
Un raid aérien de l'armée birmane sur un marché de Kyauktaw tue au moins 50 personnes
Un avion de chasse militaire a largué des bombes sur un marché de gros bondé et un pont dans la ville de Kyauktaw, contrôlée par les rebelles, faisant jusqu'à 50 morts et 58 blessés alors que les combats régionaux s'intensifient dans tout l'État de Rakhine.
Frappe sur le marché de Kyauktaw
Un avion de l'armée birmane a largué des bombes sur un marché de gros bondé et un pont voisin dans la ville de Kyauktaw vers midi lundi. L'attaque a visé le marché India et le pont Kassapanadi, situés à environ 340 kilomètres à l'ouest de Mandalay. Des témoins ont rapporté que l'avion de chasse a largué des bombes pendant les heures de pointe des achats, alors que vendeurs et clients étaient rassemblés pour échanger des marchandises. Des camions transportant des denrées alimentaires et des fournitures de consommation importées de l'Inde voisine déchargeaient au centre commercial lorsque les explosions ont eu lieu. Des séquences vidéo et des photographies du site montraient des étals de marché en feu, des véhicules détruits et des dommages structurels au pont voisin.
Victimes civiles et opérations de secours
Les premiers rapports indiquaient que 33 personnes étaient mortes sur place, mais les secouristes locaux et les autorités ont ensuite confirmé que le bilan s'élevait à au moins 50 morts. 58 autres personnes ont été blessées, dont 22 victimes gravement traumatisées. Les victimes comprenaient des commerçants, des acheteurs et des piétons de passage, issus des communautés bouddhistes rakhine et musulmanes rohingyas. Kyaw Than, un habitant local dont la fille de 19 ans, Su Chay, faisait ses courses au marché pendant l'attaque, a décrit avoir trouvé des corps calcinés dans la zone de l'explosion. Le secouriste Wai Hun Aung a noté que le marché sert de principal centre de distribution de gros pour tout l'État.
C'est un marché utilisé par des civils. Bombarder un endroit comme celui-ci, c'est tuer des civils.
C'est l'un des raids aériens les plus graves dans le Rakhine.
- Les militaires s'emparent du pouvoir lors d'un coup d'État renversant le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi
- L'armée d'Arakan lance une offensive dans tout l'État de Rakhine
- Un raid aérien militaire frappe un hôpital dans la ville de Mrauk-U, tuant 34 personnes
- Un raid aérien militaire frappe le marché India et le pont Kassapanadi à Kyauktaw
Contrôle territorial rebelle et promesse de représailles
Kyauktaw est sous le contrôle administratif de l'armée d'Arakan, une organisation armée ethnique luttant pour l'autodétermination dans l'État de Rakhine. Après le bombardement, le porte-parole de l'armée d'Arakan, Khaing Thu Kha, a qualifié l'opération de crime de guerre et a promis que les forces rebelles riposteraient contre les responsables de l'ordre et de l'exécution de l'attaque. L'armée birmane n'a pas fait de déclaration immédiate concernant l'incident de lundi, bien qu'elle ait précédemment affirmé que ses opérations aériennes ne ciblent que les insurgés armés. La frappe fait suite à un bombardement antérieur en décembre, lorsqu'un avion militaire a frappé un hôpital dans la ville de Mrauk-U, tuant 34 personnes et en blessant 80 autres.
L'A.A. ripostera bientôt contre tous ceux impliqués dans les raids aériens.
Escalade du conflit dans tout le Rakhine
L'armée d'Arakan a lancé une offensive dans l'ouest de la Birmanie en novembre 2023, capturant un quartier général militaire régional et prenant le contrôle de 14 des 17 villes de l'État de Rakhine. En réponse aux pertes territoriales, la junte militaire birmane a imposé des blocus de transport et des restrictions commerciales qui ont isolé le Rakhine du reste du pays, laissant les populations locales dépendantes des marchandises importées via les routes frontalières. Les données des Nations unies montrent que les combats intenses dans le Rakhine ont déplacé près de 500 000 personnes. Dans toute la Birmanie, plus de 100 000 personnes sont mortes dans des conflits armés depuis que l'armée a renversé le gouvernement élu dirigé par Aung San Suu Kyi le 1er février 2021, selon l'Armed Conflict Location & Event Data Project. Dans une action distincte, les médias d'État ont annoncé l'arrestation de 21 personnes accusées d'avoir transféré des fonds vers une plateforme en ligne liée au gouvernement d'unité nationale de l'opposition.

