Généré par IA·Édité par des humains·En savoir plus
© Al Jazeera Online
Diplomatie·-1 h

L'UE accepte de débloquer 16 milliards d'euros de fonds gelés pour la Hongrie alors que le nouveau Premier ministre Magyar s'efforce de respecter la date limite des réformes en août

La Commission européenne a accepté de libérer jusqu'à 16,4 milliards d'euros de fonds gelés pour la Hongrie, marquant un changement majeur de politique après l'élection du Premier ministre Péter Magyar, qui doit désormais faire adopter en urgence des réformes anticorruption d'ici la fin août.

Une nouvelle ère à Bruxelles

L'Union européenne a décidé de débloquer des milliards d'euros de financement pour la Hongrie, signe d'une recomposition spectaculaire des relations après le départ de l'ancien Premier ministre de longue date Viktor Orbán. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé ce plan vendredi après des entretiens à Bruxelles avec le nouveau Premier ministre hongrois, Péter Magyar. Ces fonds, d'un montant total pouvant atteindre 16,4 milliards d'euros, étaient bloqués depuis des années en raison de préoccupations concernant le recul démocratique, la corruption et le traitement des minorités sous les 16 ans de pouvoir d'Orbán.

Nous pouvons déjà sentir un vent de changement puissant souffler sur la Hongrie.

Magyar, ancien proche d'Orbán ayant fait scission pour former le parti Tisza, a remporté une supermajorité écrasante lors des élections législatives d'avril sur une plateforme anticorruption. Sa victoire a mis fin au mandat populiste d'Orbán et a été saluée par les dirigeants de l'UE. Von der Leyen a décrit le jour du scrutin comme une date dont elle se souviendrait « longtemps avec tendresse », ajoutant que les Hongrois avaient choisi de revenir au cœur de l'union.

Le paquet financier

Von der Leyen a décomposé l'aide en trois volets principaux. La plus grande partie est de 10 milliards d'euros provenant du fonds de relance post-pandémie Next Generation EU. 4,2 milliards d'euros supplémentaires proviendront des fonds de cohésion, et 2,2 milliards d'euros seront libérés au fur et à mesure de l'avancement des réformes. Selon Magyar, la somme totale représente environ 13 % du budget national hongrois.

Nous allons ramener cet argent chez nous, comme promis, pour reconstruire la Hongrie, relancer l'économie, restaurer et développer les services publics, et renforcer la compétitivité des entreprises et des PME hongroises.

Le nouveau Premier ministre a qualifié cet accord de « percée historique » et de « jour historique », soulignant que son gouvernement s'était battu pour chaque centime. Des responsables de l'UE ont indiqué que si toutes les étapes étaient franchies à temps, Budapest pourrait s'attendre au premier versement d'argent avant la fin de l'année.

L'échéance du 31 août

Une date cruciale se profile pour le nouveau gouvernement : le 31 août. C'est la date limite après laquelle la Hongrie perdrait définitivement l'accès aux 10 milliards d'euros de subventions et prêts de relance post-pandémie. Le gouvernement Orbán en a été empêché, et le nouveau gouvernement dispose désormais d'une fenêtre de seulement trois mois et demi pour faire adopter des réformes structurelles essentielles.

Le chemin de la Hongrie pour débloquer les fonds de l'UE
  1. Le parti Tisza de Péter Magyar remporte les élections législatives, mettant fin aux 16 ans de pouvoir de Viktor Orbán
  2. Le Parlement hongrois vote l'abandon du projet d'Orbán de se retirer de la Cour pénale internationale
  3. La Commission européenne accepte un plan visant à débloquer jusqu'à 16,4 milliards d'euros de fonds gelés, sous réserve de réformes
  4. La marche des fiertés (Pride) de Budapest se déroulera sans interdiction, inversant l'interdiction de l'ère Orbán
  5. Date limite pour que la Hongrie achève les réformes et réclame 10 milliards d'euros de fonds de relance post-pandémie

Les réformes exigées portent principalement sur des mesures anticorruption et des garanties de l'État de droit. Von der Leyen a précisé que la commission n'avait pas encore débloqué les fonds, mais s'était accordée sur une série d'engagements qui, s'ils sont tenus d'ici la date limite, déclencheraient les paiements. La situation relève du « à prendre ou à laisser », ce qui crée une pression intense sur ce gouvernement novice pour qu'il agisse rapidement.

Premiers signaux de réforme

Le gouvernement de Magyar a déjà commencé à prendre ses distances avec les politiques d'Orbán. Mercredi, le Parlement a voté l'abandon du projet d'Orbán de se retirer de la Cour pénale internationale. Autre revirement, la police a annoncé vendredi qu'elle n'interdirait pas la prochaine marche des fiertés (Pride) à Budapest, un événement qui avait été interdit l'année dernière sous la précédente administration.

Ces premiers gestes sont perçus comme des mesures de confiance destinées à Bruxelles. Von der Leyen a salué le rythme du changement, notant qu'en seulement quelques semaines, Magyar avait fait avancer des réformes attendues depuis longtemps. La présidente de la Commission a déclaré que le peuple hongrois méritait ces fonds après des années d'isolement du soutien financier de l'UE.

Contexte économique

L'économie hongroise est largement stagnante depuis trois ans, avec une croissance minimale. Le pays fait face à un déficit budgétaire croissant qui pourrait atteindre 6,2 % du PIB, bien au-delà des objectifs de l'UE, après les dépenses préélectorales massives d'Orbán. Les taux d'intérêt directeurs de la banque centrale s'élèvent à 6,25 %, bien plus élevés que les 2 % de la Banque centrale européenne.

La monnaie nationale, le forint, a rebondi depuis l'élection de Magyar, en partie grâce à l'anticipation d'un renouvellement du financement de relance de l'UE. Le nouveau gouvernement considère les fonds européens comme essentiels pour relancer l'économie et restaurer les services publics qui ont souffert des relations tendues entre l'administration précédente et Bruxelles.

Bruxelles · Budapest

3 sources

Plus de Politique & Économie
Gries am Brenner · Matrei am Brenner · Kiefersfelden