Un cordonnier se suicide à L'Hospitalet avant l'expulsion de son atelier
La police de L'Hospitalet de Llobregat a ouvert une enquête après la découverte du corps d'un cordonnier de 60 ans dans son atelier, quelques jours avant une expulsion prévue le 5 octobre.
Découverte dans l'atelier de cordonnerie
Le mercredi 30 septembre à 12h50, les services d'urgence catalans ont reçu un appel après la découverte du corps sans vie d'un cordonnier de 60 ans, Javier, dans son atelier de la rue Martí i Blasi, dans le quartier de La Florida à L'Hospitalet de Llobregat. Un ami avait tenté de joindre Javier le mardi après-midi sans succès et avait remarqué que le rideau métallique du local restait à moitié relevé, sans aucun signe d'activité à l'intérieur. L'ami est revenu sur place le mercredi à la mi-journée, a constaté que la situation était inchangée, est entré puis a alerté le 112. Les agents des Mossos d'Esquadra se sont rendus sur les lieux et ont établi que le corps ne présentait aucun signe de violence criminelle.
Délai d'expulsion et lettre manuscrite
Lors de l'inspection, les enquêteurs ont retrouvé une lettre manuscrite dans laquelle Javier expliquait avoir mis fin à ses jours en raison d'une ordonnance d'expulsion qu'il n'avait pas les moyens d'empêcher. Le propriétaire du local avait décidé de ne pas renouveler le bail commercial, fixant au 5 octobre une échéance stricte pour quitter les lieux. Si les registres municipaux confirment que Javier était inscrit dans le quartier de Bellvitge et louait un studio d'habitation ailleurs à L'Hospitalet, il passait de plus en plus de nuits à l'atelier. Amis et enquêteurs ont relevé qu'il utilisait la cordonnerie à la fois comme principal espace de travail et comme logement informel.
- Des collectifs pour le logement rendent public le suicide d'Olga, expulsée de son logement à Santa Eulàlia.
- Un ami contacte Javier pour la dernière fois et remarque le rideau de l'atelier à moitié relevé.
- Les services d'urgence reçoivent une alerte après la découverte du corps de Javier dans sa boutique.
- Manifestation commémorative prévue à L'Hospitalet, avec une colonne partie de Barcelone.
- Échéance imposée par le propriétaire pour que Javier quitte le local commercial loué.
Enquêtes policières et parcours personnel
L'unité d'investigation des Mossos d'Esquadra a ouvert une enquête formelle pour examiner toutes les circonstances de la mort, y compris l'existence éventuelle d'antécédents documentés de troubles psychiques chez Javier. La mairie de L'Hospitalet a confirmé que les autorités municipales ont également lancé un examen interne afin d'établir l'historique administratif du local commercial. Des proches ont indiqué que Javier vivait seul, avait deux enfants et exploitait l'atelier depuis des années comme unique source de revenus. Son entourage a noté qu'il montrait une anxiété croissante dans les derniers jours de septembre face à son impossibilité d'arrêter l'expulsion.
Urgence du logement et mobilisations prévues
L'incident a renforcé l'attention portée au logement et aux déplacements commerciaux à L'Hospitalet de Llobregat, deuxième commune de Catalogne. Le Sindicato de Vivienda Socialista de Cataluña a directement lié la mort du cordonnier à la spéculation immobilière et aux expulsions, publiant un communiqué pour décrire la réaction des réseaux de locataires locaux.
C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
L'affaire survient dix jours après que des collectifs pour le logement et des associations de quartier de L'Hospitalet ont rendu public le suicide d'Olga, une habitante de 55 ans du quartier de Santa Eulàlia, qui a mis fin à ses jours plusieurs mois après avoir été expulsée de son logement. Les rapports des groupes de défense du logement indiquent qu'Olga avait prévenu les autorités qu'elle mettrait fin à ses jours la veille de son expulsion ordonnée par un tribunal. Les organisations de locataires ont appelé à de vastes mobilisations, confirmant une manifestation samedi en hommage à Olga, accompagnée d'une colonne partie de Barcelone vers L'Hospitalet.

