % selon Eurostat. Deutsche Bank a réduit ses prévisions de croissance pour l'ensemble de l'année 2026 pour la zone euro à 0,5 %, contre 1,1 % dans ses projections de novembre. Les critiques estiment que cette hausse des taux pénalise une économie déjà faible tout en faisant peu pour remédier à un choc pétrolier du côté de l'offre, que la BCE ne peut résoudre directement.
Gagnants et perdants
Les épargnants en bénéficieront. Selon le portail de comparaison Verivox, les dépôts à terme de deux ans disponibles dans toute l'Allemagne atteignent déjà en moyenne 2,3 %, certaines banques offrant jusqu'à 4 % sur les dépôts à vue pour les nouveaux clients. Le directeur général de Verivox, Oliver Maier, s'attend à ce que les conditions s'améliorent encore. Les emprunteurs sont confrontés à une réalité différente : la plateforme calcule que les banques ont historiquement répercuté 61 % des hausses de taux de la BCE sur les clients de prêts, mais seulement 9 % des baisses. Les prêts à tempérament, les découverts et les financements hypothécaires devraient tous devenir plus chers.
Dans ce cas, la hausse des taux des dépôts à terme devrait se poursuivre à un rythme similaire à celui observé récemment.
La suite
La question de savoir si d'autres hausses de taux suivront dépend fortement de l'évolution de la situation dans le golfe Persique. Certains économistes s'attendent à plus d'une hausse cette année. La décision de la BCE intervient une semaine avant la réunion de la Réserve fédérale américaine, désormais présidée par Kevin Warsh, et un jour avant celle de la Banque nationale suisse.
- 2026-01-01
- 1.7 %
- 2026-02-01
- 1.9 %
- 2026-04-01
- 3 %
- 2026-05-01
- 3.2 %

