
Un aumônier militaire français visé par une procédure disciplinaire après la fuite d'un sermon attaquant des hommes politiques de gauche
Le ministère français des Armées a engagé une procédure disciplinaire contre un aumônier militaire rattaché au 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine après la diffusion d'images le montrant en train de se moquer de la gauche lors d'une messe de 2025 à Carcassonne.
Sermon divulgué à Carcassonne
Le ministère français des Armées a engagé une action disciplinaire le 18 septembre 2026 contre un aumônier militaire affecté au 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (3e RPIMa). L'enquête fait suite à la publication d'une vidéo enregistrée le 7 octobre 2025 dans la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne. L'enregistrement a eu lieu lors d'une messe célébrant la fête de saint Michel, le saint patron des parachutistes. Dans les images, l'aumônier s'adresse aux militaires et aux élus locaux tout en prononçant une homélie politisée. Il critique les responsables gouvernementaux comme des idéologues incompétents et se moque des végétariens. Il ordonne ensuite aux soldats rassemblés de dire aux gauchistes de se calmer et de respirer par le nez, provoquant rires et applaudissements dans l'assistance.
- Christophe Barthès utilise l'expression contre les députés LFI à l'Assemblée nationale
- L'aumônier prononce le sermon controversé lors de la messe de saint Michel à Carcassonne
- Christophe Barthès est élu maire de Carcassonne
- La vidéo est publiée par Le Canard enchaîné, déclenchant une procédure disciplinaire militaire
- Le conseil municipal de Carcassonne se réunit, où le maire doit prendre la parole
Références à la rhétorique d'extrême droite
Le sermon s'est poursuivi avec des remarques évoquant la théorie du grand remplacement d'extrême droite. Le prêtre a averti les soldats que s'ils ne maintenaient pas leurs convictions, la France serait ridiculisée et d'autres valeurs remplaceraient la culture et la société françaises. Il a encouragé les parachutistes à continuer de se battre avec courage. Le Canard enchaîné a noté que l'expression utilisée par l'aumônier pour se moquer des gauchistes reprenait les mots prononcés en septembre 2024 à l'Assemblée nationale par Christophe Barthès. Barthès, un homme politique du Rassemblement national qui était assis au premier rang lors de la messe de 2025, a été élu maire de Carcassonne en mars 2026. Son bureau a refusé les demandes d'interview vendredi, déclarant qu'il abordera la question lors de la séance du conseil municipal le 24 septembre 2026.
Condamnation politique à gauche
La diffusion de la vidéo a suscité une condamnation rapide des responsables politiques de gauche dans toute la France. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a qualifié les propos d'insultes racistes et de discours séditieux. Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a jugé l'extrait incroyable et critiqué le ton conflictuel du prêtre.
En admettant qu'il ait sa place dans l'Église catholique, il n'en a aucune dans l'armée française.
Bastien Lachaud, un député de La France Insoumise, a demandé le renvoi immédiat de l'aumônier des rangs militaires. Lachaud s'est également demandé pourquoi un régiment entier applaudirait les remarques politiques du prêtre lors d'un service religieux officiel.
L'aumônier militaire, comme tout personnel militaire, est soumis à un devoir de réserve. L'armée ne peut pas prendre parti. Elle doit obéir à l'autorité élue.
Réponse du ministère et neutralité militaire
Les autorités militaires ont répondu à la controverse en réitérant les strictes exigences de neutralité. Xavier Rival, porte-parole de l'État-major des armées françaises, a qualifié les propos de l'aumônier d'inappropriés. Rival a déclaré que les obligations de réserve et de neutralité politique s'appliquent à tout le personnel militaire, y compris les aumôniers. Les responsables militaires ont indiqué que l'aumônier avait reçu un blâme formel du commandement du régiment immédiatement après la messe d'octobre 2025. Des sources du diocèse catholique ont indiqué que le prêtre avait été averti à deux reprises en 2025 puis à nouveau en septembre 2026. L'aumônier avait déjà présenté des excuses publiques à l'issue de la messe de 2025 et avait soumis des excuses écrites aux élus qui avaient exprimé leur désapprobation. La ministre des Armées Catherine Vautrin a ordonné l'enquête disciplinaire formelle vendredi.


