
Tusk et le président Nawrocki s'affrontent au sujet du blocage de la taxe sur les bénéfices exceptionnels des carburants ; 4 milliards de złotys en suspens
L'examen préventif par le président Karol Nawrocki d'une loi sur la taxe sur les bénéfices exceptionnels des carburants a déclenché une tempête politique : le Premier ministre Donald Tusk a qualifié cette décision de « choquante », tandis que le ministre des Finances Andrzej Domański a déclaré que 4 milliards de złotys de recettes destinées à des carburants moins chers étaient désormais bloqués.
Décision et réaction immédiate
Vendredi, le président Karol Nawrocki a saisi la loi sur les bénéfices exceptionnels de la vente de carburants au Tribunal constitutionnel pour un examen préventif. La loi devait imposer une taxe sur les bénéfices exceptionnels réalisés entre mars et décembre 2026, les recettes étant destinées à financer un programme gouvernemental (CPN) visant à baisser les prix à la pompe. Selon la procédure d'examen préventif, la législation ne peut entrer en vigueur tant que le Tribunal n'a pas statué.
En quelques heures, le Premier ministre Donald Tusk s'est rendu sur les réseaux sociaux pour dénoncer cette décision. Il a qualifié cette décision de "choquante" et a prévenu les électeurs de s'en souvenir la prochaine fois qu'ils feront le plein.
Le président a bloqué une loi qui permettait de taxer les bénéfices gigantesques des compagnies pétrolières, ce qui aurait pu financer des carburants moins chers dans nos stations (programme CPN). Souvenez-vous-en à la pompe.
Conflit constitutionnel sur la rétroactivité
La présidence a justifié ce renvoi en invoquant le principe constitutionnel selon lequel la loi ne doit pas être rétroactive. Le président Nawrocki a expliqué que bien que la loi doive entrer en vigueur en août, elle couvrirait les revenus perçus à partir du début mars, ce qui imposait une taxation avec effet rétroactif. Il a invoqué la maxime latine "Lex retro non agit".
Le ministre Maciej Berek a répliqué le même jour, arguant qu'une taxe sur les bénéfices exceptionnels est par nature rétrospective. "Les bénéfices sont déterminés après une certaine période, et les bénéfices exceptionnels ne peuvent être taxés qu'une fois qu'ils sont réalisés. S'attendre à ce que de telles réglementations ne fonctionnent que pour l'avenir est une méprise," a-t-il écrit, ajoutant que le président avait probablement reçu de mauvais conseils sur la constitutionnalité de la loi.
- Le président Nawrocki saisit le Tribunal constitutionnel pour examen préventif de la loi sur la taxe carburant, bloquant son application.
- Le Premier ministre Donald Tusk écrit sur X que la décision est 'choquante' et accuse le président de bloquer des carburants moins chers.
- Le conseiller présidentiel Paweł Szefernaker traite Tusk de 'dilettante économique' et affirme que des baisses de TVA/droits d'accise, et non de nouvelles taxes, feraient baisser les prix des carburants.
- Le ministre Maciej Berek soutient que les taxes sur les bénéfices exceptionnels sont par nature rétrospectives et que s'attendre au contraire est une méprise.
- Le ministre des Finances Andrzej Domański déclare que la loi bloquée aurait rapporté 4 milliards de złotys pour un programme de protection des prix des carburants.
Guerre des mots et facture de 4 milliards de złotys
La dispute a dégénéré lorsque le chef de la Chancellerie du président, Paweł Szefernaker, a répondu directement à Tusk. Il a écrit qu'il était de notoriété publique que le Premier ministre était un dilettante économique et qu'essayer de convaincre les Polonais qu'une nouvelle taxe ferait baisser les prix à la pompe était malhonnête. Szefernaker a exhorté le gouvernement à réduire la TVA et les droits d'accise sur les carburants, comme l'avait fait le précédent gouvernement Droit et Justice, arguant que c'était le vrai moyen de réduire les coûts plutôt que de faire peser la charge sur les automobilistes. Il a conclu que le président Nawrocki avait "protégé les Polonais contre des solutions qui auraient pu conduire à des prix records de l'essence et du diesel."
Le ministre des Finances Andrzej Domański est ensuite intervenu avec un chiffre concret. Il a déclaré que la saisine du Tribunal avait bloqué 4 milliards de złotys destinés au budget de l'État - de l'argent qui devait constituer un bouclier contre les prix élevés des carburants. Domański a accusé le président de se ranger du côté des compagnies pétrolières plutôt que des automobilistes, et a prévenu que ce blocage pèserait sur les finances publiques et retarderait la mise en place de mesures de protection.
Il est de notoriété publique que le Premier ministre actuel est un dilettante économique. Il essaie maintenant de convaincre les Polonais qu'imposer une nouvelle taxe sur les carburants fera baisser les prix à la pompe.
Quelles suites
La loi est désormais entre les mains du Tribunal constitutionnel, dont la décision déterminera si la taxe peut être introduite. Aucun calendrier n'a été donné pour la décision du Tribunal, ce qui signifie que le bras de fer politique sur les prix des carburants et un trou budgétaire de 4 milliards de złotys devrait persister. Les deux parties ont signalé qu'elles ne reculeraient pas, préparant le terrain pour un conflit institutionnel prolongé.


